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Le Jura et ses ruisseaux contés – été 2018

Le Jura et ses ruisseaux contés – été 2018

•Journal de voyage•

Jour 1 – 19 juillet • Découverte de l’ « autre » Alésia

Mouchard, la commune où nous logeons est dans le Jura. C’est un petit bourg charmant mais trop bétonné à mon goût. Nous sommes hébergées dans une immense maison franc-comtoise que Monsieur Louis, le charmant monsieur retraité des lieux, a séparée en trois appartements indépendants. Un immense jardin clos est à notre disposition avec des arbres fruitiers qui font le bonheur des chiennes.  L’église et son clocher typique de la région est à côté et rythme nos journées de façon décalée (les cloches sonnent de manière impromptue et à des moments improbables). La chaleur est écrasante.

Comme Suzy nous réveille aux aurores (6h ce matin), nous sommes parties découvrir les sentiers de la région tôt et c’est beaucoup plus agréable.  Avant de partir, je promène Colette car sa morphologie ne lui permet pas de nous accompagner. Elle a droit à ses balades matinales et aussi en soirée, là où les heures sont plus fraîches et respirables.

A ½  h d’ici, il y a le hameau d’Alaise qui revendique le nom d’Alésia, l’oppidum où Vercingétorix a mené sa dernière bataille. C’est Alphonse Delacroix, siégeant à la Société d’Emulation du Doubs, en 1855 qui aurait spécifié cette extravagance historique. Le patrimoine archéologique est composé de tumuli des âges du fer et de vestiges gallo-romains.  Une boucle bien nommée « La Gauloise » permet de faire le tour de ces vestiges. Elle traverse un joli bois moussu et empierré et conduit à un belvédère à la vue époustouflante sur les plateaux verdoyants du Jura et les gorges du Lison. Les vestiges sont constitués d’abris sous roche et de restes de murailles blanches.

La roche calcaire affleure partout, et des amoncellements de pierre dessinent le paysage. La sente descend le long des falaises crayeuses. Tous les troncs des arbres sont recouverts de cette mousse épaisse qui donne des airs de conte aux chemins parcourus. Les papillons accompagnent nos pas. C’est féerique. Nous sommes seules dans ce décor intemporel.  Au bout de presque 1h de cette descente magique, nous arrivons au Lison.  Pause bienvenue pour Emma et Suzy qui s’éclatent dans l’eau fraîche de la rivière.

Le retour se fait par le GR 590 sur large un chemin forestier  mais qui semble totalement abandonné des vicissitudes de l’humanité… épilobes et balsamines ont envahi ses pierres et nous font une haie délicate entre les sapins immenses où respire la forêt.  C’est beau et puissant et je me sens infiniment petite et en même temps infiniment complète dans cette respiration.

Le retour au hameau est plus rude car midi est avancé et la chaleur est de plus en plus étouffante quand on quitte les bois.

L’après-midi sera plus lente : lecture, sieste et rêveries au gîte sauf pour Emma qui veille !

Jour 2 – 20 juillet  •  Le grand méandre de la Loue

« Vers le sud, point n’était besoin de mur de bois ni de pierre : la tour seigneuriale déploie ses ailes dépareillées au sommet d’une falaise abrupte au pied de laquelle coule la Loue. La tranquille rivière continue de lécher l’escarpement rocheux, s’appliquant à dessiner depuis toujours les mêmes boucles vertes sur la terre ».

                                                    Carole Martinez – Du domaine des murmures.

Un vent tiède apaise la torpeur du jour. Des orages sont annoncés pour la fin de journée.

Ce matin, c’est la Loue que nous sommes parties découvrir, plus vers le Nord. Une mini randonnée de 8 km sur les bords de cette large rivière caressée par des plantes aquatiques fleuries qui lui font une poétique et printanière coiffure blanche.

Emma est particulièrement pénible aujourd’hui. Sa truffe a dicté ses émotions et elle n’écoute RIEN ! Elle a d’abord commencé par chasser un troupeau de vaches apeurées (les pauvres) dans un immense champ clôturé.  Peu d’espaces sont ouverts et c’est regrettable. Les paysages sont façonnés par l’élevage qui cloisonne la nature.  Je dois particulièrement veiller justement à Emma qui ne comprend pas le principe d’une clôture.

Quand elle est lancée, conditionnée par son odorat, plus rien n’a d’importance. Dans ce pays de falaises et de fils barbelés, j’essaye d’être particulièrement vigilante.

Les filles se sont baignées dans la Loue.

La 2e partie du parcours s’est faite sur les hauteurs de Chenecey-Buillon, dans un joli sous bois peuplés de hêtres moussus et de murgers, ces murs de pierres sèches construits par les paysans d’antan, quand, labourant leurs champs jonchés de ces grosses pierres blanches, ils les déposaient à la limite de leur propriété. Tous les bois alentours en possèdent et ils jalonnent les chemins de randonnée. Un belvédère offre une vue panoramique sur ce méandre de la Loue à un peu plus de 400 m d’altitude.  On y voit aussi la tour en ruine d’un château féodal du IXè s. dévoré par la verdure, le château de Charencey.

Le chemin du retour s’effectue par un large sentier en sous-bois découpé par des trouées champêtres de part et d’autre. Emma sent toutes les bêtes libres qui peuplent ces lieux, elle est constamment à l’affût, vieil instinct de survie qui conditionne ses états d’âme quand nous sommes dans ces paysages boisés.  J’ai du la tenir en laisse une bonne partie du parcours.

Jour 3 – 21 juillet • Découverte de la reculée des Planches

La matinée a débuté doucement.  Hier soir il a plu et le ciel du matin était gris avec le fond de l’air humide. Du coup j’en ai profité pour balader Colette plus longuement avec Suzy. Nous sommes montées sur la colline avoisinante où sont cultivées les vignes de l’Arbois. Un immense Christ est posé à flanc de pente, une plaque précise qu’il est installé là, à surveiller la vallée, tel un mage aux supers pouvoirs, en commémoration de la seconde Guerre Mondiale. Au-delà des vignes, un bois couvre le sommet des lieux. Ici les bois ont tous des airs mélancoliques et ténébreux peuplés d’êtres invisibles.  Colette et Suzy ont apprécié.

