Rochers de légendes aux portes du Walhalla

Rochers de légendes aux portes du Walhalla

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Dans l’exploration hebdomadaire de mes sentiers proches, je suis partie à la découverte des rochers des Vosges moyennes, entre Saverne et Sélestat.  Ces  lieux furent jadis peuplés de personnages étranges et légendaires. Des dieux, des guerriers, des elfes, des lutins ou des géants qui, au cours des siècles, se sont pour la plupart transformés en rochers porteurs de mythes nourrissant la part fantasque de notre humanité.

Sur les hauteurs d’un des 3 châteaux du site d’Ochsenstein.

Il y a plus d’un an j’avais découvert les majestueuses ruines du château d’Ochstenstein bâti sur 3 éperons de grès, dans la forêt domaniale de Saverne. C’est l’un de mes châteaux préférés en Alsace. Ce sont des ruines qui invitent à l’escapade de l’imaginaire et me projettent immédiatement dans les contrées des contes de fées de mon enfance. C’était par un jour d’avril gris que j’avais exploré pour la première fois ces lieux. L’été, l’ambiance change et la nature luxuriante fait un écrin foisonnant à ces pierres délaissées.

La maison forestière du Schaeferplatz.

Le départ de cette randonnée d’une bonne quinzaine de kilomètres et de plus de 500 m. de dénivelé se fait à partir du parking de la maison forestière de Schaeferplatz.

Circuit de la randonnée

A partir de là, il faut emprunter le balisage rectangle rouge/blanc/rouge qui conduit rapidement  par une montée ardue au premier rocher du parcours : celui du Hibou, piton de grès isolé dans la forêt.

Le rocher du Hibou.

Le chemin continue pour nous mener au rocher voisin du Hirschberg -montagne des cerfs, alt 555m- ( où trône le siège de Wotan ou Odin , dieu du Walhalla). C’est de ce lieu qui surplombe les collines boisées qu’ Odin observe les 9 mondes de la cosmologie nordique.

Tout au loin, le rocher du Dabo.
En montant vers le Hirschberg…

Vue sur le Krappenfels.

Le généreux panorama qui s’y déploie offre une vue vers le rocher du Dabo et le Krappenfels que nous explorerons plus tard dans la journée. Nous revenons sur nos pas pour retrouver le sentier au même balisage qui s’enfonce en descente dans les sous-bois (direction Lothringer Bächel) . 

Assez vite nous rejoignons un premier carrefour, celui du Billebaum.  

Au pied du reste du hêtre foudroyé, un cœur noir.

Un hêtre remarquable, d’une circonférence de 615 cm et âgé de 350 ans environ,  s’y trouvait mais il  fût victime d’une tempête le 25 mars 1989. Il n’en reste que les bases de son tronc édifié en mausolée.

Qui connait encore le mot transistor ?

 

Le chemin continue en suivant la direction de la maison forestière du Haberacker, traversant un paysage aux verts tendres et à la végétation luxuriante. 

A partir du parking de cette maison forestière, suivre le rectangle bleu (direction Geissfels) qui conduit, par une nouvelle montée assez vigoureuse à travers des sapins, à une immense clairière où le rocher de la Spill sera indiqué.

Le raide chemin menant vers la Spill et le Geissfels.

Voilà notre deuxième rocher de légende, monolithe haut de 9 m, qui représente pour certain-e-s le fuseau de Dame Berchta pétrifié.

Un visage menaçant se découpe dans le rocher.
La Spill

Sa légende est racontée sur le site de Randoalsacevosges : Dans la mythologie germanique, puis dans la tradition alsacienne, le travail du rouet devait être interrompu entre Noël et le jour des Rois. Cette période de l’année est aussi appelée Raunächte  (nuits de l’effroi). Jusqu’au 23 décembre, les jours raccourcissent, car le soleil, fasciné par la roue des fileuses se laissait entraîner dans l’obscurité par cette roue qui tourne. Les fileuses devaient donc arrêter leur travail, pour donner au soleil le signal d’inverser sa course, sinon toute la création était condamnée. Le diable, dont le but est de détruire toute chose, était à l’affût. Il apporta donc des fils d’argent à Dame Berchta, qui ne pouvant résister, se laissa prendre au piège. Elle commença immédiatement à filer, oubliant qu’on était le 23 décembre. Dame Berchta filait et le rouet tournait et tournait. Le Créateur voyant son oeuvre menacée, déclencha un terrible orage, la foudre détruisit la maison de la fileuse. Seul subsista son rouet sous la forme d’un fuseau, la Spill. Durant ces fameuses Raunächte, si vous collez votre oreille contre le rocher; vous entendrez travailler Dame Berchta.

D’immenses pylônes balafrent le paysage près du Geissfels.

Il faut revenir sur ses pas pour continuer le circuit vers le Geissfels (rocher de la chèvre), autre lieu de légende…

On raconte que le Geissfels est une des portes qui mène vers le Walhalla.  En dessous du rocher qui surplombe le paysage se trouve une grotte où se réunissaient les guerriers défunts en attendant que leur âme rejoigne le Walhalla. Pour leur donner l’énergie nécessaire à leur passage, une chèvre, debout au dessus d’une fissure donnant sur la grotte, leur donnait le lait nutritif de l’immortalité. Le Walhalla n’est autre que le paradis des guerriers méritants. (cf : Rémy Clodong « De Wangenbourg à Urmatt – Circuits dans les Vosges »). La vue y est superbe et donne sur le rocher du Dabo dont on s’est rapproché.

La randonnée se poursuit en empruntant toujours le balisage rectangle bleu qui descend à flan de montagne et contourne par le dessous le Geissfels.

A un carrefour plus bas, il faut continuer par le rectangle rouge GR53 (sur la droite) qui nous ramène à la maison forestière du Haberacker.

