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Dans la minéralité des causses

Sur les hauteurs du Causse Méjean.

Pour ces vacances de la Toussaint, j’ai passé six jours dans un décor grandiose de canyons époustouflants et de tempêtes sur les hauteurs minérales des causses.

Gorges de la Jonte.

Trajet 19 oct – de Strasbourg à St-Pierre-des-Tripiers

Nous sommes parties à 7h de Strasbourg, la pluie était dense toute la matinée. Le ciel s’est dégagé à partir de midi. Le trajet est facile car les autoroutes sillonnent tout le parcours et le trafic était fluide.

On est arrivées à 18h, accueillies par nos deux charmants hôtes, par Finette, la chatte des lieux ultra câline et leurs deux petits-enfants, curieux et intimidés.

Finette.

J’ai évidemment tout de suite craqué pour Finette, hyper sociable qui est venue immédiatement réclamer des caresses et me pétrir les cuisses où elle s’est installée.

La dernière heure de trajet est sur des départementales qui traversent les Gorges du Tarn. 20 km en 1 h dans un décor fabuleux de falaises vertigineuses traversées par l’or de forêts somptueuses accrochées aux versants de ces roches.

Gorges du Tarn.

La vue de ma chambre semble sortie d’un conte du XIXè siècle. Tout pourrait être idyllique mais nous sommes au cœur d’un pays d’élevage de brebis laitières à la terre rude et hostile.

Vue de la fenêtre de ma chambre à St-Pierre-des-Tripiers.

Le gîte est une maison typique en lauze qui peut accueillir 5 personnes. Nous avons 2 immenses chambres.

Une courte balade en soirée nous a permis d’apprécier le décor. Nous nous sommes posées sur une colline proche pour regarder tomber la nuit.

Jour 1 -20 oct- Le Rozier

J’ai dormi 12h ! Incroyable ! Je crois que je décompense et que j’avais grandement besoin de cette pause. Gérer les tensions et toujours être à l’écoute finit par être éprouvant surtout que je suis seule dans cette gestion de 11 antennes à l’échelle nationale. Je suis entourée de remarquables personnes qui me comprennent et dont la compassion est immense et heureusement. Les équipes au sein de l’association sont aussi exceptionnelles et bienveillantes et font un formidable boulot d’investissement.  C’est grâce à ces équipes mais aussi aux personnes qui partagent mon quotidien et me soutiennent d’un amour inconditionnel sans oublier ceux et celles qui, de loin, m’envoient leurs pensées positives qui sont autant de petits morceaux d’amour que je tiens, car je dois gérer un nombre incalculable de messages qui exigent explications, critiquent, jugent, condamnent et sont autant intrusifs que maladroits.

D’où l’importance de cette coupure dans un bout de monde.

Ici, aujourd’hui c’est la tempête. La pluie brouille le paysage et les vents soufflent à plus de 80 km/h. Le rythme va être lent, il l’est déjà. Pendant que j’écris Phlau et  Suzy se partagent le canapé, l’une lit, l’autre somnole. Chacune son oreiller.

Vers 15h nous avons bougé, histoire de s’aérer un peu. Nous avons suivi la sinueuse départementale 996 jusqu’au Rozier à 30 mn de la maison. La route longe les gorges de la Jonte où se déploie un panorama grandiose, véritable canyon, avec des falaises à corniches noyées dans une luxuriance boisée aux couleurs de l’automne. J’ai vu mes premiers vautours avec leur vol circulaire de rapaces, au-delà des promontoires calcaires surplombant la vallée encaissée.  Au Rozier, bourg frontière avec l’Aveyron, une impressionnante tempête à noyer le paysage.

Au retour, l’horizon était embrumé, rendant encore plus oniriques ces lieux sauvages. L’eau ruisselait  abondamment sur la route jonchée de gros cailloux détachés des corniches.

Vue de la voiture sur l’église romane du Rozier.

Jour 2 – 21 oct – Au cœur du causse Méjean

Ce matin je me suis réveillée à mon heure habituelle : 7h. Tout était silencieux. J’ai ouvert mes volets et un spectacle de brume et de lumière s’est offert à mes yeux. Je me suis habillée rapidement pour aller savourer sur la colline proche ce spectacle féerique. J’aime quand les nuages s’accrochent au paysage et lui font un habit de brume déchiquetée alors que l’aube vient de s’estomper.