Phlau n’était pas motivée pour bouger. Vers 15h, je l’ai convaincue de partir découvrir un lieu qui me faisait de l’œil sur ma carte de randonnée du pays d’Arbois (3325 OT) : une « fameuse » reculée du Jura. Les géographes ont officialisé ce terme : c’est « une longue vallée qui pénètre à l’intérieur d’un plateau calcaire à couches horizontales, et qui se termine brutalement en bout de monde, au fond d’un cirque calcaire, au pied duquel jaillit une résurgence ». Le Jura possède plusieurs reculées, celle de La Planche est typique.

La Cuisance coule dans cette curiosité géographique. Ce bout du monde est un paradis. La végétation y est dense, quasi tropicale, les arbres s’accrochent aux lapiaz et montent à l’assaut des falaises calcaires. Des trous sombres ouvrent la roche et des profils inquiétants découpent ses promontoires et habitent la forêt d’émotions étranges.  Le cirque du Fer à Cheval clos cet univers.  Cette forêt est composée de chênes sessiles, de taillis de charmes abondants et de quelques hêtres. Le tapis herbeux est riche et diversifié.  Les bryophytes foisonnent où chantent la rivière et créent cet univers féérique particulier des forêts jurassiennes.  Les tufs ou travertins délimitent les paliers de la Cuisance qui a des eaux bleues turquoise par endroit et qui enchantent le paysage. C’est paradisiaque !

La première source, la Petite Source de la Cuisance, est située au fond du Cirque du Fer à Cheval et donne naissance à la Petite Cuisance qui descend la reculée sur 1,7 km avant de confluer avec la Grande Cuisance dans le village de Les Planches-près-Arbois.

Dans le village des Planches, il y a un bar qui fait restauration bio et qui propose des menus végétaliens. Nous y avons dégusté de divins sorbets.

Au retour, nous sommes montées sur les hauteurs pour admirer cette reculée à partir de belvédères. Nous avons fini avec le château en ruines (dont il ne reste qu’un mur ouvert sur quelques pierres vestiges et une pièce au milieu de la végétation) de La Châtelaine où a vécu Mahaut d’Artois au XIII- XIVè s. (connue du grand public pour son rôle dans la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon). La lumière du soir faisait des ombres longues sur les fougères et les pierres amoncelées.

Jour 4 – 22 juillet • Port-Lesney et l’ermitage de Notre Dame de Lorette

Ce dimanche fut un dimanche à la campagne…tout en lenteur et quiétude, accentué encore par la torpeur estivale. J’aime l’ambiance de ces villages francs-comtois, échappée d’une bulle temporelle des années 50. Aujourd’hui, nous avons investi le jardin immense du 2 rue de la Fontaine. Petit-déjeuner tardif sous le poirier puis nous avons étalé un drap sous ce même poirier et avons paressé avec des lectures variées.

Après 16h, je suis partie seule avec Suzy, explorer les hauteurs du village voisin, Port-Lesney où coule la Loue.

Une jolie balade de deux heures dans un massif boisé aux beaux sentiers traversant les forêts profondes de ce pays. Cette promenade nous a conduites vers l’Ermitage de Notre-Dame-De-Lorette perché à l’à-pic de la vallée. Suzy est parfaite, elle me suit avec application, parfois me devance un peu mais garde toujours un œil vigilant sur mes mouvements. Et quand nous faisons des pauses elle surveille continuellement les alentours. Je craignais que la chaleur ne l’épuise trop vite et j’ai veillé  ce que nous restions toujours dans les sous-bois. Nous sommes revenues par un sentier plus étroit faisant une trouée magique dans ces frondaisons denses où coulait un ru qui a fait la joie de Suzy et apparemment celles des moustiques ambiants.

Un poème était accroché à un tronc d’arbre.

A notre retour au village, Suzy s’est jointe aux touristes locaux pour se baigner dans la Loue au pied du pont en fer qui la traverse. L’ambiance respire la simplicité, des familles profitent des joies de la rivière. Cette atmosphère  a presque le goût de mon enfance et c’est sans doute pour cette raison que je me sens si bien dans ces lieux quasiment décalés.

Jour 5 – 23 juillet • Le belvédère du Vieux-Château, le Pont du Diable et les Sources du Lison.

Aujourd’hui nous sommes reparties tôt explorer les campagnes alentours afin de profiter un peu de la fraicheur qui se fait de plus en plus rare. De Crouzet-Migette, un joli bourg étalé aux vieilles maisons empierrées, nous sommes descendues par un sentier qui traversait encore de magnifiques sous-bois. Ici, sous les sapins, la forêt respire et déploie tout une variété d’arbustes qui lui font de somptueux dégradés de verts sous la majesté des conifères. Comme pour toutes nos randonnées, nous n’avons croisé personne sur les chemins empruntés.

La montée vers le belvédère du Vieux-Château est assez rude car pentue et semée de rochers détachés des falaises qui surplombent le paysage. J’ai déjà constaté qu’Emma a un puissant flair (de chasseuse) et que quand elle a flairé un autre animal, plus rien n’existe sauf cet autre être. Elle finit toujours par revenir car c’est également une craintive viscérale (ce qui me rassure) mais avec ces contrées où les falaises tombent à pic, son impulsivité me fait craindre le pire donc je la garde en laisse à mes côtés.

Après la pause méritée sur les hauteurs, nous sommes redescendues vers les campagnes aux champs clos typiques de cette région. Il y a des barbelés partout. Quand on y pense et qu’on change son regard sur les choses c’est infiniment triste de se dire que ces magnifiques espaces sont cloisonnés pour une mise en esclavage et pour l’exploitation d’êtres sensibles. Finalement, moi randonneuse, je ne suis pas libre de savourer pleinement ces belles étendues car je suis aussi contrainte par ces cloisonnements. J’ai appris plus petite que ma liberté finissait là où commence celle d’autrui. Autrui est qui dans ce contexte ? L’exploitant-e agricole… et on revient toujours à notre société patriarcale inscrite jusque dans nos paysages ruraux.