C’est là qu’il faut reprendre le rectangle bleu qui va traverser tous les rochers suivants et nous conduire vers les magnifiques ruines de l’Ochstenstein où s’emmêlent promontoires rocheux et vestiges médiévaux.

 

Quelques marches nous mènent sur le plateau du Schlossberg.

Les fougères souffrent des températures caniculaires de l’été.

La ligne de crête traversée offre un admirable panorama sur la plaine d’Alsace à l’Est et les reliefs boisés de la Lorraine à l’Ouest.

La plaine d’Alsace

A un endroit, au pied d’un arbre se trouvent, Hugin (esprit) et Munin (mémoire), les 2 corbeaux d’Odin transformés également en rochers. Dans la mythologie nordiques, ces 2 messagers parcouraient le monde de l’aube au crépuscule. Le soir tombant, ils rentraient murmurer à l’oreille de leur maître ce qu’ils avaient vu et entendu durant la journée.

Nous entamons ensuite une nouvelle descente dans la forêt assombrie par les sapins qui va nous mener au col du Krappenfells et à l’imposant éperon de conglomérat du même nom qui est la sentinelle gardant l’accès au Wuestenberg, visible depuis le Schlossberg. 

Là nous entrons dans un autre pan de l’intemporalité et partons sur les chemins de la préhistoire. La vue qui s’y déploie est à couper le souffle.  J’ai envie de me poser là, de ne plus repartir, de savourer ces panoramas qui commencent à être nimbés de la lumière particulière de la fin d’après-midi, celle qui ressemble à une caresse sur les verts de la forêt.

 

Un arbre foudroyé.

Le plateau du Wuestenberg était un refuge préhistorique dont subsistent encore des vestiges de murailles aux endroits non protégés par la ceinture naturelle des rochers.  Aujourd’hui, on appelle ces murailles, le « mur païen », comme à peu près toutes les constructions datant d’avant la naissance du Christ.  Les restes de ce mur païen (environ 1m de haut sur 1,5 m d’épaisseur) coupe le plateau dans le sens Est-Ouest. Des tuiles gallo-romaines et des fragments de meules datant de la tène (2ème âge de fer allant de -400 à -58 ) ont été découvert-e-s au XIXè s. Une grande partie, de ce mur païen en pierres sèches, sera transportée vers le Schlossberg et réutilisée pour la construction du château d’Ochsenstein.

Le mur païen
Le mur païen
Pierre des druides
Vestiges d’un habitat très ancien.
La forêt habitée.

D’autres vestiges marquent cet endroit : une énigmatique Pierre des Druides, un soubassement d’habitat… Des meules dormantes sont également disséminées sur le plateau du Wuestenberg, preuve que les humain-e-s occupaient cette montagne de façon durable. Une puissante force tellurique habite cet endroit.

Cairn

Dans l’enthousiasme de nos découvertes nous avons manqué le sentier de descente et nous nous sommes un peu égarées dans les bois de feuillus alentours♥.

On a finalement retrouvé le rectangle bleu empruntant une sente qui plonge à travers la forêt sombre,  à un moment il y a un croisement de chemins et il faut suivre la direction « maisonnette de pierres », qui bifurque sur la gauche et qui nous mène à la fontaine HaemmerlinJ’ai entendu de loin chanter son mince filet d’eau. Par ces fortes chaleurs estivales, nous y avons trempé nos bras, lavé nos mains et notre visage et sa fraîcheur fut revigorante.

La fontaine Haemmerlin

La descente se poursuit et conduit à un petit pont de bois qu’il faut traverser au dessus du ruisseau Langenthalbach.

A partir de là il faut suivre le balisage rectangle bleu/blanc/bleu sur la droite qui remonte en pente douce vers notre point de départ (en 20 minutes).

♥ Je suis retournée sur les lieux la semaine suivante et j’ai trouvé le sentier que nous n’avions pas vu la première fois et pour cause, nous étions littéralement happée par l’attraction du site néolithique. Le sentier descend quasiment à flan de paroi au début du site, juste avant le panneau qui indique la Pierre des Druides. Un cairn en marque le passage. Ce sentier traverse la forêt en zigzaguant et plusieurs cairns aux formes amusantes égrènent le chemin.

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LES ARBRES ME PARLENT, DIT IDIR

Que racontent donc ces végétaux en leur majesté ombrageante ?
Quelles vertus relatent-ils à travers leur douce chorégraphie…
ainsi menée par le vent ?
Sont-ce des paroles augurantes ou le récit de leur trace séculaire ?

Ces arbres demeurent le symbole d’une nature meurtrie qui s’époumone
reclus dans un bastion précaire, à l’abri de « celui » qui la saccage puis la préserve

Zéphyr et brise bousculent alors les feuillages de leur souffle salvateur
Que racontent donc ces murmures ?

Nadia Ben Slima, 2015

 

 

 

 

Le Jura et ses ruisseaux contés – été 2018

Le Jura et ses ruisseaux contés – été 2018

•Journal de voyage•

Jour 1 – 19 juillet • Découverte de l’ « autre » Alésia

Mouchard, la commune où nous logeons est dans le Jura. C’est un petit bourg charmant mais trop bétonné à mon goût. Nous sommes hébergées dans une immense maison franc-comtoise que Monsieur Louis, le charmant monsieur retraité des lieux, a séparée en trois appartements indépendants. Un immense jardin clos est à notre disposition avec des arbres fruitiers qui font le bonheur des chiennes.  L’église et son clocher typique de la région est à côté et rythme nos journées de façon décalée (les cloches sonnent de manière impromptue et à des moments improbables). La chaleur est écrasante.

Comme Suzy nous réveille aux aurores (6h ce matin), nous sommes parties découvrir les sentiers de la région tôt et c’est beaucoup plus agréable.  Avant de partir, je promène Colette car sa morphologie ne lui permet pas de nous accompagner. Elle a droit à ses balades matinales et aussi en soirée, là où les heures sont plus fraîches et respirables.