A mon retour, j’ai croisé le berger amenant ses brebis au pré. Elles étaient toutes tondues, les mamelles pleines. Je n’ai vu aucun agneau. Certaines ont été intriguées par ma présence et mon cœur s’est déchiré comme les lambeaux des nuages de cette matinée. Je ne peux pas faire abstraction de leur sort. Je ne peux pas m’extasier sur cette pratique ancestrale qui n’a plus lieu d’être. D’ailleurs les paysages d’ici sont cloisonnés et ont été façonnés par et pour l’élevage. Je suis au cœur d’un paradoxe éprouvant, tant de beauté côtoyant une inutile cruauté.  On peut fuir la réalité, elle nous rattrape toujours. Aucune rudesse, aucune tradition ne justifie une exploitation d’êtres sentients. L’histoire de l’humanité est marquée par une infinité de métiers qui ont disparu face aux évolutions et aux prises de conscience de nos sociétés. Déconstruisons nos archaïsmes pour un monde plus juste.

Aucune rudesse, aucune tradition ne justifie une exploitation d’êtres sentients.

Le petit-déjeuner a été pris rapidement, nous sommes parties explorer le causse Méjean. Il y a une enceinte protohistorique à 1107m d’altitude, ouvrage défensif édifié au VIIIè s. avant JC, à proximité d’un col, d’une draille et d’une source : la Rodo de Drigas. Une position idéale pour ces humains d’autres temps. Le rempart elliptique mesure  150 m sur 115 m, le mur d’origine en pierre sèche était vertical et devait mesurer 4m de haut, doté de 2 portes. Il n’a pas résisté à l’empreinte du temps et à la force des vents. Ce lieu fut habité de 750 avant JC  jusqu’au 2e siècle de notre ère. La vue devait être panoramique à 360° mais nous étions dans un nuage avec le sentiment d’être hors de toute chronologie, peut être même proches d’âmes étranges peuplant ces lieux. La nature vibrait, Suzy était la plus attentive de nous trois et grondait au rythme du frémissement des buissons. D’autres êtres nous observaient, bien cachés, elle les sentait.

Nous avons repris notre sentier de randonnée vers le hameau du Buffre, traversant des forêts de pins noirs d’Autriche habillés de lichens. Les maisons des villages sont en lauses, de leurs fondations à la cheminée du toit où trône une pierre en son sommet. Ici, le bâti reste particulièrement préservé. On dirait des maisons de contes. En fait, l’omniprésence de la roche calcaire a généré dans la culture caussenarde, tout cet art de la construction en pierre sèche.

Nous avons suivi à partir de là le chemin de St Guilhem surnommé aussi le Camin Ferrat qui conduit à l’abbaye de Gellone, à St Guilhem le Désert, centre majeur de dévotion au moyen-âge. Des chemins empierrés d’origine antique sillonnent ainsi les collines érodées par les vents et les humains qui se sont approprié les terres.  A la sortie du hameau se trouve le plus vieux calvaire des causses : la croix du Buffre où les pèlerins se recueillaient.  Son socle cylindrique s’élève sur trois marches (XIIè s.) et représente d’ailleurs deux pèlerins vêtus de tuniques, porteurs de bâtons surmontés de croix. Un senhadou (bénitier) en forme de visage humain contenait l’eau bénite. Aujourd’hui c’est l’eau de pluie qui le remplit.  

Nous avons continué sur le sentier qui traverse la Causse vers le hameau de Hures. Le ciel s’est dégagé pour nous offrir un impressionnant panorama sur les sommets alentours : le Serre du Bon Matin, le travers des Aures et le mont Aigoual. Le paysage est aride, à vif, jonché d’un chaos de pierres blanches, se perd dans l’infini où les nuages s’emmêlent au bleu des massifs lointains. Le causse Méjean est une immense table de calcaire jurassique d’une superficie d’environ 45000 hectares sans eau, sans arbres, ayant une altitude moyenne de plus de 1000 mètres et des couronnes qui atteignent jusqu’à 1278 mètres dans sa partie orientale. Nous nous sommes posées pour contempler cet impressionnant panorama, simple dans sa nudité, aride et beau. Nous avons aussi vu notre premier troupeau de brebis toujours sans agneau dans un champ en contrebas et sans patou.

Au hameau de Hures, nous avons suivi les indications pour trouver l’aven du village. En fait, nous ignorions ce qu’était un aven. Je ne suis pas du tout attirée par la spéléologie et légèrement claustrophobe.  Quelle ne fut pas notre surprise de dénicher un affaissement dans les prés qui donnait sur une faille oblongue d’environ 3-4 mètres béant dans un abîme de la terre.  Dans mes lectures, j’ai découvert que par le passé les bergers y jetaient leurs brebis mortes (voire les humains gênants) et écoutaient en frissonnant le dévalement sans fin des cailloux, que de sinistres légendes accompagnaient ces lieux puisqu’ils renvoient aux entrailles du monde.

Au retour, nous sommes passées à Meyrueis, ville la plus proche des lieux pour faire le plein d’essence. La route sillonne les extraordinaires gorges de la Jonte qui délimitent la partie méridionale du causse. En cette saison, les couleurs de l’automne leur donnent une parure incroyable d’ors et de rouges flamboyants. C’est beau à couper le souffle.

