Archives de catégorie : Mes horizons

Le Wildsee, le bien nommé.

Le Wildsee, le bien nommé.

J’aime la pluie. J’aime la pluie dans ce qu’elle a d’intime et de nourrissant, dans son potentiel à créer des moments de solitude particuliers qui forcent le repli sur soi. J’aime la pluie dans sa dimension mélancolique aussi, ce vague à l’âme qui s’ouvre et laisse couler un état de l’être plus lent et plus attentif.

Mais j’aime surtout la pluie au cœur de la nature où elle devient chantante, palpitante et magnifie les paysages, créant des univers de contes, fantasques et fantastiques. Le trésor de ces ondées est que les humains les esquivent. L’être humain n’aime pas être mouillé de façon générale. Pourtant c’est là qu’une autre dimension s’ouvre avec la nature. C’est dans ces moments, qui sont de grâce pour moi, que je peux totalement me fondre avec le macrocosme. Je suis l’herbe qui vibre, l’eau qui ruisselle de partout, chantante et joyeuse, la feuille qui s’égoutte, l’oiseau qui continue son chant au-delà du chant de l’ondée, la brume qui habille les paysages de voiles mouvants et les fougères qui chuchotent au vent leur ravissement de pouvoir s’épanouir à nouveau, repue et exaucée.

C’est donc sous une pluie continue que je suis partie explorer d’autres sentiers de la Forêt Noire.

Sarah

En ce moment, je me glisse avec plaisir dans les cartes topographiques qui s’amoncellent sur mon bureau. J’aime cette lecture particulière qui m’invite à transposer mon imaginaire au delà des courbes de dénivelés, des chemins qui se croisent et s’entremêlent, des espaces hachurés, bleutés, blancs ou noyés de vert. J’y cherche encore et toujours l’eau.

C’est la rondeur bleue et minuscule de ce lac appelé le Wildsee qui a attiré mon oeil sur la carte Kompass 877.

J’ai donc dessiné une boucle de randonnée pour découvrir ce lac d’origine glaciaire situé au cœur d’un environnement quasi intact, préservé.  Boucle d’une quinzaine de kilomètres et d’environ 500 m de dénivelé.

Sarah m’a accompagnée dans la découverte de ces nouveaux sentiers.  Comme moi, elle aime entendre chanter la nature sous la pluie.

Nous sommes parties du parking de Seibelsecke (à côté du Mummelsee), empruntant une sente en descente entre les conifères et les fougères denses pour rejoindre le ruisseau tumultueux du Kesselbach.  Une eau dorée et vive déferle sur des cailloux moussus et rebondit gaillardement sur tous les obstacles qui entravent son impétuosité.

La sente de la toute première descente menant au Kesselbach.
Le ruisseau du Kesselbach.

Le chemin suit son parcours en direction d’Hinterer Langenbach. A un moment, nous avons traversé un large pont de bois et poursuivi sur un sentier longeant un enclos de biches curieuses où trônait également un magnifique cerf.

Au hameau d’Hinterer Langenbach, la direction du Wildsee est indiquée à 5 km vers le Sud. C’est là que débute la montée. Les chemins s’élargissent. Tous sont noyés par l’eau de pluie. Nos pieds sont trempés mais peu importe. Chaque nouvelle perspective déploie une infinie de panoramas tous plus beaux les uns que les autres. Nous avons même croisé une salamandre.

C’est sur les plus hautes altitudes que les sentiers se rétrécissent à nouveau, traversés de racines noueuses et glissantes, de flaques frissonnantes sous le martèlement régulier de la pluie qui ne faiblit pas.

L’arrivée au lac est soudaine, il apparaît dans une échancrure de paysage, discret et solitaire, beauté farouche protégée par des sapins sombres à la cime noyée de brume. Nous y restons un moment savourant la plénitude de l’instant. Un abri de bois nous offre le refuge.

La remontée se fait par un sentier étroit et raide semé d’embûches et de rochers.

Quand les traces de la terre forment des cœurs…

Les hauteurs gardent les séquelles de la tempête Lothar de décembre 1999.

La pluie a cessé mais le paysage est clos par un habit de brume dense. Sur la crête, nous rejoignons une route forestière plus large où les nuances infinies des verts de l’été s’emmêlent au violet des bruyères en fleurs.

C’est par cette piste plus large que nous retrouvons le parking du départ en passant devant l’imposante Darmstädter Hütte.

Darmstädter Hütte

« chers randonneurs, faites attention à ce que vous laissez en forêt et dans la prairie. bouteilles, boites ( de conserves) et papier, nous vous le demandons, ne laissez pas ces choses ici. les emballages se laissent facilement rapporter chez vous, si son contenu se retrouve dans l’estomac. ramenez-les à la maison, jetez-le là bas, car les déchets sont en forêt ou dans la prairie au mauvais endroit. » (Merci Jean-Marc pour la traduction.)
Panneau se situant près de la Darmstädter Hütte > « Que tout ce qui a du souffle ( qui respire ), loue le Seigneur » (extrait de la Bible) « Notre pays avec sa splendeur, ses montagnes, ses campagnes, sont les témoins de ta puissance, les traces de ta bonté paternelle tout en nous adore, tu nous as fais quelque chose de Grand » – Kaspar von Greyerz- (et encore Merci à Jean-Marc pour la traduction !)
Trempées mais heureuses !

Hornberg & ses rochers aux vues romantiques

Hornberg & ses rochers aux vues romantiques

20 km – 600 m de dénivelé.

Hornberg (361 m. d’altitude) est une ville de Bade-Wurtemberg (Allemagne), située dans l’arrondissement de l’Ortenau, dans le district de Fribourg-en-Brisgau. C’était, anciennement, une gare importante de la Schwarzwaldbahn (ligne ferroviaire de la Forêt-Noire), qui la traverse en viaduc.

Vendredi nous sommes parti-e-s à six découvrir les sentiers qui jalonnent cette ville au cœur de la Forêt Noire.

Le départ se fait en prenant la direction de Reichenbach.  Aller jusqu’aux poteaux indicateurs Hornberg Postwies (suivre le losange bleu) et prendre le Gustav Mangold Weg qu’il faut suivre sur plusieurs kilomètres.

Ce fut une splendide randonnée de 20 km dans un décor digne de Caspar David Friedrich, le romantisme allemand exacerbé que j’aime !

Nous en avons pris plein les mirettes, entre les plateaux d’altitude aux champs éclatants de taraxacum ouvrant sur des vallons infinis de part et d’autre, entre des rochers suspendus à flan de colline où chaque paysage est beau à couper le souffle, dans les chemins étroits des sapinières traversées où s’est glissée la douce lumière de ce jour particulier. Nous avons même nourri des chèvres sur notre passage.

La première partie de la randonnée est une montée assez physique, à couvert, parmi d’ imposants conifères jusqu’au lieu-dit Am Krächer puis cette grimpée s’adoucit jusqu’au sommet du Windkapf à 926 m d’altitude. Des éoliennes ponctuent le paysage.

C’est après ce sommet que les vues se découvrent, au Birkenbühl, nous avons traversé un beau plateau d’altitude qui offre des panoramas de tous les côtés.

Le chemin devient plus étroit et abrupt à certains passages dans la 2è moitié de la randonnée. C’est là que se succèdent falaises, rochers et magnifiques points de vue : Rappenfelsen & Obererschlossfelsen.