A ½  h d’ici, il y a le hameau d’Alaise qui revendique le nom d’Alésia, l’oppidum où Vercingétorix a mené sa dernière bataille. C’est Alphonse Delacroix, siégeant à la Société d’Emulation du Doubs, en 1855 qui aurait spécifié cette extravagance historique. Le patrimoine archéologique est composé de tumuli des âges du fer et de vestiges gallo-romains.  Une boucle bien nommée « La Gauloise » permet de faire le tour de ces vestiges. Elle traverse un joli bois moussu et empierré et conduit à un belvédère à la vue époustouflante sur les plateaux verdoyants du Jura et les gorges du Lison. Les vestiges sont constitués d’abris sous roche et de restes de murailles blanches.

La roche calcaire affleure partout, et des amoncellements de pierre dessinent le paysage. La sente descend le long des falaises crayeuses. Tous les troncs des arbres sont recouverts de cette mousse épaisse qui donne des airs de conte aux chemins parcourus. Les papillons accompagnent nos pas. C’est féerique. Nous sommes seules dans ce décor intemporel.  Au bout de presque 1h de cette descente magique, nous arrivons au Lison.  Pause bienvenue pour Emma et Suzy qui s’éclatent dans l’eau fraîche de la rivière.

Le retour se fait par le GR 590 sur large un chemin forestier  mais qui semble totalement abandonné des vicissitudes de l’humanité… épilobes et balsamines ont envahi ses pierres et nous font une haie délicate entre les sapins immenses où respire la forêt.  C’est beau et puissant et je me sens infiniment petite et en même temps infiniment complète dans cette respiration.

Le retour au hameau est plus rude car midi est avancé et la chaleur est de plus en plus étouffante quand on quitte les bois.

L’après-midi sera plus lente : lecture, sieste et rêveries au gîte sauf pour Emma qui veille !

Jour 2 – 20 juillet  •  Le grand méandre de la Loue

« Vers le sud, point n’était besoin de mur de bois ni de pierre : la tour seigneuriale déploie ses ailes dépareillées au sommet d’une falaise abrupte au pied de laquelle coule la Loue. La tranquille rivière continue de lécher l’escarpement rocheux, s’appliquant à dessiner depuis toujours les mêmes boucles vertes sur la terre ».

                                                    Carole Martinez – Du domaine des murmures.

Un vent tiède apaise la torpeur du jour. Des orages sont annoncés pour la fin de journée.

Ce matin, c’est la Loue que nous sommes parties découvrir, plus vers le Nord. Une mini randonnée de 8 km sur les bords de cette large rivière caressée par des plantes aquatiques fleuries qui lui font une poétique et printanière coiffure blanche.

Emma est particulièrement pénible aujourd’hui. Sa truffe a dicté ses émotions et elle n’écoute RIEN ! Elle a d’abord commencé par chasser un troupeau de vaches apeurées (les pauvres) dans un immense champ clôturé.  Peu d’espaces sont ouverts et c’est regrettable. Les paysages sont façonnés par l’élevage qui cloisonne la nature.  Je dois particulièrement veiller justement à Emma qui ne comprend pas le principe d’une clôture.

Quand elle est lancée, conditionnée par son odorat, plus rien n’a d’importance. Dans ce pays de falaises et de fils barbelés, j’essaye d’être particulièrement vigilante.

Les filles se sont baignées dans la Loue.

La 2e partie du parcours s’est faite sur les hauteurs de Chenecey-Buillon, dans un joli sous bois peuplés de hêtres moussus et de murgers, ces murs de pierres sèches construits par les paysans d’antan, quand, labourant leurs champs jonchés de ces grosses pierres blanches, ils les déposaient à la limite de leur propriété. Tous les bois alentours en possèdent et ils jalonnent les chemins de randonnée. Un belvédère offre une vue panoramique sur ce méandre de la Loue à un peu plus de 400 m d’altitude.  On y voit aussi la tour en ruine d’un château féodal du IXè s. dévoré par la verdure, le château de Charencey.

Le chemin du retour s’effectue par un large sentier en sous-bois découpé par des trouées champêtres de part et d’autre. Emma sent toutes les bêtes libres qui peuplent ces lieux, elle est constamment à l’affût, vieil instinct de survie qui conditionne ses états d’âme quand nous sommes dans ces paysages boisés.  J’ai du la tenir en laisse une bonne partie du parcours.

Jour 3 – 21 juillet • Découverte de la reculée des Planches

La matinée a débuté doucement.  Hier soir il a plu et le ciel du matin était gris avec le fond de l’air humide. Du coup j’en ai profité pour balader Colette plus longuement avec Suzy. Nous sommes montées sur la colline avoisinante où sont cultivées les vignes de l’Arbois. Un immense Christ est posé à flanc de pente, une plaque précise qu’il est installé là, à surveiller la vallée, tel un mage aux supers pouvoirs, en commémoration de la seconde Guerre Mondiale. Au-delà des vignes, un bois couvre le sommet des lieux. Ici les bois ont tous des airs mélancoliques et ténébreux peuplés d’êtres invisibles.  Colette et Suzy ont apprécié.

Phlau n’était pas motivée pour bouger. Vers 15h, je l’ai convaincue de partir découvrir un lieu qui me faisait de l’œil sur ma carte de randonnée du pays d’Arbois (3325 OT) : une « fameuse » reculée du Jura. Les géographes ont officialisé ce terme : c’est « une longue vallée qui pénètre à l’intérieur d’un plateau calcaire à couches horizontales, et qui se termine brutalement en bout de monde, au fond d’un cirque calcaire, au pied duquel jaillit une résurgence ». Le Jura possède plusieurs reculées, celle de La Planche est typique.