Après la traversée du village de Ste Anne, nous avons emprunté un bout de départementale pour arriver au Pont du Diable. Impressionnant pont qui surplombe un précipice étroit où coule le ruisseau de Château-Renaud. Quelques marches nous conduisent sous le pont, un peu plus encore au bord du précipice, où trône l’impressionnant visage du diable sculpté dans la clef de voûte du pont. Son nom provient d’une légende selon laquelle l’entrepreneur chargé de sa construction, un nommé Babet de Salins-les-Bains, désespéré de ne pouvoir tenir le délai annoncé après plusieurs effondrements en cours de construction, accepte un pacte avec le Diable pour terminer le chantier à temps.

Le pont du diable

Suzy a fait une collecte remarquable de tiques ! Les deux louloutes sont épuisées et la chaleur commence à être pénible. Elles ont pu se rafraichir dans une baignoire naturelle au creux du lit quasi sec du ruisseau.

Le retour se fait en longeant la lisière de champs encore clos.

Nous finissons notre périple du jour par la découverte de la source du Lison, fantastique jaillissement en une cascade tumultueuse à même la falaise où quelques vacancièr-e-s se baignent, savourant la fraîcheur bienfaitrice de l’eau vive.

 

Nous rentrons par les jolis méandres des routes de montagne où chaque tournant invite à d’autres escapades de l’imaginaire.

Ce soir, Cyrille, le cousin de Phlau vient dîner au gîte.

Jour 6 –24 juillet  • Retour à la reculée des Planches

Je suis définitivement conquise par la Cuisance et sa résurgence dans la reculée des Planches, ses cascades à tufs (travertins) et la froideur bénéfique de ses eaux par ces températures caniculaires.  Nous y sommes retournées ce matin, avec les trois chiennes, idéal pour Colette qui peut ainsi savourer les joies d’une balade sans souffrir. Nous y avons croisé quelques rares touristes. Nous avons profité de l’espace ouvert du champ du Toux pour nous poser, apprécier encore les hautes falaises blanches et boisées de cette splendide reculée. Les chiennes s’en sont données à cœur joie (j’aime cette expression) dans les prés, dans l’eau vive…

Nous avons déjeuné au Bistrot des Planches où nous avions réservé deux menus végétaliens, savoureux. Nous sommes retournées tremper nos pieds, nos jambes dans la Cuisance. Je ne me lasse pas de ses eaux translucides, turquoises par endroit, de son décor paradisiaque gorgé de verts où les racines des arbres font des entrelacs fantasmagoriques, où l’eau chante inlassablement semblant se moquer des températures infernales des campagnes voisines.

Nous y passerons encore la journée de demain, c’est tellement revivifiant !

Au retour nous avons fait une pause à Arbois, minuscule et charmante ville au creux des vignes. Là aussi le temps semble s’être figé. Il y a encore des panneaux signalétiques qui annoncent la direction des… P.T.T. !  Certaines rues sont joyeusement ornées par des bulles gigantesques aériennes aux décorations scintillantes qui rappellent les fêtes de Noël, pleines de poésie, la place centrale est également égayée de guirlandes qui l’habillent à partir de sa fontaine qui trône en son milieu.

Oui, je suis ailleurs, dans un ailleurs « vieille France » où le temps prend un autre rythme et où les personnes croisées ont toutes  le sourire aux lèvres.  Ici les gens sont tous aimables et accueillants.

Jour 7- 25 juillet • La Roche du Feu (Mesnay)

La chaleur est de plus en plus écrasante. Nous décidons que cette dernière matinée sera consacrée à Colette qui peut s’éclater avec bonheur dans la fraicheur de la Cuisance. Nous repartons vers Arbois, définitivement conquises par cet endroit. Le matin, la reculée est déserte et c’est une véritable grâce de pouvoir en jouir ainsi. Nous quittons les lieux aux environs de 11h pour retrouver notre gîte dont les murs épais garantissent le frais des pièces. Ce n’est que vers 17h que Phlau et moi repartons (sans les chiennes) pour une dernière découverte des forêts et hauteurs des parages. J’ai décidé d’explorer un autre emplacement de cette reculée : la Roche du Feu, falaise située à l’Est de cette vallée. Une dernière et courte randonnée (7 km) pour saluer une ultime fois ces lieux. La lumière du soir irise les paysages et traverse les feuillages de ses rayons obliques, lénifiant les sous-bois. Chaque forme caressée par cette lumière miellée prend une texture ciselée qui la magnifie. Les forêts ont vraiment une densité particulière. La vie irradie partout et sous une infinité de formes.

Nous rentrons, repues.  Les bois sont une nourriture certaine et inépuisable pour recharger mes batteries.

Le retour se fera demain par 30°C. Heureusement qu’il n’y a que 300 km à parcourir et que la voiture est climatisée ce qui permet à Colette de dormir tranquille à la place du passager…

Un week-end au Bodensee

• Un week-end au Bodensee •

Première pause sur les rives du Lac de Constance, quelques kilomètres avant Lindau.

S’offrir un souffle de romantisme, le temps d’un week-end, pour recharger ses énergies et savourer d’autres lieux pour d’autres émotions. Justine & moi sommes parties découvrir les rives allemandes du Lac de Constance ou Bodensee (173 km se situent en Allemagne) pour ce premier week-end d’avril.  Découvrir un poisson bien vivant et vibrant (c’est comme ça que je préfère les poissons d’avril et ceux de tous les autres mois !) dans un des plus grands lacs d’Europe centrale.

Le Lac de Constance se situe dans les contreforts des Alpes et se découpe en deux parties reliées par le Rhin qui les traverse sur 4 km. En additionnant le lac supérieur et le lac inférieur, il a une superficie de 536 km² et est le troisième plus grand lac d’Europe centrale.

Nous avons pris la route samedi 1er avril dans l’après-midi, environ 300 km depuis Strasbourg, plus de 4h de voyage. Nous sommes arrivées, en fin d’après-midi, dans une ambiance bleutée aux cieux voilés, à Lindau, en Bavière, première étape de ce périple.

C’est un bel endroit consacré au tourisme et très urbanisé. Des rives, on peut voir les sommets enneigés des Alpes sur les versants autrichiens et suisses.

Le crépuscule et la lumière voilée du soleil magnifiaient le lac et nous donnaient un bel aperçu du romantisme à l’Allemande.

Pour les véganes que nous sommes, l’Allemagne regorge de trésors gustatifs sans souffrance et nous nous sommes régalées.