Au niveau des Faierabendfelssen, des travaux forestiers ont quasiment détruit le sentier (troncs coupés, branches s’amoncelant sur la descente que nous devons emprunter). Nous persévérons. A travers les branchages, les montagnes et la lumière de cette belle fin d’après-midi découpent d’extraordinaires perspectives.

Un week-end au Bodensee

• Un week-end au Bodensee •

Première pause sur les rives du Lac de Constance, quelques kilomètres avant Lindau.

S’offrir un souffle de romantisme, le temps d’un week-end, pour recharger ses énergies et savourer d’autres lieux pour d’autres émotions. Justine & moi sommes parties découvrir les rives allemandes du Lac de Constance ou Bodensee (173 km se situent en Allemagne) pour ce premier week-end d’avril.  Découvrir un poisson bien vivant et vibrant (c’est comme ça que je préfère les poissons d’avril et ceux de tous les autres mois !) dans un des plus grands lacs d’Europe centrale.

Le Lac de Constance se situe dans les contreforts des Alpes et se découpe en deux parties reliées par le Rhin qui les traverse sur 4 km. En additionnant le lac supérieur et le lac inférieur, il a une superficie de 536 km² et est le troisième plus grand lac d’Europe centrale.

Nous avons pris la route samedi 1er avril dans l’après-midi, environ 300 km depuis Strasbourg, plus de 4h de voyage. Nous sommes arrivées, en fin d’après-midi, dans une ambiance bleutée aux cieux voilés, à Lindau, en Bavière, première étape de ce périple.

C’est un bel endroit consacré au tourisme et très urbanisé. Des rives, on peut voir les sommets enneigés des Alpes sur les versants autrichiens et suisses.

Le crépuscule et la lumière voilée du soleil magnifiaient le lac et nous donnaient un bel aperçu du romantisme à l’Allemande.

Pour les véganes que nous sommes, l’Allemagne regorge de trésors gustatifs sans souffrance et nous nous sommes régalées.

Nous avions réservé une chambre au « Das Mietwerk » sur le continent, à Lindau.  Très bel endroit au déjeuner copieux et bio.

Le petit-déjeuner bio et végane du « Das mietwerk », délicieux et copieux !

Nous avons exploré l’île le soir.  D’abord par ses berges aménagées qui offraient une vue échappée d’une autre époque sur la quiétude intemporel du lac puis nous avons parcouru l’intérieur de cette minuscule île d’une longueur de 1,3 km pour une largeur de 663 m, totalisant une superficie de 68 hectares, ce qui fait quand même d’elle la deuxième plus grande île du lac de Constance !

Une procession, dont une partie des participant-e-s était costumée, a traversé la rue principale, nous rappelant que nous n’étions pas dans un état laïc. Chaque Allemand doit déclarer sa religion, une dîme est prélevée au bénéfice de son Église.

Du coup, à 22h, l’église catholique était encore ouverte et …désertée pour notre plus grand plaisir de curieuses admiratives des traces du passé. L’extérieur ne paye pas de mine mais l’intérieur est à couper le souffle dans son genre : baroque remarquable ! La  « Münster Unserer Lieben Frau » a connu bien des péripéties avant de devenir ce splendide ouvrage du XVIIIè s.

Nous sommes rentrées à l’hôtel, épuisées et repues de belles sensations et de beaux panoramas de ce coin rempli de douceur de vivre.

La visite s’est poursuivie en plein jour, le lendemain matin. Découvrant une autre tradition religieuse locale : les enfants décorent les fontaines publiques pour Pâques avec de surprenants œufs en plastique, bariolés par la créativité enfantine.  C’est joyeusement kitsch.

En début d’après-midi, nous avons décidé de pousser notre périple jusqu’en Autriche à 10 km de là ! L’appel de la montagne peut être puissant.

Ce fut un peu compliqué (nous n’avions que le GPS pour nous guider et pas de carte papier à mon plus grand regret) de trouver des chemins de traverse qui pouvaient nous mener à de plus hautes altitudes. On a fini par s’éloigner du lac pour monter vers Bezau, station touristique de montagne dans les Alpes autrichiennes. Dès les premières altitudes de grandes fermes recouvertes de tuiles en bois jalonnent la route. Elles sont belles et impressionnantes.

Nous nous sommes posées dans un champ, au soleil, avec une vue splendide sur les Alpes. Nous y avons siesté et rencontré un chat, timide mais très affectueux, habitant la cabane proche de notre alpage de repos. Il s’est un peu fait prier pour s’approcher mais quand il a compris qu’il pouvait nous exploiter, il en profité et il a bien eu raison !

Puis nous sommes reparties car une centaine de kilomètres nous séparaient encore de Konstanz où nous devions passer notre 2è nuit. Nous sommes donc remontées vers les rives plus occidentales du lac. Nous avons garé la voiture à hôtel choisi pour la nuit (plus banal que celui de Lindau et situé dans une zone d’activités commerciales) et sommes parties à pied découvrir les berges de la ville au crépuscule.

Les rives qui longent le Rhin sont réhabilitées en un espace contemporain où se côtoient bars, lounges , restaurants et des berges aux pontons de bois peuplées d’une faune urbaine en mal de nature qui vient se détendre dans ces lieux, imprégnés des premières douceurs printanières. Le rivage immédiat du fleuve n’est pas aménagé, permettant la vie riche d’un écosystème protégé (ils sont forts ces Allemands pour ce genre d’exercice et nous devrions en prendre de la graine !).

Nous avons gardé l’exploration de la ville historique pour notre lundi. Nous nous sommes contentées de remonter la Seestrasse, bordée de plantureux édifices de la fin du XIXè siècle et nous nous sommes posées sur un banc, au bord du lac, pour observer les premiers vols des chauves souris sur fond bleu crépusculaire, dans la douceur du soir.

Lundi matin, nous sommes parties à la découverte de la ville historique de Konstanz, fondée par les Romains au IVè s, florissante au Moyen-Age. Il s’y tint de 1414 à 1418 un concile œcuménique (concile de Constance) qui mit fin au grand schisme d’Occident en déposant les papes Jean XXIII et Benoît XIII, en acceptant la démission du pape Grégoire XII puis en nommant le pape Martin V. C’est dans ce même concile que fut jugé et condamné au bûcher Jean Hus, précurseur du protestantisme.

Nous avons commencé par le port où l’histoire du Concile est rappelée par une gigantesque statue d’amazone sortie tout droit d’un comics du XXè s ! L’IMPERIA : 9 mètres, 18 tonnes, tournant autour de son axe une fois toutes les quatre minutes, créée par Peter Lenk et érigée en 1993.  Deux petits personnages nus sont assis dans ses mains ouvertes et portent les insignes de leur puissance qui permettent de les identifier. Le sculpteur a dit à leur sujet :

« … Les personnes de l’Imperia ne sont pas le pape ni l’empereur, mais des saltimbanques qui se sont emparés des insignes du pouvoir séculaire et spirituel. Libre à l’interprétation historique de l’observateur de dire dans quelle mesure les vrais papes et empereurs ont été, eux aussi, des saltimbanques. … » (Peter Lenk dans une interview (en allemand) avec Jasmin Hummel >   » 20 Jahre Imperia. … und sie dreht sich immer noch ». Dans: Labhards Bodensee Magazin 2013, pages 44-45.)