La Cuisance coule dans cette curiosité géographique. Ce bout du monde est un paradis. La végétation y est dense, quasi tropicale, les arbres s’accrochent aux lapiaz et montent à l’assaut des falaises calcaires. Des trous sombres ouvrent la roche et des profils inquiétants découpent ses promontoires et habitent la forêt d’émotions étranges.  Le cirque du Fer à Cheval clos cet univers.  Cette forêt est composée de chênes sessiles, de taillis de charmes abondants et de quelques hêtres. Le tapis herbeux est riche et diversifié.  Les bryophytes foisonnent où chantent la rivière et créent cet univers féérique particulier des forêts jurassiennes.  Les tufs ou travertins délimitent les paliers de la Cuisance qui a des eaux bleues turquoise par endroit et qui enchantent le paysage. C’est paradisiaque !

La première source, la Petite Source de la Cuisance, est située au fond du Cirque du Fer à Cheval et donne naissance à la Petite Cuisance qui descend la reculée sur 1,7 km avant de confluer avec la Grande Cuisance dans le village de Les Planches-près-Arbois.

Dans le village des Planches, il y a un bar qui fait restauration bio et qui propose des menus végétaliens. Nous y avons dégusté de divins sorbets.

Au retour, nous sommes montées sur les hauteurs pour admirer cette reculée à partir de belvédères. Nous avons fini avec le château en ruines (dont il ne reste qu’un mur ouvert sur quelques pierres vestiges et une pièce au milieu de la végétation) de La Châtelaine où a vécu Mahaut d’Artois au XIII- XIVè s. (connue du grand public pour son rôle dans la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon). La lumière du soir faisait des ombres longues sur les fougères et les pierres amoncelées.

Jour 4 – 22 juillet • Port-Lesney et l’ermitage de Notre Dame de Lorette

Ce dimanche fut un dimanche à la campagne…tout en lenteur et quiétude, accentué encore par la torpeur estivale. J’aime l’ambiance de ces villages francs-comtois, échappée d’une bulle temporelle des années 50. Aujourd’hui, nous avons investi le jardin immense du 2 rue de la Fontaine. Petit-déjeuner tardif sous le poirier puis nous avons étalé un drap sous ce même poirier et avons paressé avec des lectures variées.

Après 16h, je suis partie seule avec Suzy, explorer les hauteurs du village voisin, Port-Lesney où coule la Loue.

Une jolie balade de deux heures dans un massif boisé aux beaux sentiers traversant les forêts profondes de ce pays. Cette promenade nous a conduites vers l’Ermitage de Notre-Dame-De-Lorette perché à l’à-pic de la vallée. Suzy est parfaite, elle me suit avec application, parfois me devance un peu mais garde toujours un œil vigilant sur mes mouvements. Et quand nous faisons des pauses elle surveille continuellement les alentours. Je craignais que la chaleur ne l’épuise trop vite et j’ai veillé  ce que nous restions toujours dans les sous-bois. Nous sommes revenues par un sentier plus étroit faisant une trouée magique dans ces frondaisons denses où coulait un ru qui a fait la joie de Suzy et apparemment celles des moustiques ambiants.

Un poème était accroché à un tronc d’arbre.

A notre retour au village, Suzy s’est jointe aux touristes locaux pour se baigner dans la Loue au pied du pont en fer qui la traverse. L’ambiance respire la simplicité, des familles profitent des joies de la rivière. Cette atmosphère  a presque le goût de mon enfance et c’est sans doute pour cette raison que je me sens si bien dans ces lieux quasiment décalés.

Jour 5 – 23 juillet • Le belvédère du Vieux-Château, le Pont du Diable et les Sources du Lison.

Aujourd’hui nous sommes reparties tôt explorer les campagnes alentours afin de profiter un peu de la fraicheur qui se fait de plus en plus rare. De Crouzet-Migette, un joli bourg étalé aux vieilles maisons empierrées, nous sommes descendues par un sentier qui traversait encore de magnifiques sous-bois. Ici, sous les sapins, la forêt respire et déploie tout une variété d’arbustes qui lui font de somptueux dégradés de verts sous la majesté des conifères. Comme pour toutes nos randonnées, nous n’avons croisé personne sur les chemins empruntés.

La montée vers le belvédère du Vieux-Château est assez rude car pentue et semée de rochers détachés des falaises qui surplombent le paysage. J’ai déjà constaté qu’Emma a un puissant flair (de chasseuse) et que quand elle a flairé un autre animal, plus rien n’existe sauf cet autre être. Elle finit toujours par revenir car c’est également une craintive viscérale (ce qui me rassure) mais avec ces contrées où les falaises tombent à pic, son impulsivité me fait craindre le pire donc je la garde en laisse à mes côtés.

Après la pause méritée sur les hauteurs, nous sommes redescendues vers les campagnes aux champs clos typiques de cette région. Il y a des barbelés partout. Quand on y pense et qu’on change son regard sur les choses c’est infiniment triste de se dire que ces magnifiques espaces sont cloisonnés pour une mise en esclavage et pour l’exploitation d’êtres sensibles. Finalement, moi randonneuse, je ne suis pas libre de savourer pleinement ces belles étendues car je suis aussi contrainte par ces cloisonnements. J’ai appris plus petite que ma liberté finissait là où commence celle d’autrui. Autrui est qui dans ce contexte ? L’exploitant-e agricole… et on revient toujours à notre société patriarcale inscrite jusque dans nos paysages ruraux.

Après la traversée du village de Ste Anne, nous avons emprunté un bout de départementale pour arriver au Pont du Diable. Impressionnant pont qui surplombe un précipice étroit où coule le ruisseau de Château-Renaud. Quelques marches nous conduisent sous le pont, un peu plus encore au bord du précipice, où trône l’impressionnant visage du diable sculpté dans la clef de voûte du pont. Son nom provient d’une légende selon laquelle l’entrepreneur chargé de sa construction, un nommé Babet de Salins-les-Bains, désespéré de ne pouvoir tenir le délai annoncé après plusieurs effondrements en cours de construction, accepte un pacte avec le Diable pour terminer le chantier à temps.