Nous avions réservé une chambre au « Das Mietwerk » sur le continent, à Lindau.  Très bel endroit au déjeuner copieux et bio.

Le petit-déjeuner bio et végane du « Das mietwerk », délicieux et copieux !

Nous avons exploré l’île le soir.  D’abord par ses berges aménagées qui offraient une vue échappée d’une autre époque sur la quiétude intemporel du lac puis nous avons parcouru l’intérieur de cette minuscule île d’une longueur de 1,3 km pour une largeur de 663 m, totalisant une superficie de 68 hectares, ce qui fait quand même d’elle la deuxième plus grande île du lac de Constance !

Une procession, dont une partie des participant-e-s était costumée, a traversé la rue principale, nous rappelant que nous n’étions pas dans un état laïc. Chaque Allemand doit déclarer sa religion, une dîme est prélevée au bénéfice de son Église.

Du coup, à 22h, l’église catholique était encore ouverte et …désertée pour notre plus grand plaisir de curieuses admiratives des traces du passé. L’extérieur ne paye pas de mine mais l’intérieur est à couper le souffle dans son genre : baroque remarquable ! La  « Münster Unserer Lieben Frau » a connu bien des péripéties avant de devenir ce splendide ouvrage du XVIIIè s.

Nous sommes rentrées à l’hôtel, épuisées et repues de belles sensations et de beaux panoramas de ce coin rempli de douceur de vivre.

La visite s’est poursuivie en plein jour, le lendemain matin. Découvrant une autre tradition religieuse locale : les enfants décorent les fontaines publiques pour Pâques avec de surprenants œufs en plastique, bariolés par la créativité enfantine.  C’est joyeusement kitsch.

En début d’après-midi, nous avons décidé de pousser notre périple jusqu’en Autriche à 10 km de là ! L’appel de la montagne peut être puissant.

Ce fut un peu compliqué (nous n’avions que le GPS pour nous guider et pas de carte papier à mon plus grand regret) de trouver des chemins de traverse qui pouvaient nous mener à de plus hautes altitudes. On a fini par s’éloigner du lac pour monter vers Bezau, station touristique de montagne dans les Alpes autrichiennes. Dès les premières altitudes de grandes fermes recouvertes de tuiles en bois jalonnent la route. Elles sont belles et impressionnantes.

Nous nous sommes posées dans un champ, au soleil, avec une vue splendide sur les Alpes. Nous y avons siesté et rencontré un chat, timide mais très affectueux, habitant la cabane proche de notre alpage de repos. Il s’est un peu fait prier pour s’approcher mais quand il a compris qu’il pouvait nous exploiter, il en profité et il a bien eu raison !

Puis nous sommes reparties car une centaine de kilomètres nous séparaient encore de Konstanz où nous devions passer notre 2è nuit. Nous sommes donc remontées vers les rives plus occidentales du lac. Nous avons garé la voiture à hôtel choisi pour la nuit (plus banal que celui de Lindau et situé dans une zone d’activités commerciales) et sommes parties à pied découvrir les berges de la ville au crépuscule.

Les rives qui longent le Rhin sont réhabilitées en un espace contemporain où se côtoient bars, lounges , restaurants et des berges aux pontons de bois peuplées d’une faune urbaine en mal de nature qui vient se détendre dans ces lieux, imprégnés des premières douceurs printanières. Le rivage immédiat du fleuve n’est pas aménagé, permettant la vie riche d’un écosystème protégé (ils sont forts ces Allemands pour ce genre d’exercice et nous devrions en prendre de la graine !).

Nous avons gardé l’exploration de la ville historique pour notre lundi. Nous nous sommes contentées de remonter la Seestrasse, bordée de plantureux édifices de la fin du XIXè siècle et nous nous sommes posées sur un banc, au bord du lac, pour observer les premiers vols des chauves souris sur fond bleu crépusculaire, dans la douceur du soir.

Lundi matin, nous sommes parties à la découverte de la ville historique de Konstanz, fondée par les Romains au IVè s, florissante au Moyen-Age. Il s’y tint de 1414 à 1418 un concile œcuménique (concile de Constance) qui mit fin au grand schisme d’Occident en déposant les papes Jean XXIII et Benoît XIII, en acceptant la démission du pape Grégoire XII puis en nommant le pape Martin V. C’est dans ce même concile que fut jugé et condamné au bûcher Jean Hus, précurseur du protestantisme.

Nous avons commencé par le port où l’histoire du Concile est rappelée par une gigantesque statue d’amazone sortie tout droit d’un comics du XXè s ! L’IMPERIA : 9 mètres, 18 tonnes, tournant autour de son axe une fois toutes les quatre minutes, créée par Peter Lenk et érigée en 1993.  Deux petits personnages nus sont assis dans ses mains ouvertes et portent les insignes de leur puissance qui permettent de les identifier. Le sculpteur a dit à leur sujet :

« … Les personnes de l’Imperia ne sont pas le pape ni l’empereur, mais des saltimbanques qui se sont emparés des insignes du pouvoir séculaire et spirituel. Libre à l’interprétation historique de l’observateur de dire dans quelle mesure les vrais papes et empereurs ont été, eux aussi, des saltimbanques. … » (Peter Lenk dans une interview (en allemand) avec Jasmin Hummel >   » 20 Jahre Imperia. … und sie dreht sich immer noch ». Dans: Labhards Bodensee Magazin 2013, pages 44-45.)

La ville historique est un beau mélange de rues étroites, sereines, de passages souterrains joliment graffés et de belles bâtisses art nouveau s’ouvrant sur des avenues plus larges.

Poisson d’avril !

Ma passion non secrète pour les pois est comblée !
Des pois, une voiture qui raconte des histoires, je suis fan !

Le véganisme nous fait des clins d’œil partout, jusque sur les poteaux des rues  :

Au centre, trône la cathédrale Notre-Dame de Constance qui, d’un point de vue architectural, est une des plus grandes églises romanes du sud-ouest de l’Allemagne. A l’intérieur de l’église le mobilier des époques baroque, classique et néo-gothique se superpose.