La ville historique est un beau mélange de rues étroites, sereines, de passages souterrains joliment graffés et de belles bâtisses art nouveau s’ouvrant sur des avenues plus larges.

Poisson d’avril !

Ma passion non secrète pour les pois est comblée !
Des pois, une voiture qui raconte des histoires, je suis fan !

Le véganisme nous fait des clins d’œil partout, jusque sur les poteaux des rues  :

Au centre, trône la cathédrale Notre-Dame de Constance qui, d’un point de vue architectural, est une des plus grandes églises romanes du sud-ouest de l’Allemagne. A l’intérieur de l’église le mobilier des époques baroque, classique et néo-gothique se superpose.

Après avoir bien arpenté les rues de la vieille ville, nous avons récupéré la voiture et sommes remontées vers Litzelstetten à une dizaine de kilomètres plus au nord. Petit havre de paix au bord de l’eau où nous avons dévoré une plaque de chocolat en regardant le bleu quasi tropical de l’eau et où Justine a osé tremper ses pieds (trop tentant mais froid en cette saison !).

 

Le retour s’est fait sous un ciel d’orage. Nous avons traversé des paysages grandioses de la Forêt Noire, nimbée de nuages et de contes fantasmagoriques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accueillir le printemps dans le Gard

Accueillir le printemps dans le Gard

SANILHAC – GORGES du GARDON- 2017

Jour 1 : Samedi 18 février – Départ d’Hoenheim à 6h, arrivée à 15h30.

Après Lyon, les arbres sont en fleurs… Surprenant pour moi qui marchait encore dans  la neige il y a cinq jours. Le printemps est là. Sanilhac est un tout petit village d’Occitanie, aux rues étroites pleines de chats. La maison de Tom et Charlotte est encaissée dans une ruelle, elle est grande, toute en recoins, petits escaliers, passerelles, terrasses.

Aspérule, lierre terrestre, globulaires buissonnantes, crocus, cerisiers, amandiers sont en pleine floraison et les oiseaux s’en donnent à cœur joie.

 

 

Jour 2 : Dimanche 19 février – Gorges du Gardon

Le ciel est d’un bleu infini. Sarah et moi sommes parties à la découverte des Gorges du Gardon. Nous avons fait 19 km sous un soleil radieux et une végétation luxuriante, les romarins sont en fleurs et tapissent les hauteurs des Gorges, des cactus s’y déploient aussi, des euphorbes, du thym, les buissons violets des globulaires… J’ai laissé tomber ma veste, mon pull et j’ai savouré ma première rando de l’année épaules nues !

Ce soir mes joues sont chaudes et repues du soleil cueilli tout le long du jour (mes épaules aussi !). A un passage délicat, nous avons même mis les pieds dans l’eau (très fraîche) du Gardon.

Au retour, nous avons retrouvé Julie et Phlau sur les berges de La Baume et nous nous sommes étalées sur les rochers au bord de l’eau.

Les sentiers de pierres blanchies aux arêtes parfois dures me rappellent les chemins de la Drôme, le buis présent partout également. Au bord du Gardon d’immenses roches accueillent nos pauses. Ossature terrestre patinée par les eaux qui me donne le sentiment concret de marcher sur la colonne vertébrale de la terre, chaos minéral qui parle à mon instinct et me projette dans de fantasques rêveries de pays fabuleux et paradisiaques où l’humain serait réconcilié avec sa part végétale et insoumise.

 

Ce soir nous sommes installées toutes les quatre avec Gilda et Colette au salon. Colette dort profondément, on a l’impression qu’elle nous a accompagné dans la rando.

En fait, c’est une chienne pleine d’empathie qui s’épuise à notre place.

Le dîner fut délicieux : potée de légumes variés au lait de coco, salade chou chinois et yaourt soja citron.

(Seul bémol, des battues sont organisées sur les chemins de randonnée et je trouve ça toujours monstrueux que la mort programmée puisse côtoyer les espaces naturels où nous cherchons la sérénité et la complicité avec la nature > l’humain, première espèce invasive !)

Jour 3 : Lundi 20 février – Pont du Gard

Ce matin, nous avons testé l’embrayage de la voiture qui pose quelques soucis. Le barbu, garagiste local non officiel est venu voir. J’ai appelé Julian aussi. C’est un souci d’air dans le récepteur(ou l’émetteur) de la pédale d’embrayage. Il suffit de pomper avec la pédale. Nous avons donc pu partir vers 11h pour St Bonnet du Gard.

Randonnée facile de 14 km pour découvrir le Pont du Gard sous toutes ses faces ainsi que son environnement de buissons denses typique des maquis de la région. Le pont date de 50 ap. JC. Impressionnante structure qui traverse le paysage et a résisté aux assauts du temps ! Aux pieds de ces arches monumentales coule le Gardon entre d’immenses roches où fleurissent des violettes (quand je dis que le printemps est déjà là !).

Sarah et Julie ont fait des roulades dans l’herbe tandis que Phlau les filmait pendant que je m’extasiais sur les violettes. Des orchidées poussent sur les collines calcaires plus en hauteur.

Orchis à longues bractées ou Barlie (Himantoglossum robertianum ou Barlia Robertiana), assez commune en région méditerranéenne, très commune en Provence.

Nous avons traversé le pont et sommes allées jusqu’à une chapelle romane quasiment fendue en deux, délaissée, dans un immense champ en pleine floraison : la chapelle St- Pierre.

Le chemin du retour à partir du pont du Gard est particulièrement beau, c’est une trouée étroite dans les buissons denses de buis, chênes liège où la roche affleure partout et crée un escalier naturel où s’entremêlent les racines. Le soleil intense de la journée perçait cette belle densité végétale et dardait ses rayons lumineux dans un joli décor de poussière féerique. La roche est sableuse par endroit. En retrouvant la voiture à St Bonnet, nous sommes encore montées à l’église fortifiée du IXe s. Plantureuse bâtisse qui surplombe de ses pierres restaurées les vallons proches où tous les arbres fruitiers semblent en fleurs.

C’est la première rando aussi longue de Julie. Le vent était intense. Ce soir nous sommes toutes les 4 gorgées de soleil, de lumière et je sens dans les muscles de mes jambes ces plus de 30 km parcourus depuis hier. Le silence de la maison est lénifiant.

Jour 4 : Mardi 21 février – 19° – Ermitage de Collias (in love ♥)

Magnifique randonnée dans la garrigue, au départ de Collias qui emprunte un pittoresque sentier pierreux où les chênes verts et les buis font une frondaison ombragée appréciable par cette extraordinaire luminosité.

Nous avons même cueilli des feuilles de laurier pour notre potée du soir, avons rencontré deux crapauds, enregistré le chant délicat d’un ruisseau  presque tari. Le chemin serpente entre deux falaises recouvertes de garrigue dans un décor abrupt et sauvage. Il conduit au bout de 3 km au site de l’ermitage, précieuses ruines monastiques dans leur écrin boisé. Ce site est habité depuis près de 40 000 ans ! L’homme de Néanderthal l’avait déjà investi. Au VIIIè s. on y a construit un monastère. Une chapelle trône sur l’endroit, de beaux vestiges de fresques décorent son plafond, des ex-voto « familiers », petits bouts de pensées positives sont éparpillés sur son autel baigné par la lumière qui ruisselle de ses fenêtres.

Notre-Dame-de-Laval.