Le pont du diable

Suzy a fait une collecte remarquable de tiques ! Les deux louloutes sont épuisées et la chaleur commence à être pénible. Elles ont pu se rafraichir dans une baignoire naturelle au creux du lit quasi sec du ruisseau.

Le retour se fait en longeant la lisière de champs encore clos.

Nous finissons notre périple du jour par la découverte de la source du Lison, fantastique jaillissement en une cascade tumultueuse à même la falaise où quelques vacancièr-e-s se baignent, savourant la fraîcheur bienfaitrice de l’eau vive.

 

Nous rentrons par les jolis méandres des routes de montagne où chaque tournant invite à d’autres escapades de l’imaginaire.

Ce soir, Cyrille, le cousin de Phlau vient dîner au gîte.

Jour 6 –24 juillet  • Retour à la reculée des Planches

Je suis définitivement conquise par la Cuisance et sa résurgence dans la reculée des Planches, ses cascades à tufs (travertins) et la froideur bénéfique de ses eaux par ces températures caniculaires.  Nous y sommes retournées ce matin, avec les trois chiennes, idéal pour Colette qui peut ainsi savourer les joies d’une balade sans souffrir. Nous y avons croisé quelques rares touristes. Nous avons profité de l’espace ouvert du champ du Toux pour nous poser, apprécier encore les hautes falaises blanches et boisées de cette splendide reculée. Les chiennes s’en sont données à cœur joie (j’aime cette expression) dans les prés, dans l’eau vive…

Nous avons déjeuné au Bistrot des Planches où nous avions réservé deux menus végétaliens, savoureux. Nous sommes retournées tremper nos pieds, nos jambes dans la Cuisance. Je ne me lasse pas de ses eaux translucides, turquoises par endroit, de son décor paradisiaque gorgé de verts où les racines des arbres font des entrelacs fantasmagoriques, où l’eau chante inlassablement semblant se moquer des températures infernales des campagnes voisines.

Nous y passerons encore la journée de demain, c’est tellement revivifiant !

Au retour nous avons fait une pause à Arbois, minuscule et charmante ville au creux des vignes. Là aussi le temps semble s’être figé. Il y a encore des panneaux signalétiques qui annoncent la direction des… P.T.T. !  Certaines rues sont joyeusement ornées par des bulles gigantesques aériennes aux décorations scintillantes qui rappellent les fêtes de Noël, pleines de poésie, la place centrale est également égayée de guirlandes qui l’habillent à partir de sa fontaine qui trône en son milieu.

Oui, je suis ailleurs, dans un ailleurs « vieille France » où le temps prend un autre rythme et où les personnes croisées ont toutes  le sourire aux lèvres.  Ici les gens sont tous aimables et accueillants.

Jour 7- 25 juillet • La Roche du Feu (Mesnay)

La chaleur est de plus en plus écrasante. Nous décidons que cette dernière matinée sera consacrée à Colette qui peut s’éclater avec bonheur dans la fraicheur de la Cuisance. Nous repartons vers Arbois, définitivement conquises par cet endroit. Le matin, la reculée est déserte et c’est une véritable grâce de pouvoir en jouir ainsi. Nous quittons les lieux aux environs de 11h pour retrouver notre gîte dont les murs épais garantissent le frais des pièces. Ce n’est que vers 17h que Phlau et moi repartons (sans les chiennes) pour une dernière découverte des forêts et hauteurs des parages. J’ai décidé d’explorer un autre emplacement de cette reculée : la Roche du Feu, falaise située à l’Est de cette vallée. Une dernière et courte randonnée (7 km) pour saluer une ultime fois ces lieux. La lumière du soir irise les paysages et traverse les feuillages de ses rayons obliques, lénifiant les sous-bois. Chaque forme caressée par cette lumière miellée prend une texture ciselée qui la magnifie. Les forêts ont vraiment une densité particulière. La vie irradie partout et sous une infinité de formes.

Nous rentrons, repues.  Les bois sont une nourriture certaine et inépuisable pour recharger mes batteries.

Le retour se fera demain par 30°C. Heureusement qu’il n’y a que 300 km à parcourir et que la voiture est climatisée ce qui permet à Colette de dormir tranquille à la place du passager…

Regards

intemporalité
intemporalité
Pouic-Pouic & Jean-Luc Daub à la Ferme d’Henni le cochon où un monde d’amour et d’empathie est possible.
Sasha dans son cocon humain : Margot.

Tartinade crue betterave & carotte

Je sais que cuisiner végétal pour certain-e-s semble complexe en raison des ingrédients. Voilà une recette composée d’ingrédients simples et faciles à trouver puisque le lait d’amande se trouve même au Super U. De plus, elle est ultra rapide à faire puisqu’il n’y a aucune cuisson et elle est donc pleine de vitamines. On connait les bienfaits de la carotte et la betterave crue est une aussi mine de richesse pour le corps. Pour confirmer mes dires un excellent article sur la betterave est par là > Bonheur et Santé  !

chloeka- ingrédients tartinade betteraves carottesDans ma liste j’ai oublié l’échalote ! A rajouter. Et si vous aimez un goût plus prononcé, n’hésitez pas à y mettre de l’ail.