Après avoir bien arpenté les rues de la vieille ville, nous avons récupéré la voiture et sommes remontées vers Litzelstetten à une dizaine de kilomètres plus au nord. Petit havre de paix au bord de l’eau où nous avons dévoré une plaque de chocolat en regardant le bleu quasi tropical de l’eau et où Justine a osé tremper ses pieds (trop tentant mais froid en cette saison !).

 

Le retour s’est fait sous un ciel d’orage. Nous avons traversé des paysages grandioses de la Forêt Noire, nimbée de nuages et de contes fantasmagoriques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accueillir le printemps dans le Gard

Accueillir le printemps dans le Gard

SANILHAC – GORGES du GARDON- 2017

Jour 1 : Samedi 18 février – Départ d’Hoenheim à 6h, arrivée à 15h30.

Après Lyon, les arbres sont en fleurs… Surprenant pour moi qui marchait encore dans  la neige il y a cinq jours. Le printemps est là. Sanilhac est un tout petit village d’Occitanie, aux rues étroites pleines de chats. La maison de Tom et Charlotte est encaissée dans une ruelle, elle est grande, toute en recoins, petits escaliers, passerelles, terrasses.

Aspérule, lierre terrestre, globulaires buissonnantes, crocus, cerisiers, amandiers sont en pleine floraison et les oiseaux s’en donnent à cœur joie.

 

 

Jour 2 : Dimanche 19 février – Gorges du Gardon

Le ciel est d’un bleu infini. Sarah et moi sommes parties à la découverte des Gorges du Gardon. Nous avons fait 19 km sous un soleil radieux et une végétation luxuriante, les romarins sont en fleurs et tapissent les hauteurs des Gorges, des cactus s’y déploient aussi, des euphorbes, du thym, les buissons violets des globulaires… J’ai laissé tomber ma veste, mon pull et j’ai savouré ma première rando de l’année épaules nues !

Ce soir mes joues sont chaudes et repues du soleil cueilli tout le long du jour (mes épaules aussi !). A un passage délicat, nous avons même mis les pieds dans l’eau (très fraîche) du Gardon.

Au retour, nous avons retrouvé Julie et Phlau sur les berges de La Baume et nous nous sommes étalées sur les rochers au bord de l’eau.

Les sentiers de pierres blanchies aux arêtes parfois dures me rappellent les chemins de la Drôme, le buis présent partout également. Au bord du Gardon d’immenses roches accueillent nos pauses. Ossature terrestre patinée par les eaux qui me donne le sentiment concret de marcher sur la colonne vertébrale de la terre, chaos minéral qui parle à mon instinct et me projette dans de fantasques rêveries de pays fabuleux et paradisiaques où l’humain serait réconcilié avec sa part végétale et insoumise.

 

Ce soir nous sommes installées toutes les quatre avec Gilda et Colette au salon. Colette dort profondément, on a l’impression qu’elle nous a accompagné dans la rando.

En fait, c’est une chienne pleine d’empathie qui s’épuise à notre place.

Le dîner fut délicieux : potée de légumes variés au lait de coco, salade chou chinois et yaourt soja citron.

(Seul bémol, des battues sont organisées sur les chemins de randonnée et je trouve ça toujours monstrueux que la mort programmée puisse côtoyer les espaces naturels où nous cherchons la sérénité et la complicité avec la nature > l’humain, première espèce invasive !)

Jour 3 : Lundi 20 février – Pont du Gard

Ce matin, nous avons testé l’embrayage de la voiture qui pose quelques soucis. Le barbu, garagiste local non officiel est venu voir. J’ai appelé Julian aussi. C’est un souci d’air dans le récepteur(ou l’émetteur) de la pédale d’embrayage. Il suffit de pomper avec la pédale. Nous avons donc pu partir vers 11h pour St Bonnet du Gard.

Randonnée facile de 14 km pour découvrir le Pont du Gard sous toutes ses faces ainsi que son environnement de buissons denses typique des maquis de la région. Le pont date de 50 ap. JC. Impressionnante structure qui traverse le paysage et a résisté aux assauts du temps ! Aux pieds de ces arches monumentales coule le Gardon entre d’immenses roches où fleurissent des violettes (quand je dis que le printemps est déjà là !).

Sarah et Julie ont fait des roulades dans l’herbe tandis que Phlau les filmait pendant que je m’extasiais sur les violettes. Des orchidées poussent sur les collines calcaires plus en hauteur.

Orchis à longues bractées ou Barlie (Himantoglossum robertianum ou Barlia Robertiana), assez commune en région méditerranéenne, très commune en Provence.

Nous avons traversé le pont et sommes allées jusqu’à une chapelle romane quasiment fendue en deux, délaissée, dans un immense champ en pleine floraison : la chapelle St- Pierre.

Le chemin du retour à partir du pont du Gard est particulièrement beau, c’est une trouée étroite dans les buissons denses de buis, chênes liège où la roche affleure partout et crée un escalier naturel où s’entremêlent les racines. Le soleil intense de la journée perçait cette belle densité végétale et dardait ses rayons lumineux dans un joli décor de poussière féerique. La roche est sableuse par endroit. En retrouvant la voiture à St Bonnet, nous sommes encore montées à l’église fortifiée du IXe s. Plantureuse bâtisse qui surplombe de ses pierres restaurées les vallons proches où tous les arbres fruitiers semblent en fleurs.

C’est la première rando aussi longue de Julie. Le vent était intense. Ce soir nous sommes toutes les 4 gorgées de soleil, de lumière et je sens dans les muscles de mes jambes ces plus de 30 km parcourus depuis hier. Le silence de la maison est lénifiant.

Jour 4 : Mardi 21 février – 19° – Ermitage de Collias (in love ♥)

Magnifique randonnée dans la garrigue, au départ de Collias qui emprunte un pittoresque sentier pierreux où les chênes verts et les buis font une frondaison ombragée appréciable par cette extraordinaire luminosité.

Nous avons même cueilli des feuilles de laurier pour notre potée du soir, avons rencontré deux crapauds, enregistré le chant délicat d’un ruisseau  presque tari. Le chemin serpente entre deux falaises recouvertes de garrigue dans un décor abrupt et sauvage. Il conduit au bout de 3 km au site de l’ermitage, précieuses ruines monastiques dans leur écrin boisé. Ce site est habité depuis près de 40 000 ans ! L’homme de Néanderthal l’avait déjà investi. Au VIIIè s. on y a construit un monastère. Une chapelle trône sur l’endroit, de beaux vestiges de fresques décorent son plafond, des ex-voto « familiers », petits bouts de pensées positives sont éparpillés sur son autel baigné par la lumière qui ruisselle de ses fenêtres.