Nous nous sommes posées dans le pré, au bord des vestiges d’un jardin en terrasse, y avons pique-niqué, lu et siesté. Moment de grâce et de plénitude.

Puis nous sommes reparties, poursuivant le chemin à flan de vallon, montée rude et raide vers le plateau sommital. La suite de la randonnée s’effectue sur les hauteurs offrant une très belle vue jusqu’au Mont Ventoux au sommet encore enneigé. Des orchidées égrènent le chemin.

J’ai vraiment beaucoup aimé la diversité, le calme et la beauté des paysages traversés. Au retour nous avons longé le Gardon pour nous poser sur ses rives et savourer encore l’instant présent.

« Je n’ai pas résisté. Je me suis adapté à l’eau sans attendre qu’elle s’adapte à moi » –  philosophe taoïste chinois Tchouang Tseu- IVè s. avant J-C.

Jour 5 : Mercredi 22 février – Uzès

Le ciel est toujours bleu, Gilda n’a demandé à boire qu’une fois cette nuit ! J’ai dormi jusqu’à 8h30.

Le rez de chaussée de la maison est peuplé de fantômes, je les sens. Nous cohabitons de façon pacifiée.

Nous sommes parties vers midi à Uzès. C’était jour de marché local que nous avons dévalisé (chocolat noir à la châtaigne soufflée, pâte de fruits à la mûre (pour Justine), hydrolats locaux, olives vertes, noires, verveine,… graines de moutarde & radis germées), j’ai aussi craqué pour deux robes légères et un sac en peau de nounours violet.

Nous nous sommes perdues dans les étroites ruelles autour de la Place aux Herbes où nous avons déjeuné, sur une terrasse gorgée de soleil.

Découverte aussi de la cathédrale St Theodorit de style toscan, très belle avec des fresques bleues magnifiques sur ses chapelles latérales et de jolies balustrades en fer forgé ouvragé tout autour de ses bas-côtés.

Nous sommes rentrées vers 16h. Phlau est partie en quête de bois pour activer le poêle disponible dans la cuisine. Elle a eu beaucoup de chance car elle est tombée sur l’élagueur du coin, Dédé, qui nous a fourni en bois sec pour notre première flambée du soir.

Corinne est passée savourer notre tisane du dîner, moment sympathique où nous avons échangé sur nos mêmes valeurs mais dans des lieux différents. Elle nous expliquait que le Gard est peu végane (nous nous en étions rendues compte avec la recherche d’un restaurant ce midi !) et truffé de chasseurs (là ce sont les battues du we passé où nous l’avions constaté- et qui m’ont bien énervée).

Gilda apprécie grandement la flambée de ce soir (et pas que elle), elle dort apaisée près du poêle.

Jour 6 : Jeudi 23 février – Boucle du pont St Nicolas – ♥

« La sagesse comprend tout, le beau, le vrai, le bien, l’enthousiasme par conséquent. Elle nous apprend à voir hors de nous quelque chose de plus élevé que ce qui est en nous, et à nous de l’assimiler peu à peu par la contemplation et l’admiration. » – Lettre de G. Sand à G. Flaubert.

Encore une magnifique randonnée de 15 km entre les plateaux crayeux recouverts de garrigue et les falaises abruptes ouvrant sur les boucles bleues des gorges du Gardon. Ce matin le ciel était aussi crayeux. La randonnée a débuté par de grands sentiers qui longent les vignes.

L’ambiance était laiteuse, toute la nature semblait figée dans des cocons filaires d’araignées ou de chenilles, réceptacles naturels de l’humidité ambiante.

Une atmosphère automnale nous accompagnait. Au bout d’une heure nous sommes arrivées au premier village, Vic, tout en pierres apparentes et habité par une chatte tricolore sauvageonne.

Le sentier s’est poursuivi entre herbages et buissons jusqu’à Russan. Là nous avons entamé la montée vers les falaises du point de vue du Castellas, offrant un panorama sur les méandres du Gardon. Une montée un peu rude (Julie confirmera) nous a conduit au plateau sommital par des sentes herbeuses jalonnées de cairns pour ne pas s’égarer. Le soleil est apparu. Nous avons un peu hésité avant de trouver la Grotte de Baume-Latrone, à flan de falaise, impressionnant trou habité par des humains du paléolithique supérieur. Je m’y suis immédiatement sentie bien, enveloppée de douceur. Un creux à vivre. Je n’ai jamais ressenti un tel bien être dans une grotte. Je comprends qu’elle fut un refuge, elle le reste à travers les millénaires traversés.

Vue de la grotte.

Nous avons repris notre cheminement sur le plateau jusqu’au point de vue du Castellas, grandiose panorama sur ces gorges, dernier bastion des Cévennes. Le chemin du retour s’effectue entre les bords des falaises du Gardon et la garrigue monotone de l’immense plateau isolé St Nicolas.

Par endroit la roche du chemin fait d’étranges trous, des pièges à bâton… les hauteurs sont parsemées d’orchidées et de minuscules jonquilles en pleine floraison ainsi que des imposants massifs des globulaires buissonnantes.

Ce soir nous sommes lentes, agglutinées autour du feu au pied duquel ronflent les chiennes également avachies par la chaleur bienfaisante des flammes.

André dit Dédé vient dîner avec nous ce soir. Nous lui rendons grâce pour nous avoir trouvé du bois et rendre ainsi nos soirées beaucoup plus chaleureuses !

Jour 7 : Vendredi 24 février – découvertes  des capitelles de Blauzac.

 

[capitelle (en languedocien capitèlo) est une cabane en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier, servant autrefois d’abri temporaire à des outils, des produits agricoles ou des petits propriétaires dans les anciennes garrigues des villes du département du Gard.]

A une dizaine de km de Sanilhac se trouve la côte de Malaigue et le pittoresque village perché de Blauzac aux belles maisons de pierres.

Phlau découvre un vestige fonctionnant : une cabine téléphonique !

Ce village est placé sur l’ancienne voie romaine qui reliait Nîmes à Uzès. Notre balade du jour nous a conduit sur les coteaux N-E de Blauzac à la découverte de ces surprenantes capitelles.

Elles sont délimitées par d’impressionnants murs de pierres très épais de plus d’un mètre de large qui séparent chaque champ.  La majorité de la randonnée se fait sur des chemins bordés de ces murets de pierres sèches et à l’ombre d’une végétation luxuriante. Elle se termine par le passage sur un vieux pont romain qui ouvre sur les vignes environnantes (malheureusement traitées).

Le vent nous a tenu compagnie, rafraichissant l’air, il est tombé après midi. Nous sommes rentrées à 15h à Sanilhac, avons  savouré la lumière à l’étage de la maison où toutes les portes sont ouvertes afin que les pièces s’imprègnent de la douceur printanière du jour.

Jour 8 : Samedi 25 février – retour

Retour rapide (7h-15h) où nous avons jonglé avec la 3è et la 5è vitesse de ma voiture militante (puisqu’il y avait toujours le souci d’embrayage !).

Nous sommes revenues repues de soleil, de lumière et de nature ♥.

 

 

Les sentiers où vivent les fées du Badener Höhe.

• Les sentiers où vivent les fées du Badener Höhe •

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Je vous invite à une randonnée  sur des sentiers habités par des fées cotoyant deux lacs, le Schwarzenbach et le Herrenwieser See, ainsi que le Badener Höhe, l’un des principaux sommets de la Nordschwarzwald à 1002 m. d’altitude où une tour permet d’apprécier une vue dégagée à 360°.