Les graines de chia sont une option, vous pouvez vous en passer. Elles permettent cependant de « tenir » la tartinade. C’est un excellent ingrédient pour remplacer les œufs. Mais sinon elles se trouvent sans problème dans les magasins bio. Pour ceux et celles qui habitent la frontière allemande comme moi, nous pouvons en trouver à Kaufland, au rayon des graines, à un prix défiant toute concurrence !

chloeka- ingrédients tartinade carotte betteravechloeka Tartinade crue betterave carotte Aout 2015-2Vous mettez tous ces ingrédients dans votre mixer.

chloeka Tartinade crue betterave carotte Aout 2015-9Et hop, cinq minutes plus tard, à la puissance maximale, vous obtenez votre tartinade au joli rose violacé.

chloeka Tartinade crue betterave carotte Aout 2015-10chloeka Tartinade crue betterave carotte Aout 2015-13Ensuite vous la conservez au froid et vous la savourez sur des tranches de pain ou vous y trempez vos légumes d’été en vous en mettant plein les doigts ! Personnellement, j’adore la consommer avec des graines germées.

chloeka Tartinade crue betterave carotte Aout 2015-21s

 

Mes paysages sublimés

Un jour je me suis égarée dans les paysages de Jan van Goyen, peintre et dessinateur néerlandais du XVIIè siècle.
Ils ont porté mon imaginaire et transcendé ma réalité.

chloeka - le chemin enneigé
Le chemin givré.
"Ma" gallinula chloropus
« Ma » gallinula chloropus
Chemin de fin d'été.
Chemin de fin d’été.
La Baie de Somme en mai.
La Baie de Somme en mai.

 http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/g/goyen/index.html

Ballastière, 1er jour de décembre 2017, lumière du soir.

Les tourbières de Kaltenbronn

Les tourbières de Kaltenbronn

Au sud-est de Gernsbach, au-dessus du district de Reichental et au milieu d’une vaste zone forestière se trouvent les tourbières de Kaltenbronn  à plus de 900 mètres d’altitude. C’est la plus grande zone de haute montagne naturelle en Allemagne. Elle est classée réserve naturelle depuis plus de 60 ans.

 

Le développement des tourbières remonte à environ 10 000 ans, lors de la dernière période glacière.
Écosystème sensible où il est interdit de marcher, le parcours est balisé par une passerelle en bois qui protège ces marécages saturés d’eau sur des centaines de mètres et nous permet de découvrir tranquillement, sans avoir les pieds mouillés, cette terre meuble et gorgée d’humidité qui abrite de précieux lacs solitaires et sauvages :

Nous sommes parties de Strasbourg , Cédrine et moi, vers 7h. Il a fallu 1h30 pour atteindre le parking de départ de la randonnée à Kaltenbronn, près de Baden-Baden.

Un lundi, sous une bruine matinale, les sentiers étaient désertés par les humain-e-s pour notre plus grand bonheur.  Nous avons d’abord pris la direction du Hohlohsee, belle montée à travers une forêt où la brume drapait les frondaisons de lambeaux de mystère.

Avec le sentiment que tout palpite plus intensément et que nous sommes étreintes par un monde instinctif et secret. C’était magnifique. L’eau perlait et chantait partout avec cette indicible couleur dorée et transparente particulière aux ruisseaux de la Forêt Noire.

 

 

Le Hohlohsee

Après le lac, il y a une tour de 28,6 mètres qui permet d’admirer le panorama à 984 mètre d’altitude. Mais comme nous traversions des nuages, j’ai pu contempler en hauteur le mouvement de ces nuées qui noyaient le paysage d’une dense limite laiteuse.

Vue de la Hohlohturm
Vue de la Hohlohturm

Nous sommes redescendues vers Kaltenbronn afin d’emprunter le chemin qui mène au second espace de marécages et qui le traverse : le « Naturerlebnispfad Kaltbronn« .

Naturerlebnispfad Kaltbronn

La traversée est longue et surprenante sur ces planches de bois. Le paysage est habité par de nombreux pins et des bouleaux et toute une végétation de mousses, lichens, d’airelles et de carex jaunis par l’automne avancé.  Le Wildsee apparaît comme par enchantement entre deux souffles de brume, inaccessible et insondable. Écrin liquide baigné de poésie.

Le Wildsee
Le Wildsee

Nous poursuivons plus loin, notre cheminement. Le Hornsee est encore plus inaccessible, caché au milieu d’une végétation de début de monde ou de chaos de fin des temps.

Nos pas nous conduisent au delà des tourbières, sur des sentiers plus larges, bordés de variétés surprenantes, toutes plus colorées les unes que les autres, de champignons inattendus et saisissants. Les fougères brunies font un cordon dentelé aux pieds des majestueux épicéas de la forêt traversée.

Sur le chemin du retour, le soleil a même réussi a percé les nuages. Des milliers de gouttes, accrochées aux branchages des arbres, miroitent dans ses furtives apparitions.

Nous retrouvons la voiture après 5 heures (environ 20 km) de marche, repues d’émotions denses et nourricières.

« Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime. »

George Sand- A Aurore.

 

Les CEREALES ANCIENNES

EXPOSITION ✶ Les CEREALES ANCIENNES ✶

à   La Bäckerstub
dans le cadre du Faubourg des Créateurs.

pour sa 4ème édition

du samedi 30 septembre 2017 au dimanche1er octobre 2017

de 10h à 18h.

Conservatoire-de-céréales-anciennes-Seebach-Ferme Aux Sept Grains-emmer-noir

Le Faubourg des créateurs, c’est quoi  ?
> Un projet, né en 2014 d’une rencontre entre des artistes et des artisans du quartier, qui a pris de l’ampleur d’année en année et qui est devenu un temps fort de la vie du quartier.
> Une initiative originale et novatrice dans le quartier du Faubourg de Pierre avec un parcours artistique du Samedi au Dimanche de 10h à 18h,
et des animations et performances en live ouvertes à toutes et tous.

Le plan pour visiter tous les lieux qui accueillent un ou une artiste.

La Bäckerstub,  boulangerie bio située Place Clément (à côté des Halles) à Strasbourg, m’a donc conviée à exposer mes photos de céréales anciennes que j’ai glanées dans les champs de La Ferme Aux Sept Grains et ceux de Remi Jung. meunier et céréalier au Moulin de la Waldmuhle. Ce qui tombe bien puisque ce céréalier est l’un des fournisseurs de la Bäckerstub !

Les céréales anciennes, oubliées au profit de l’agriculture intensive, sont un retour aux sources de ce qui est essentiel.