Notre-Dame-de-Laval.

Nous nous sommes posées dans le pré, au bord des vestiges d’un jardin en terrasse, y avons pique-niqué, lu et siesté. Moment de grâce et de plénitude.

Puis nous sommes reparties, poursuivant le chemin à flan de vallon, montée rude et raide vers le plateau sommital. La suite de la randonnée s’effectue sur les hauteurs offrant une très belle vue jusqu’au Mont Ventoux au sommet encore enneigé. Des orchidées égrènent le chemin.

J’ai vraiment beaucoup aimé la diversité, le calme et la beauté des paysages traversés. Au retour nous avons longé le Gardon pour nous poser sur ses rives et savourer encore l’instant présent.

« Je n’ai pas résisté. Je me suis adapté à l’eau sans attendre qu’elle s’adapte à moi » –  philosophe taoïste chinois Tchouang Tseu- IVè s. avant J-C.

Jour 5 : Mercredi 22 février – Uzès

Le ciel est toujours bleu, Gilda n’a demandé à boire qu’une fois cette nuit ! J’ai dormi jusqu’à 8h30.

Le rez de chaussée de la maison est peuplé de fantômes, je les sens. Nous cohabitons de façon pacifiée.

Nous sommes parties vers midi à Uzès. C’était jour de marché local que nous avons dévalisé (chocolat noir à la châtaigne soufflée, pâte de fruits à la mûre (pour Justine), hydrolats locaux, olives vertes, noires, verveine,… graines de moutarde & radis germées), j’ai aussi craqué pour deux robes légères et un sac en peau de nounours violet.

Nous nous sommes perdues dans les étroites ruelles autour de la Place aux Herbes où nous avons déjeuné, sur une terrasse gorgée de soleil.

Découverte aussi de la cathédrale St Theodorit de style toscan, très belle avec des fresques bleues magnifiques sur ses chapelles latérales et de jolies balustrades en fer forgé ouvragé tout autour de ses bas-côtés.

Nous sommes rentrées vers 16h. Phlau est partie en quête de bois pour activer le poêle disponible dans la cuisine. Elle a eu beaucoup de chance car elle est tombée sur l’élagueur du coin, Dédé, qui nous a fourni en bois sec pour notre première flambée du soir.

Corinne est passée savourer notre tisane du dîner, moment sympathique où nous avons échangé sur nos mêmes valeurs mais dans des lieux différents. Elle nous expliquait que le Gard est peu végane (nous nous en étions rendues compte avec la recherche d’un restaurant ce midi !) et truffé de chasseurs (là ce sont les battues du we passé où nous l’avions constaté- et qui m’ont bien énervée).

Gilda apprécie grandement la flambée de ce soir (et pas que elle), elle dort apaisée près du poêle.

Jour 6 : Jeudi 23 février – Boucle du pont St Nicolas – ♥

« La sagesse comprend tout, le beau, le vrai, le bien, l’enthousiasme par conséquent. Elle nous apprend à voir hors de nous quelque chose de plus élevé que ce qui est en nous, et à nous de l’assimiler peu à peu par la contemplation et l’admiration. » – Lettre de G. Sand à G. Flaubert.

Encore une magnifique randonnée de 15 km entre les plateaux crayeux recouverts de garrigue et les falaises abruptes ouvrant sur les boucles bleues des gorges du Gardon. Ce matin le ciel était aussi crayeux. La randonnée a débuté par de grands sentiers qui longent les vignes.

L’ambiance était laiteuse, toute la nature semblait figée dans des cocons filaires d’araignées ou de chenilles, réceptacles naturels de l’humidité ambiante.

Une atmosphère automnale nous accompagnait. Au bout d’une heure nous sommes arrivées au premier village, Vic, tout en pierres apparentes et habité par une chatte tricolore sauvageonne.

Le sentier s’est poursuivi entre herbages et buissons jusqu’à Russan. Là nous avons entamé la montée vers les falaises du point de vue du Castellas, offrant un panorama sur les méandres du Gardon. Une montée un peu rude (Julie confirmera) nous a conduit au plateau sommital par des sentes herbeuses jalonnées de cairns pour ne pas s’égarer. Le soleil est apparu. Nous avons un peu hésité avant de trouver la Grotte de Baume-Latrone, à flan de falaise, impressionnant trou habité par des humains du paléolithique supérieur. Je m’y suis immédiatement sentie bien, enveloppée de douceur. Un creux à vivre. Je n’ai jamais ressenti un tel bien être dans une grotte. Je comprends qu’elle fut un refuge, elle le reste à travers les millénaires traversés.

Vue de la grotte.

Nous avons repris notre cheminement sur le plateau jusqu’au point de vue du Castellas, grandiose panorama sur ces gorges, dernier bastion des Cévennes. Le chemin du retour s’effectue entre les bords des falaises du Gardon et la garrigue monotone de l’immense plateau isolé St Nicolas.

Par endroit la roche du chemin fait d’étranges trous, des pièges à bâton… les hauteurs sont parsemées d’orchidées et de minuscules jonquilles en pleine floraison ainsi que des imposants massifs des globulaires buissonnantes.

Ce soir nous sommes lentes, agglutinées autour du feu au pied duquel ronflent les chiennes également avachies par la chaleur bienfaisante des flammes.

André dit Dédé vient dîner avec nous ce soir. Nous lui rendons grâce pour nous avoir trouvé du bois et rendre ainsi nos soirées beaucoup plus chaleureuses !

Jour 7 : Vendredi 24 février – découvertes  des capitelles de Blauzac.

 

[capitelle (en languedocien capitèlo) est une cabane en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier, servant autrefois d’abri temporaire à des outils, des produits agricoles ou des petits propriétaires dans les anciennes garrigues des villes du département du Gard.]

A une dizaine de km de Sanilhac se trouve la côte de Malaigue et le pittoresque village perché de Blauzac aux belles maisons de pierres.

Phlau découvre un vestige fonctionnant : une cabine téléphonique !