J’avais découvert ce plateau sommital à la fin de l’hiver avec encore de magnifiques paysages enneigés et je l’ai raconté sur mon blog > !

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Cette découverte est sans difficulté majeure : moins de 400m de dénivelé et 19 km sur une majorité de larges chemins bien balisés.

Le départ se fait au parking situé au barrage du Schwarzenbach-talsperre, à côté de la route départementale L83.

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Immédiatement, nous empruntons le passage sur le barrage pour suivre le losange bleu qui va nous conduire le long de la berge Nord du lac. Les chemins sont larges et agréables. L’eau du lac est impressionnante de transparence. Deux kilomètres plus loin nous entamons notre montée (losange rouge) vers le sommet en passant par le Herrenwieser See.

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Des ponts de pierre racontent des histoires sorties des livres de contes, l’eau chante partout, la mousse fait de jolis tapis verdoyants au cœur des sapinières. La lumière d’automne est particulièrement belle dans cette apothéose de verdure encore baignée de l’énergie de l’été.

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Après une première montée un peu sportive mais courte, nous arrivons au Herrenwieser See, magnifique et très ancien lac glaciaire, formé il y a env. 120 000 à 60 000 ans, bordé d’une fragile zone de tourbière, écrin bleuté dans les premières rousseurs des fougères.

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Au loin pointe la tour du Badener Höhe.

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La montée se poursuit sur des sentiers entrelacés de racines, bien balisés où des cairns nous rassurent quand même sur le chemin à suivre !

Au sommet, à 1002m., nous posons nos sacs à dos pour savourer la vue extraordinaire qui se déploie du haut de la tour panoramique, fouettée par les vents, ouverte sur les sommets infinis de la Forêt Noire et sur la vallée du Rhin.

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La descente se fait sur l’autre flan de la colline, toujours par le balisage losange rouge.

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Nos ombres contemplatives !

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Au premier croisement nous avons emprunté le mauvais chemin. Nous devions suivre le losange jaune mais il est indiqué sur plusieurs sentiers. Nous sommes parti.e.s sur le mauvais mais quelle belle découverte. C’est une piste entre fougères et sapins, à flan de montagne avec, par moment, des vues à couper le souffle et une lumière rasante qui poétise toute la forêt. Assez vite, j’ai compris que nous n’étions pas sur notre sentier de retour. Nous avons rebroussé chemin et récupéré la bonne route qui nous a conduit jusqu’à Herrenwies, village niché au creux de la vallée.

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Quand l’arbre s’enracine dans la roche…Règne du végétal et du minéral où je puise mon souffle de vie ❦ Merci Dame Nature.

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Tout au long de la descente, des panneaux indiquent le bon chemin et marquent des endroits où d’étranges « lunettes de bois » nous invitent à observer la nature d’un autre point de vue.

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Un immense banc nous a accueilli.e.s.

Après le village, nous avons continué le long d’une très belle route forestière (balisage losange bleu) qui nous a ramené sur les rives du Schwarzenbach que nous avons contourné par le Sud cette fois-ci.

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« Vastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes,
Quel infaillible instinct nous ramène toujours
Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours
Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?

Le murmure éternel de vos larges rameaux
Réveille encore en nous, comme une voix profonde,
L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,
Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.

… »

{Albert Samain ~FORETS}

 

 

 

 

 

S’évader entre lavande et montagnes : la Drôme provençale.

S’évader entre lavande et montagnes :

la Drôme provençale.

•Journal de voyage•

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Samedi 6 août

Somme parties à 5h du mat pour arriver 17h pour moins de 700 km ! Oui c’est possible.  Mon GPS est farceur. Le gîte de Corinne, ancienne bergerie, est situé dans le hameau de Montguers le Haut, sur un bout de chemin, au bout de tout, posé au bord d’un ravin où coule un ruisselet quasi asséché en cette saison. Un petit paradis de tranquillité. Je n’aurais pas imaginé mieux.

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Les nains de Corinne qui veillent !
Les nains de Corinne qui veillent, un accueil chaleureux avec une divine confiture d’abricots et de lavande !
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La ravine personnelle du gîte, juste en contrebas de la maison, lieu sauvage et préservé !
Dimanche  7 août

Première randonnée vers les sommets proches, direction le col de Perty. Jolie balade sur la crête de la montagne de Chamouse à 1498m. d’altitude, entre lavande, papillons, et buis buissonnants. Nous nous sommes un peu perdues en redescendant, avons écrit des mots doux dans le cahier du cabanon Laugier.  Les paysages traversés sont tous plus beaux les uns que les autres.

Lundi 8 août

Les matins sont lents. Nous faisons une séance de yoga face aux collines qui se déploient alentours, à l’ombre des arbres fruitiers. Colette aime particulièrement ces instants et en profite pour jouer, nous rapporter tous les bâtons qui trainent (et il y en a un paquet !) et se rouler frénétiquement dessus grognant de plaisir. Gilda affectionne la serviette de Cédrine et se pose dessus pour y dormir.

Avec Cédrine, nous sommes allées à Buis les Baronnies pour une randonnée de 5h entre les Gorges d’Ubrieux et les cols des Baronnies. Magnifiques paysages traversés. Ce qui est surprenant c’est que nous sommes montées à 900 m et les montagnes côtoyées à cette altitude sont pointues, dentelées et accidentées. Rien à voir avec les rondeurs vosgiennes. Les panoramas sont grandioses, secs, épineux, broussailleux et les crêtes des montagnes forment de prodigieuses dentelles de pierre blanche.

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Un vieil et splendide olivier.
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Là-bas, au fond, le Ventoux !

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Mardi 9 août

Nyons – Sommes passées à la coopérative pour faire le plein d’huile d’olive bio !

Dieulefit – Sentiment que la ville se déserte. Beaucoup de boutiques, restaurants à vendre, fermés entre midi et quinze heures en pleine saison touristique ! Nous avons cherché désespérément des pêches bio… Tout le monde semble avoir un désir de pêche & je suis perplexe de constater que mon désir est partagé par tous les touristes « locaux » !

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Ai craqué sur le travail d’une céramiste : Lena von Busse qui a son atelier dans une usine désaffectée réhabilitée en ateliers d’artistes sur la départementale menant à Le Poët-Laval, un très beau lieu.  Elle travaille la porcelaine et crée des décors floraux délicats qui m’ont fait fondre.

Céramique de Lena von Busse.
Céramique de Lena von Busse.

Le soir Dame Catherine nous a invitées à partager sa table pleine de réjouissances végétales et…il y avait des pêches en dessert. L’univers m’a-t-il entendu ? Et Catherine nous a donné plein de pêches quand nous sommes reparties. Des pêches ENORMES et SUCCULENTES ! J’ai aussi retrouvé avec joie Ursule, en pleine forme !

Ursule, compagne de Dame Catherine.
Ursule, compagne de Dame Catherine.

La route qui va de Montguers à Mérindol-les-Oliviers est splendide mais très sinueuse, empruntant une infinité de cols. Ici, tout est loin et les kilomètres avalés demandent une attention de chaque instant. C’est Cédrine, la courageuse, qui a roulé de nuit pour le retour !

Mercredi 10 août

Le ciel est bleu et un vent fort souffle. Nous prenons notre petit déjeuner sur la magnifique table en pierre où nous avons ôté la nappe afin d’en apprécier toute la belle minéralité. A l’ombre du tilleul.  Nous sommes emmitouflées dans nos foulards et polaires.