Pourquoi les remettre à la lumière ? Parce qu’elles sont sans contexte notre part d’avenir ré-humanisée dans le respect de toutes les productions de la Terre.

L’exposition durera tout le mois d’octobre et se prolongera en novembre.

Conservatoire-de-céréales-anciennes-Seebach-Ferme aux Sept Grains- Petit épeautre.

 

Le Wildsee, le bien nommé.

Le Wildsee, le bien nommé.

J’aime la pluie. J’aime la pluie dans ce qu’elle a d’intime et de nourrissant, dans son potentiel à créer des moments de solitude particuliers qui forcent le repli sur soi. J’aime la pluie dans sa dimension mélancolique aussi, ce vague à l’âme qui s’ouvre et laisse couler un état de l’être plus lent et plus attentif.

Mais j’aime surtout la pluie au cœur de la nature où elle devient chantante, palpitante et magnifie les paysages, créant des univers de contes, fantasques et fantastiques. Le trésor de ces ondées est que les humains les esquivent. L’être humain n’aime pas être mouillé de façon générale. Pourtant c’est là qu’une autre dimension s’ouvre avec la nature. C’est dans ces moments, qui sont de grâce pour moi, que je peux totalement me fondre avec le macrocosme. Je suis l’herbe qui vibre, l’eau qui ruisselle de partout, chantante et joyeuse, la feuille qui s’égoutte, l’oiseau qui continue son chant au-delà du chant de l’ondée, la brume qui habille les paysages de voiles mouvants et les fougères qui chuchotent au vent leur ravissement de pouvoir s’épanouir à nouveau, repue et exaucée.

C’est donc sous une pluie continue que je suis partie explorer d’autres sentiers de la Forêt Noire.

Sarah

En ce moment, je me glisse avec plaisir dans les cartes topographiques qui s’amoncellent sur mon bureau. J’aime cette lecture particulière qui m’invite à transposer mon imaginaire au delà des courbes de dénivelés, des chemins qui se croisent et s’entremêlent, des espaces hachurés, bleutés, blancs ou noyés de vert. J’y cherche encore et toujours l’eau.

C’est la rondeur bleue et minuscule de ce lac appelé le Wildsee qui a attiré mon oeil sur la carte Kompass 877.

J’ai donc dessiné une boucle de randonnée pour découvrir ce lac d’origine glaciaire situé au cœur d’un environnement quasi intact, préservé.  Boucle d’une quinzaine de kilomètres et d’environ 500 m de dénivelé.

Sarah m’a accompagnée dans la découverte de ces nouveaux sentiers.  Comme moi, elle aime entendre chanter la nature sous la pluie.

Nous sommes parties du parking de Seibelsecke (à côté du Mummelsee), empruntant une sente en descente entre les conifères et les fougères denses pour rejoindre le ruisseau tumultueux du Kesselbach.  Une eau dorée et vive déferle sur des cailloux moussus et rebondit gaillardement sur tous les obstacles qui entravent son impétuosité.

La sente de la toute première descente menant au Kesselbach.
Le ruisseau du Kesselbach.

Le chemin suit son parcours en direction d’Hinterer Langenbach. A un moment, nous avons traversé un large pont de bois et poursuivi sur un sentier longeant un enclos de biches curieuses où trônait également un magnifique cerf.

Au hameau d’Hinterer Langenbach, la direction du Wildsee est indiquée à 5 km vers le Sud. C’est là que débute la montée. Les chemins s’élargissent. Tous sont noyés par l’eau de pluie. Nos pieds sont trempés mais peu importe. Chaque nouvelle perspective déploie une infinie de panoramas tous plus beaux les uns que les autres. Nous avons même croisé une salamandre.

C’est sur les plus hautes altitudes que les sentiers se rétrécissent à nouveau, traversés de racines noueuses et glissantes, de flaques frissonnantes sous le martèlement régulier de la pluie qui ne faiblit pas.

L’arrivée au lac est soudaine, il apparaît dans une échancrure de paysage, discret et solitaire, beauté farouche protégée par des sapins sombres à la cime noyée de brume. Nous y restons un moment savourant la plénitude de l’instant. Un abri de bois nous offre le refuge.

La remontée se fait par un sentier étroit et raide semé d’embûches et de rochers.

Quand les traces de la terre forment des cœurs…

Les hauteurs gardent les séquelles de la tempête Lothar de décembre 1999.

La pluie a cessé mais le paysage est clos par un habit de brume dense. Sur la crête, nous rejoignons une route forestière plus large où les nuances infinies des verts de l’été s’emmêlent au violet des bruyères en fleurs.

C’est par cette piste plus large que nous retrouvons le parking du départ en passant devant l’imposante Darmstädter Hütte.

Darmstädter Hütte

« chers randonneurs, faites attention à ce que vous laissez en forêt et dans la prairie. bouteilles, boites ( de conserves) et papier, nous vous le demandons, ne laissez pas ces choses ici. les emballages se laissent facilement rapporter chez vous, si son contenu se retrouve dans l’estomac. ramenez-les à la maison, jetez-le là bas, car les déchets sont en forêt ou dans la prairie au mauvais endroit. » (Merci Jean-Marc pour la traduction.)
Panneau se situant près de la Darmstädter Hütte > « Que tout ce qui a du souffle ( qui respire ), loue le Seigneur » (extrait de la Bible) « Notre pays avec sa splendeur, ses montagnes, ses campagnes, sont les témoins de ta puissance, les traces de ta bonté paternelle tout en nous adore, tu nous as fais quelque chose de Grand » – Kaspar von Greyerz- (et encore Merci à Jean-Marc pour la traduction !)
Trempées mais heureuses !

Etant tombée en amour de ce lac, j’y retourne avec grand plaisir d’autant qu’il n’est qu’à 3/4 d’heure de ma maison. Voici quelques photos prises dans la lumière solaire de l’été.