Ce village est placé sur l’ancienne voie romaine qui reliait Nîmes à Uzès. Notre balade du jour nous a conduit sur les coteaux N-E de Blauzac à la découverte de ces surprenantes capitelles.

Elles sont délimitées par d’impressionnants murs de pierres très épais de plus d’un mètre de large qui séparent chaque champ.  La majorité de la randonnée se fait sur des chemins bordés de ces murets de pierres sèches et à l’ombre d’une végétation luxuriante. Elle se termine par le passage sur un vieux pont romain qui ouvre sur les vignes environnantes (malheureusement traitées).

Le vent nous a tenu compagnie, rafraichissant l’air, il est tombé après midi. Nous sommes rentrées à 15h à Sanilhac, avons  savouré la lumière à l’étage de la maison où toutes les portes sont ouvertes afin que les pièces s’imprègnent de la douceur printanière du jour.

Jour 8 : Samedi 25 février – retour

Retour rapide (7h-15h) où nous avons jonglé avec la 3è et la 5è vitesse de ma voiture militante (puisqu’il y avait toujours le souci d’embrayage !).

Nous sommes revenues repues de soleil, de lumière et de nature ♥.

 

 

S’évader entre lavande et montagnes : la Drôme provençale.

S’évader entre lavande et montagnes :

la Drôme provençale.

•Journal de voyage•

chloeka-- Montguers Drôme - montagne de Chamouse - 7 aout 2016-44

Samedi 6 août

Somme parties à 5h du mat pour arriver 17h pour moins de 700 km ! Oui c’est possible.  Mon GPS est farceur. Le gîte de Corinne, ancienne bergerie, est situé dans le hameau de Montguers le Haut, sur un bout de chemin, au bout de tout, posé au bord d’un ravin où coule un ruisselet quasi asséché en cette saison. Un petit paradis de tranquillité. Je n’aurais pas imaginé mieux.

chloeka- Montguers Drôme Lever de soleil col de Perty -11 aout 2016-187

Les nains de Corinne qui veillent !
Les nains de Corinne qui veillent, un accueil chaleureux avec une divine confiture d’abricots et de lavande !
chloeka- Montguers Drôme Lever de soleil col de Perty -11 aout 2016-208
La ravine personnelle du gîte, juste en contrebas de la maison, lieu sauvage et préservé !
Dimanche  7 août

Première randonnée vers les sommets proches, direction le col de Perty. Jolie balade sur la crête de la montagne de Chamouse à 1498m. d’altitude, entre lavande, papillons, et buis buissonnants. Nous nous sommes un peu perdues en redescendant, avons écrit des mots doux dans le cahier du cabanon Laugier.  Les paysages traversés sont tous plus beaux les uns que les autres.

Lundi 8 août

Les matins sont lents. Nous faisons une séance de yoga face aux collines qui se déploient alentours, à l’ombre des arbres fruitiers. Colette aime particulièrement ces instants et en profite pour jouer, nous rapporter tous les bâtons qui trainent (et il y en a un paquet !) et se rouler frénétiquement dessus grognant de plaisir. Gilda affectionne la serviette de Cédrine et se pose dessus pour y dormir.

Avec Cédrine, nous sommes allées à Buis les Baronnies pour une randonnée de 5h entre les Gorges d’Ubrieux et les cols des Baronnies. Magnifiques paysages traversés. Ce qui est surprenant c’est que nous sommes montées à 900 m et les montagnes côtoyées à cette altitude sont pointues, dentelées et accidentées. Rien à voir avec les rondeurs vosgiennes. Les panoramas sont grandioses, secs, épineux, broussailleux et les crêtes des montagnes forment de prodigieuses dentelles de pierre blanche.

chloeka-- Montguers Drôme - Journée 2 Gorges et Cols dans les Baronnies - 8 aout 2016-37
Un vieil et splendide olivier.
chloeka-- Montguers Drôme - Journée 2 Gorges et Cols dans les Baronnies - 8 aout 2016-29
Là-bas, au fond, le Ventoux !

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Mardi 9 août

Nyons – Sommes passées à la coopérative pour faire le plein d’huile d’olive bio !

Dieulefit – Sentiment que la ville se déserte. Beaucoup de boutiques, restaurants à vendre, fermés entre midi et quinze heures en pleine saison touristique ! Nous avons cherché désespérément des pêches bio… Tout le monde semble avoir un désir de pêche & je suis perplexe de constater que mon désir est partagé par tous les touristes « locaux » !

chloeka-- Montguers Drôme - Journée 3 Dame Catherine et Dieulefit - 9 aout 2016-15

Ai craqué sur le travail d’une céramiste : Lena von Busse qui a son atelier dans une usine désaffectée réhabilitée en ateliers d’artistes sur la départementale menant à Le Poët-Laval, un très beau lieu.  Elle travaille la porcelaine et crée des décors floraux délicats qui m’ont fait fondre.

Céramique de Lena von Busse.
Céramique de Lena von Busse.

Le soir Dame Catherine nous a invitées à partager sa table pleine de réjouissances végétales et…il y avait des pêches en dessert. L’univers m’a-t-il entendu ? Et Catherine nous a donné plein de pêches quand nous sommes reparties. Des pêches ENORMES et SUCCULENTES ! J’ai aussi retrouvé avec joie Ursule, en pleine forme !

Ursule, compagne de Dame Catherine.
Ursule, compagne de Dame Catherine.

La route qui va de Montguers à Mérindol-les-Oliviers est splendide mais très sinueuse, empruntant une infinité de cols. Ici, tout est loin et les kilomètres avalés demandent une attention de chaque instant. C’est Cédrine, la courageuse, qui a roulé de nuit pour le retour !

Mercredi 10 août

Le ciel est bleu et un vent fort souffle. Nous prenons notre petit déjeuner sur la magnifique table en pierre où nous avons ôté la nappe afin d’en apprécier toute la belle minéralité. A l’ombre du tilleul.  Nous sommes emmitouflées dans nos foulards et polaires.

Royal petit-déjeuner : fruits locaux, amandes & graines de tournesol germées, lait de soja à la vanille, copeaux de chocolat. Un bol de joie, de saveurs et d'énergie !
Royal petit-déjeuner : fruits locaux, amandes & graines de tournesol germées, lait de soja à la vanille, copeaux de chocolat. Un bol de joie, de saveurs et d’énergie !