Royal petit-déjeuner : fruits locaux, amandes & graines de tournesol germées, lait de soja à la vanille, copeaux de chocolat. Un bol de joie, de saveurs et d'énergie !
Royal petit-déjeuner : fruits locaux, amandes & graines de tournesol germées, lait de soja à la vanille, copeaux de chocolat. Un bol de joie, de saveurs et d’énergie !

Yoga dans une heure dans le pré pour savourer le paysage et se nourrir de la lumière.

Aujourd’hui nous allons faire une randonnée entre vignes, lavandes, oliviers, dentelles de pierre, chapelle (Notre-Dame des champs) et village perché à partir du moulin de Vercoiran.

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Chapelle Notre-Dame des Champs.

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20 h 45

Le vent est intense et ne faiblit pas. Il a chassé les nuages. Il m’a as séchée et ce soir je suis cuite ! Le fond de l’air est très frais et nous avons diné sous le tilleul avec nos polaires et nos coupe-vent, rapidement.  La soirée sera courte. Cédrine et moi avons décidé de nous lever à 5h demain pour aller contempler le lever de soleil du col de Perty et faire une randonnée sur la montagne de l’Arsuc voisine du col.chloeka- Montguers Drôme Balade en Baronnies -10 aout 2016-49

Ce qui est impressionnant dans les paysages côtoyés ce sont ces sommets peu élevés qui manquent totalement d’humilité et ont des arêtes pointues de haute montagne. Du coup les paysages traversés ont des airs de Far West aux routes caillouteuses et empoussiérées où tout semble grandiose et infini. Les derniers temps de la récolte de la lavande sont maintenant. Un parfum de lavande a accompagné notre pause à la chapelle de Notre Dame des Champs. La lumière était tout aussi intense à 19h qu’à 14h.

Jeudi 11 août

Levées à 5h, Cédrine & moi sommes parties ½ h + tard pour cueillir le soleil au col de Perty, promesse faite le 1er jour de notre séjour. La nuit est particulièrement froide à cette heure matinale. A 6h15 nous étions au sommet du col, dans la nuit étoilée où un peu de jour pointait timidement.

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Fabuleux moments de recueillement et d’émerveillement avec la lumière solaire qui vient d’abord caresser les quelques nuages présents de sa tendresse rosée annonciatrice de l’astre qui a pointé ses premières rondeurs à 6h37 exactement ! Immédiatement l’air est devenu moins froid et les monts alentours se sont parés d’une douce couleur dorée. Les montagnes se sont déployées sans fin dans la ligne d’horizon, dans un extraordinaire camaïeu de bleus. Les ombres longues nous ont raconté des histoires fabuleuses.  J’ai peu vu de paysages aussi beaux !

Nous avons continué notre ascension sur la montagne de l’Arsuc, à 1451m. d’altitude, le long d’une très longue ligne de crête alternant des forêts de conifères et de chênes liège, des prairies dorées remplies de cairns, de lavande, de chardons bleus et de papillons avec des vues toutes plus belles les unes que les autres sur les sommets bleus des Alpes déployés dans une aurore infinie.

Les cairns, précieux amas de pierres qui nous guident sur les sentiers "flous" des sommets.
Les cairns, précieux amas de pierres qui nous guident sur les sentiers « flous » des sommets.

Je suis en amour de cette nature et de ces paysages traversés.

Nous sommes rentrées au bout de 4h de marche, complètement subjuguées et heureuses.

Les matins sont vraiment plus beaux que les soirs et offrent une énergie totalement différente. Chaque minute du matin est en fait un cadeau précieux car elle annonce une journée dense et riche en vibrations, le sentiment jouissif d’être vivante.

En rentrant, nous avons dévoré une orgie de fruits !

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En fin d’après-midi, Aurélie et Jessica nous rejoignent pour passer la soirée sous le tilleul avec nous.

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Légumes grillés au four légèrement caramélisés et saupoudrés du thym libre cueilli sur les sentiers !
Légumes grillés au four légèrement caramélisés et saupoudrés du thym libre cueilli sur les sentiers !
Vendredi 12 août

Ce matin nous sommes parties explorer les sommets à l’Est de St Auban sur l’Ouvèze, joli village perché. Nous avons marché sur la crête de la Serre de Rioms jusqu’à 914 m. d’altitude avec de belles vues sur les monts alentours et sommes redescendues vers la combe à travers un panorama verdoyant et « deshumanisé » comme je les aime.

Quelques champs de lavande trouaient la forêt. J’ai vu une biche le long du large sentier qui traversait ces bois luxuriant et des fleurs à profusion accompagnées de la danse gracieuse de leurs papillons butineurs.  chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-46 chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-59

Pois vivace, origan, oursin bleu, chicorée sauvage, jasione, knautie, scabieuse faisant un joli dégradé de bleu violacé le long du sentier accompagnés des gracieuses ombellifères du fenouil libre.

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En retrouvant la voiture après nos 3h de marche, nous sommes allées à Brantes, traversant d’autres montagnes et les Gorges du Toulourenc avec encore de très beaux paysages naturels. A Brantes, je suis évidemment passée à la librairie de l’Esprit des lieux et chez « mes » céramistes aimés où j’ai craqué pour un petit gobelet vert anis à gros pois blancs. Nous avons savouré un délicieux jus d’abricot local sur une terrasse avec une vue époustouflante sur le Ventoux tout près et tout haut.

Nous sommes rentrées vers 14h pour nous prélasser dans le hamac et à l’ombre bienveillante du tilleul.

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Savourer les dernières heures de cette pause estivale où chantent les cigales et où rôtissent les herbes matures des près avant de prendre le chemin du retour demain matin !

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Aux portes des contes : le Rocher de Mutzig

Aux portes des contes : le Rocher de Mutzig

Il y a plusieurs lieux que j’affectionne dans les Vosges, le Rocher de Mutzig, ses panoramas grandioses et ses lieux imprégnés de contes et légendes en font partie.

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Comme le dit Wikipédia >  » Ce rocher est une montagne gréseuse du massif des Vosges, la plus haute des Vosges gréseuses. Ce sommet tabulaire est situé dans le Grand Est, dans le département du Bas-Rhin sur la commune de Lutzelhouse, à environ un kilomètre à l’est de la ligne de crête formant la limite avec la Moselle. Il culmine à 1 010 mètres d’altitude, soit un mètre de plus que son grand sommet voisin, le Donon qui appartient à la même corniche résistante en grès triasique du Buntsandstein. Les formations sommitales, très résistantes à l’érosion, sont souvent en poudingues ou conglomérats gréseux ».

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Vue sur le Donon.

Pour cette randonnée nous sommes parties du refuge du Schliffstein au-dessus de Lutzelhouse en prenant la route forestière du Kegelplatz puis celle du Pré du Narion.

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En suivant le cercle jaune, c’est une randonnée de moins de 4h avec 440 m. de dénivelé.

Jusqu’au Rocher de Mutzig, des vues dégagées et magnifiques, entrecoupées par des bois de feuillus, jalonnent la montée.

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Le premier sommet, à 831 m d’altitude, est l’enceinte du Jardin des Fées, extraordinaire et très beau lieu :

« Dominant le val de Bruche, la Grande Côte antérieure est considérée par certains comme l’un des plusieurs anciens lieux de culte celtique en Alsace.