RoseMay & Aurélien

RoseMay & Aurélien

 

« Mes » marié-e-s se sont dit-e-s OUI au cœur de l’été sous un soleil intense où la lumière ruisselait partout.

La cérémonie civile ainsi que le mariage à l’église se sont déroulé-e-s à Dalhenheim, village alsacien.

La matinée fut consacrée aux préparatifs de la mariée : coiffure et maquillage.

Pour la mairie, RoseMay avait fait le choix de porter un sari, tenue traditionnelle indienne, en hommage à ses origines.

A l’église, elle portait une splendide robe fourreau accompagné d’un voile.

Les deux marié-e-s rayonnaient.

La suite du mariage s’est faite à Vendenheim.

WE à BELCHENBACH au cœur de la Nature

Belchenbach- Deux jours  chez Alain & Sabine

17/18 juin 2017

C’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé Alain et Sabine dans leur maison accrochée à flan de colline au pied du Petit Ballon des Vosges. Ce lieu est classé  gîte PANDA de WWF cela signifie qu’il est au plus près de la nature : toilettes sèches, autonome en électricité, permaculture, nourriture végane et pour s’y rendre il y a ½ heure de sentier à grimper car la voiture n’y a pas accès.

WWF accorde son label lorsqu’un gîte répond à trois conditions :

  • La Biodiversité & la protection de la nature : les jardins et espaces naturels sont de véritables refuges pour la faune et flore. ;
  • Eco habitat : matériaux sains et naturels utilisés dans la rénovation du bâti, dispositifs à économie d’énergie, etc.;
  • Ecocitoyenneté : tri des déchets, compost, récupération des eaux de pluie, produits d’entretien biodégradables, mobilités douces valorisées, etc..

Belchenbach est un petit havre intégrant le réseau Natura 2000, réseau européen de sites abritant entre autre des milieux naturels. L’objectif de ce réseau de sites est de concourir à la conservation de la biodiversité.

Je l’avais découvert l’an passé lors d’un we organisé par l’Association Végétarienne de France. Je suis restée en lien avec Alain et Sabine dont les choix de vie me parlent. J’aime ce qu’ils sont, cela résonne en moi. Justine partant rejoindre le Monde dans moins d’un mois, nous avons décidé de nous offrir cette pause au cœur de la nature afin d’ancrer encore davantage (si c’est possible) ce lien qui nous unit.

C’est dans ces moments que je trouve toute la force de continuer mon militantisme. La nature est puissante et les êtres qui font le choix de la respecter apportent des énergies hautes dans leur quotidien.

Chacune des palpitations de cette Nature vibre dans toutes les parcelles de mes cellules. Elle me nourrissent et me libèrent.

Nous sommes arrivées en fin d’après-midi le samedi. Notre première nuit fut profonde et réparatrice. Au réveil, nous avons pris notre petit déjeuner dans la lumière du matin, Alain et Sabine avaient préparé deux grands saladiers de groseilles et de cassis.

Vers 11h, nous sommes parties vers le Petit Ballon, à une heure de la maison. Nous l’avons escaladé à partir d’un magnifique champ fleuri versant Sud.

Sur ses hauteurs des vaches paissaient. J’ai toujours un pincement au cœur quand je vois ces splendides êtres à l’incroyable puissance si doux et si pacifiques ! Leur plénitude d’êtres vivants m’envahit et mon cœur saigne de leur future agonie. J’ai envie de hurler en regardant tou-te-s ces randonneurs et randonneuses qui arpentent ce sommet vosgien et qui les ignorent, voire les craignent car ils et elles en ont fait leur objet de consommation. Je voudrais toutes les étreindre, leur donner toute la reconnaissance qu’elles n’ont pas. Sur les sommets, lieux de pâturages, tous les sentiers empruntent ces « champs » de vaches.

Le petit Ballon n’a rien d’extraordinaire en soi sauf son panorama à 360°. Une vierge à son point culminant (1272 m.) rappelle nos origines chrétiennes.

Le dimanche, du monde s’y presse. L’humain aime escalader les points culminants, cela lui donne sans doute l’illusion de maîtriser l’univers.

Nous avons fuit cette foule pour prendre le sentier menant au Steinberg, ligne de crête rocheuse au paysage chaotique  plus désertée où les pensées « sauvages », les scabieuses, les géraniums, les rares épervières orangées, les boutons d’or, les rhinantes, l’origan et des orchidées locales enchantent les prés. Des chèvres broutaient au pied de ce massif. Elles portaient un collier avec leur prénom, elles allaient libres sur les routes.

Nous avons croisé une multitude de papillons et d’insectes bourdonnants ou rampants. C’est là que nous avons pique-niqué, sur un rocher immense avec vue sur les vallées environnantes. Cette montagne est un des hauts lieux énergétiques des Vosges. Des cérémonies religieuses y étaient célébrées lors des solstices. Elle fait partie des sommets dédiés à Belenos, le dieu du soleil des Celtes.

Le chemin de retour, en contrebas, traversait des bosquets d’églantiers en pleine floraison. Nous nous sommes rafraîchies à une fontaine. La vue s’est dégagée jusqu’à voir les sommets enneigés des Alpes. Posées sur le sentier, nous nous sommes repues de ce fantastique paysage et d’une tablette de chocolat noir à la noix de coco.

Nous avons retrouvé le gîte vers 17H. Justine s’est posée pour une sieste réparatrice dans la chaise longue.

Le dîner du soir fut composé en partie par des plantes libres cueillies par Sabine autour du gîte.

Assiette végane sans gluten.

Alain, qui organise des stages de permaculture, nous a fait une visite commentée et instructive de son jardin habité et heureux.

Nature, notre mère nourricière.

Et si vous y rendre vous intéresse, tous les renseignements et la réservation sont par là > http://belchenbach.free.fr/ 

 

Nos hôtes.

croqueuse de lumièreS