Yoga dans une heure dans le pré pour savourer le paysage et se nourrir de la lumière.

Aujourd’hui nous allons faire une randonnée entre vignes, lavandes, oliviers, dentelles de pierre, chapelle (Notre-Dame des champs) et village perché à partir du moulin de Vercoiran.

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Chapelle Notre-Dame des Champs.

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20 h 45

Le vent est intense et ne faiblit pas. Il a chassé les nuages. Il m’a as séchée et ce soir je suis cuite ! Le fond de l’air est très frais et nous avons diné sous le tilleul avec nos polaires et nos coupe-vent, rapidement.  La soirée sera courte. Cédrine et moi avons décidé de nous lever à 5h demain pour aller contempler le lever de soleil du col de Perty et faire une randonnée sur la montagne de l’Arsuc voisine du col.chloeka- Montguers Drôme Balade en Baronnies -10 aout 2016-49

Ce qui est impressionnant dans les paysages côtoyés ce sont ces sommets peu élevés qui manquent totalement d’humilité et ont des arêtes pointues de haute montagne. Du coup les paysages traversés ont des airs de Far West aux routes caillouteuses et empoussiérées où tout semble grandiose et infini. Les derniers temps de la récolte de la lavande sont maintenant. Un parfum de lavande a accompagné notre pause à la chapelle de Notre Dame des Champs. La lumière était tout aussi intense à 19h qu’à 14h.

Jeudi 11 août

Levées à 5h, Cédrine & moi sommes parties ½ h + tard pour cueillir le soleil au col de Perty, promesse faite le 1er jour de notre séjour. La nuit est particulièrement froide à cette heure matinale. A 6h15 nous étions au sommet du col, dans la nuit étoilée où un peu de jour pointait timidement.

chloeka- Montguers Drôme Lever de soleil col de Perty -11 aout 2016

Fabuleux moments de recueillement et d’émerveillement avec la lumière solaire qui vient d’abord caresser les quelques nuages présents de sa tendresse rosée annonciatrice de l’astre qui a pointé ses premières rondeurs à 6h37 exactement ! Immédiatement l’air est devenu moins froid et les monts alentours se sont parés d’une douce couleur dorée. Les montagnes se sont déployées sans fin dans la ligne d’horizon, dans un extraordinaire camaïeu de bleus. Les ombres longues nous ont raconté des histoires fabuleuses.  J’ai peu vu de paysages aussi beaux !

Nous avons continué notre ascension sur la montagne de l’Arsuc, à 1451m. d’altitude, le long d’une très longue ligne de crête alternant des forêts de conifères et de chênes liège, des prairies dorées remplies de cairns, de lavande, de chardons bleus et de papillons avec des vues toutes plus belles les unes que les autres sur les sommets bleus des Alpes déployés dans une aurore infinie.

Les cairns, précieux amas de pierres qui nous guident sur les sentiers "flous" des sommets.
Les cairns, précieux amas de pierres qui nous guident sur les sentiers « flous » des sommets.

Je suis en amour de cette nature et de ces paysages traversés.

Nous sommes rentrées au bout de 4h de marche, complètement subjuguées et heureuses.

Les matins sont vraiment plus beaux que les soirs et offrent une énergie totalement différente. Chaque minute du matin est en fait un cadeau précieux car elle annonce une journée dense et riche en vibrations, le sentiment jouissif d’être vivante.

En rentrant, nous avons dévoré une orgie de fruits !

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En fin d’après-midi, Aurélie et Jessica nous rejoignent pour passer la soirée sous le tilleul avec nous.

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Légumes grillés au four légèrement caramélisés et saupoudrés du thym libre cueilli sur les sentiers !
Légumes grillés au four légèrement caramélisés et saupoudrés du thym libre cueilli sur les sentiers !
Vendredi 12 août

Ce matin nous sommes parties explorer les sommets à l’Est de St Auban sur l’Ouvèze, joli village perché. Nous avons marché sur la crête de la Serre de Rioms jusqu’à 914 m. d’altitude avec de belles vues sur les monts alentours et sommes redescendues vers la combe à travers un panorama verdoyant et « deshumanisé » comme je les aime.

Quelques champs de lavande trouaient la forêt. J’ai vu une biche le long du large sentier qui traversait ces bois luxuriant et des fleurs à profusion accompagnées de la danse gracieuse de leurs papillons butineurs.  chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-46 chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-59

Pois vivace, origan, oursin bleu, chicorée sauvage, jasione, knautie, scabieuse faisant un joli dégradé de bleu violacé le long du sentier accompagnés des gracieuses ombellifères du fenouil libre.

chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-30 chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-38 chloeka- Montguers Drome- papillon 12 aout 2016 chloeka- vacances Montguers Drôme - randonnée à partir de St Auban sur l'Ouvèze 12 aout 2016-69 chloeka-- Montguers Drôme -Echinops- 7 aout 2016 (2) chloeka-- Montguers Drôme - Journée 3 Dame Catherine et Dieulefit - 9 aout 2016-5

En retrouvant la voiture après nos 3h de marche, nous sommes allées à Brantes, traversant d’autres montagnes et les Gorges du Toulourenc avec encore de très beaux paysages naturels. A Brantes, je suis évidemment passée à la librairie de l’Esprit des lieux et chez « mes » céramistes aimés où j’ai craqué pour un petit gobelet vert anis à gros pois blancs. Nous avons savouré un délicieux jus d’abricot local sur une terrasse avec une vue époustouflante sur le Ventoux tout près et tout haut.

Nous sommes rentrées vers 14h pour nous prélasser dans le hamac et à l’ombre bienveillante du tilleul.

chloeka- Montguers Drome-aout 2016-4 Chloé dans le hamack 8 aout 2016 Montguers Drôme photo phlau (4) chloeka-- Montguers Drôme - 7 aout 2016- dans le jardin du gîte (1)chloeka- Montguers Drôme Lever de soleil col de Perty -11 aout 2016-179

Savourer les dernières heures de cette pause estivale où chantent les cigales et où rôtissent les herbes matures des près avant de prendre le chemin du retour demain matin !

chloeka-- Montguers Drôme - 7 aout 2016-végétale