Ce sommet, surnommé « le Jardin des Fées », présente une curieuse enceinte circulaire et les vestiges d’un cromlech où, selon la légende, les fées venaient danser la nuit.

Elles auraient entrepris la construction d’un pont gigantesque pour enjamber la vallée, comme en témoignent les nombreux blocs de grès dispersés sur les hauteurs. Mais cet ouvrage ne put être mené à bien car la puissance magique des fées s’arrêta trop tôt. » [en raison de la naissance du Christ].

Source > http://fr.topic-topos.com/le-jardin-des-fees-lutzelhouse

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Une seconde légende raconte que « certaines nuits, les fées se rassemblent dans le Jardin des Fées pour y danser. Dans le ciel nocturne, apparait alors un char de lumière tiré par des chevaux de feu. Ce char va décrire des cercles autour du Jardin des Fées. A l’apparition du char, la plus jeune des fées quitte la danse et va prier dans la collégiale de Niederhaslach. Lorsque le premier rayon de soleil frappe les vitraux de la collégiale, la fée retourne au Jardin des Fées et donne au char de lumière le signal du départ. Le char se fond dans le ciel et les fées se dispersent lentement. D’après l’archéologue Armand Kieffer, cette légende illustre l’utilisation que faisaient les peuples préchrétiens du site. Les fées seraient en faites les « savants » ou prêtres qui interprétaient les mouvements des astres et du soleil représentés par le char de lumière. Ces prêtres, à l’aide de la position des menhirs du cromlech, pouvaient déterminer la date des semailles et d’autres dates importantes pour les agriculteurs du néolithique. La fée qui va prier à l’église serait le symbole du triomphe du christianisme qui fait fuir le char, symbole des divinités païennes. »

De ce sommet, nous sommes descendues pour rejoindre le sommet voisin où trône le Rocher de Mutzig, en passant par la route forestière du Jardin des Fées.

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Un vaste sentier herbeux relie les deux montagnes.

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L’ascension vers le Rocher de Mutzig se fait à partir de la monumentale et surprenante Porte de Pierre, gardienne des lieux de 7 m de large et 5 m de hauteur. C’est un rocher formé de trois piliers et surmonté d’un linteau, travaillé par les éléments qui ont façonné ses rondeurs tourmentées lui donnant un statut de porte de conte. Les fées veillent.

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La montée en pente plutôt douce est agréable, empruntant des chemins larges bordés de fougères où se déploient les montagnes alentours.

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C’est au sommet, sur le « Rocher de Mutzig », que nous décidons de nous poser pour savourer notre déjeuner et les panoramas beaux à couper le souffle.

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Et ça mange quoi les randonneurs et randonneuses véganes ?
– des fruits à profusion
– des tartinades souvent faites maison (ici houmous)
– des muffins à la courgette (merci Cédrine)
– des légumes à croquer ou en salades variées
– des graines germées (amandes/ noisettes…)
– du chocolat (j’ai une faiblesse pour les crus de Lovechock !)
– etc !

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La descente se fait en sous-bois, appréciable par les chaleurs d »été. Des petits cairns guident notre retour. Avant l’arrivée au refuge du Schliffstein, nous traversons une forêt d’épineux qui a acidifié les sols. L’ambiance est étrange car toute vie semble avoir disparu et le gris dominant rappelle les paysages hivernaux. Le conte se poursuit avec son élément perturbateur qui lui donne sa dimension anxiogène et permet d’intensifier les émotions traversées.

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Une source nous accueillera au bout du chemin. J’y puiserai ma nouvelle énergie pour partir à la découverte d’autres sommets fabuleux.

« Vivre du vert des prés et du bleu des collines,
Des arbres racineux qui grimpent aux ravines,
Des ruisseaux éblouis de l’argent des poissons ;
Vivre du cliquetis allègre des moissons,
Du clair halètement des sources remuées,
Des matins de printemps qui soufflent leurs buées,
Des octobres semeurs de feuilles et de fruits
Et de l’enchantement lunaire au long des nuits
Que disent les crapauds sonores dans les trèfles… »

Cécile SauvageTandis que la Terre tourne.

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Que chante l’eau vive ! Todtnauer Wasserfall

°° Que chante l’eau vive ! Todtnauer Wasserfall°°

 

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-8

Un samedi de juillet, randonnée programmée entre ami.e.s pour découvrir les chutes d’eau les plus hautes d’Allemagne (97 m.), alimentées par le Stübenbach prenant sa source sur les chaumes du Stübwasen à 1386 m. d’altitude. Ancien passage du glacier du Hochtal qui se déversait dans le glacier principal du Wiesental. Protégé depuis 1987, il s’agit d’un des plus remarquables sites naturels d’Allemagne.

Le circuit de cette randonnée comprenait la découverte des Todtnauer Wasserfall mais aussi des chaumes d’altitude du Stübwasen avec un dénivelé de près de 700 m.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-58

Nous sommes parti.e.s, vaillant.e.s, à 9 dans la matinée. Le départ se fait en bas de la cascade. Le premier sentier nous a conduit.e.s dans la périphérie de Todtnau où nous avons découvert un extraordinaire jardin pour enfants des bois.

Le jardin pour enfants des bois.
Le jardin pour enfants des bois.

Le chemin s’est poursuivi jusqu’à un surprenant monument aux morts de la Grande Guerre, glaive immense dressé sur un promontoire tel un phallus symbole de toute la puissance destructrice guerrière des hommes.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-11C’est à partir de là qu’a débuté une rude montée traversant le flan de la montagne et découvrant par endroit de beaux panoramas.

Les chemins sont jalonnés de « Hutte », de sources, d’eaux chantantes et vibrantes où, parfois, l’humain bienveillant a aménagé des seaux pour abreuver les animaux de compagnie.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-10
Lancez le seau dans le ruisseau et le récupérer grâce à sa chaine pour donner à boire à votre animal de compagnie ! Ingénieux !

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-43 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-35 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-32Ils ouvrent au détour d’une montée sur de fabuleux paysages de montagne.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-14 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-17 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-13Et sur des arbres transformés en panneaux indicateurs où le tronc a été creusé pour y mettre une vierge protectrice des « angoissé.e.s de la montagne ».

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-38Les Allemands aiment aussi, au cœur de la nature, déposer des « kiosques en libre-service » où acheter des cartes postales de ce lieu exceptionnel ou des objets fabriqués maison. Ici la confiance règne et c’est bien agréable ♥

chloeka- Todtnau Wasserfall juillet 2016 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-72La pose repas se fera au Berger Höhe, entre un croisement de sentiers et quelques chevaux curieux et pour le plus grand soulagement d’Athéna qui inaugure sa première longue randonnée.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-39 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-15La montée se poursuit sur une pente plus douce et un chemin large et très agréable.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-45Et nous arrivons au Stübenwasen (1386 m.) avec ses chaumes d’altitude et ses panoramas admirables où Romain affine sa dextérité à manier la perche photographique, où nous nous posons pour rire, savourer l’instant, prendre encore des photos, nous reposer en comptant nos tiques récoltées !

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chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-63 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-57 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-67Le chemin est jalonné d’un parcours « éducatif » de champignons en bois (parfois surprenants !), de jeux en lien avec la nature et de chaises, fauteuils pour admirer les paysages traversés.

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Nous avons été interpelé.e.s par ce champignon plutôt joyeusement vaillant mais il semblerait que son exubérance soit un vers ! A bon entendeur…
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NON Romain ! Ne saute pas !
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Le banc aux amoureux.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-61 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-59 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-69 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-68 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-7 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-6 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-5

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-71Évidemment nous avons tout testé (sauf le vers du champignon !).

La descente s’est égrenée de pauses méritées.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-55 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-56 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-64La flore est également exceptionnelle tout au long de ce parcours, orchidées à profusion, reine des prés, laitue des Alpes, lupins aux couleurs variées…

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-54 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-53 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-50 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-44 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-41 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-40chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-51Le parcours s’achève par les cascades dont nous accompagnons la joyeuse chute en traversant des ponts aménagés et en empruntant des chemins balisés.

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-75 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-74 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-73 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-18 chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-16Cinq heures de marches, de belles pauses, une lumière du soir rasante accueille notre dernier parcours, un paysage sorti tout droit des villages de hobbits (comme le constatera Peggy).

chloeka- Randonnée Todtnau Wasserfall- 16 juillet 2016-76Nous sommes repu.e.s et heureux/ses.

Romain photo Todtnauer Wasserfall juillet 2016
Gwennaëlle, Sylvia, Stéphane, Chloé, Athéna, Peggy, Rabie, Sébastien la raclure, Romain {et merci à Romain et à sa perche !}.

« Seul le présent est, l’avant et l’après ne sont pas ; mais le présent concret est le résultat du passé et il est plein de l’avenir.

Le Présent véritable est, par conséquent, l’éternité.

M. Heidegger (qui a vécu & aimé ses paysages).

 

 

Dans les nuages de Kappelrodeck

Dans les nuages de Kappelrodeck ◦•●◉✿

chloeka- randonnée Foret Noire Kappelrodeck- juin 2016

Samedi, Anne-Cécile, Jamila et moi sommes parties à la découverte du vignoble et des bois autour de Kappelrodeck, petite bourgade allemande du Bade Wurtemberg nichée au creux de la Forêt Noire.

Le temps était lourd et orageux.

chloeka- Randonnée à Kappelrodeck en Forêt Noire- juin 2016-16

Nous sommes montées par un sentier raide qui offrait par endroits de magnifiques vues sur la vallée du Rhin et la plaine d’Alsace au ciel d’orage.

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Au premier sommet, les hauts et majestueux sapins ont très vite été happés par une brume annonciatrice d’averses. L’ambiance a totalement changé. La température a baissé soudainement et nous avons enfilé nos vestes et capes de pluie.

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Une grain dense s’est mise à tomber, purifiant l’air et donnant à la forêt des allures de paradis tropical.

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C’est toujours à ce moment là que chacun.e se pose la question de ce qu’il ou elle  traverse. Soit nous pestons de toute cette humidité (car très vite nous avions les pieds, les jambes et le visage trempés), soit nous décidons que c’est l’aventure et nous nous concentrons sur les extraordinaires palpitations de la nature quand la pluie ruisselle et fait chanter les feuillages. Entrant aussi dans une intimité particulière où nous traversons ces paysages en silence, attentives à eux et à nos émotions profondes.

chloeka- randonnée Foret Noire Kappelrodeck- juin 2016-27

Avec la chaleur des jours passés entrecoupée d’orages réguliers, l’eau a nourri la terre et les plantes se sont épanouies irradiant une fantastique énergie.

chloeka- Randonnée à Kappelrodeck en Forêt Noire- juin 2016-10

Les panoramas aperçus dans les trouées de la forêt déployaient des figures fantasques et brumeuses sorties des contes et légendes nourrissant cette Forêt Noire.

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Nous nous sommes un peu égarées. Jamila découvrait pour la première fois les sentiers de ce relief montagneux. Sacré baptême pour elle ! Courageusement, elle a traversé les éléments.

chloeka- Randonnée à Kappelrodeck en Forêt Noire- juin 2016-3

Sur le chemin du retour, les fameux bars en libre service des distilleries de la Forêt Noire (tradition locale) nous ont permis de nous désaltérer avec un jus de fruit local.

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chloeka- schnapsquelle à Kappelrodeck juin 2016

De chouettes chiens nous ont aussi accueillies et fait la fête.

Nous sommes rentrées purifiées, heureuses…et incroyablement vivantes.

chloeka- randonnée Foret Noire Kappelrodeck- juin 2016-29

 

« Nuages,
Mirages,
Vivants. »

 

Georges Jean,
« Écrit sur la page », Gallimard, 2013.

 

Les brumes du Brandenkopf

   Oº°‘¨  Les brumes du Brandenkopf   ¨‘°ºO

chloeka- rando au Brandenkopf-juin 2016-36Ce mois de juin est marqué par des épisodes pluvieux plus ou moins violents et une indiscutable douceur de l’air ce qui met en joie la végétation locale, luxuriante à souhait.

La pluie ne me rebute pas pour explorer les montagnes proches, bien au contraire ! Elle crée une atmosphère fantastique où chaque élément vivant palpite dans toute sa minéralité.  C’est puissant et extrêmement intime. Les humains fuient pour la plupart ces temps pluvieux et, du coup, celui qui ose y pénétrer entre dans un univers de contes et de légendes sorti d’épopées ancestrales, un moment rare et précieux où les émotions peuvent s’exalter dans une union parfaite avec tous les éléments.

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Un moment de grâce absolue.

Dimanche, nous avons été trois courageu.ses.x à affronter la grisaille programmée pour découvrir le plus haut sommet de la Forêt Noire centrale, le Brandenkopf, et nous sommes revenu.e.s…enchanté.e.s !

Il culmine à 933 m., nous sommes parti.e.s à sa découverte à partir du joli village pittoresque d’Oberharmersbach.

chloeka- rando au Brandenkopf-juin 2016

Une pluie torrentielle tombait quand nous sommes sorti.e.s de la voiture.

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En 10 minutes, un ciel d’éclaircies l’a remplacée. Les cieux et leurs humeurs sont fantasques et créent des atmosphères frissonnantes et lumineuses. L’ombre et la lumière nourrissent la nature et la rendent vibrante.

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La montée est en continu à travers des prairies dégagées et des chemins forestiers larges parsemés de petits abris en bois.

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Au sommet, il y a des éoliennes fantomatiques, un restaurant, une tour de 33 m datant de 1929 qui offre un panorama abrité sur les montagnes voisines mais…nous étions dans le nuage.

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Alors, nous avons ôté nos capes de pluie et savouré notre repas. J’avais emporté la mousse au chocolat végane de mon restaurant favori, éthique, strasbourgeois, Vélicious. Elle a parfaitement supporté le transport dans mon sac à dos, juste protégée par un sachet (l’emballage est en amidon de maïs donc compostable) !

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Sur le chemin du retour, la forêt s’est ouverte sur de grandioses panoramas où les nuages tutoyaient les montagnes.

Merci Sarah & Yannick pour avoir partagé ces émotions ♥

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En forêt

[…]
Un vent d’été, qui souffle on ne sait d’où,
Erre en rêvant comme une âme de fou ;

Et, sous des yeux d’étoile épanouie,
La forêt chante avec un bruit de pluie.

Parfois il vient des gémissements doux
Des lointains bleus pleins d’oiseaux et de loups ;
[…]

Germain Nouveau (1851-1920)