Les villes traversées semblent désœuvrées, elles doivent être plus animées l’été. Les rues désertées et étroites de ces bourgs de creux de vallées donnent un sentiment de mélancolie comme si elles  cherchaient un souffle de vie éteint à jamais. Une certaine tristesse se dégage de leurs façades décrépies.

Jour 3 – 22 oct. Aven Armand

Il pleut, une pluie  légère qui froisse le paysage et conte l’automne. La découverte de l’aven d’hier et des histoires qui l’accompagnent m’ont donné envie d’en (sa)voir davantage. Nous sommes à quelques kilomètres de l’Aven Armand, merveille souterraine, indiqué sur tous les panneaux des routes proches. Il fut découvert en 1897 par 3 spéléologues dont Martel et Armand. Armand était serrurier forgeron au Rozier, il devint le fidèle compagnon d’exploration de Martel qui nomma ainsi cet abyme pour lui rendre l’hommage de la découverte car Louis Armand fut le premier à avoir repéré le maître-trou et le premier à y descendre.

L’endroit est immense (un stade olympique tient dans ce lieu, la cathédrale Notre-Dame peut y entrer) et fantasmagorique. Les gouttes d’eau filtrées par l’épaisseur calcaire de la voûte et chargées de calcite cisèlent depuis des millénaires une irréelle et vénérable forêt bien plus âgée que notre jeune humanité. Draperies magnifiques, méduses de calcaire, dentelle baroque, feuille d’albâtre transparent agglomérées alternent avec des aiguilles et d’immenses stalactites en pendentif qui rejoignent presque les colonnes dressées à terre. La plus élevée atteint 30m et détient le record du monde de hauteur des stalagmites. Trente autres atteignent 25 m. Certaines mesurent 3m de diamètre. Le décor est cyclopéen et merveilleux, la visite d’une heure est trop courte.  J’aurais aimé me poser au cœur de ce monde fabuleux pour m’imprégner de toute la démesure de cette œuvre naturelle.

L’après-midi fut plus lent, la pluie tombait drue par moment, l’orage a même tonné. Nous sommes parties faire le tour des gorges de la Jonte en voiture. La route qui relie St Pierre des Tripiers au Truel est étroite et sinue à flanc de falaises dans un décor monumental. J’en ai fait une partie à pied car je ne me lasse pas de ces fabuleux paysages où s’accrochent le souffle des nuages et où l’automne fait une parure mirifique aux forêts de ces vallées encaissées. La pluie poétise ce décor et lui donne une dimension romantique époustouflante.

Jour 4 – 23 oct – Tempête

L’orage gronde depuis l’aube, les éclairs sillonnaient le mur de ma chambre d’éclaboussures fantomatiques. Le ciel est bas et lourd et a anéanti le causse dans sa grisaille tourmentée. Les éléments semblent déchainés. Je me dis qu’avec la force du vent d’ici ce soir plus aucune feuille dorée ne parera les feuillus de leur manteau d’automne. Toute cette eau ruisselle dans le calcaire de ces collines, immédiatement bue par la roche poreuse. Le paysage est plus dénudé que jamais et le blond des prairies desséchées contraste avec la pesanteur des nuées.

Nous avons tenté une sortie mais la fureur du tonnerre nous a repliées dans notre chaumière de pierre sèche. Une soupe de légumes mitonne sur les plaques en vitrocéramique. Lectures, jeux avec Suzy, tri des photos… la journée sera cosy.

En fond sonore la voix suave de Youn Sun Nah : « uncertain weather »… L’ambiance est posée.

Jour 5 – 24 oct – Sur les corniches du causse de Sauveterre

Hier soir, Pierre nous a rejoint au gîte, visite impromptue qui m’a fait plaisir. Ce matin, nous sommes parti-e-s tous les 4 explorer les hauteurs proches côtoyées par les vautours fauves et autres rapaces.

Nous sommes au cœur des failles qui délimitent les vaisseaux des causses, au bord de ces somptueux précipices faits de promontoires gigantesques et de rivières bouillonnantes. Tout y est infiniment beau et infiniment grand.

Notre randonnée nous a conduit-e-s par une sente pierreuse et escarpée sur la corniche du causse de Sauveterre, au roc des Agudes offrant une vue à 180° sur les gorges du Tarn et de la Jonte. Paysage époustouflant où dansaient les vautours.

Sur le retour, nous sommes passé-e-s par le village abandonné d’Eglazines, accroché aux roches des gorges dans un décor de pierre et de forêts d’épineux et de chênes. Bâti contre le roc, ses maisons sont semi-troglodytiques (elles n’ont bien souvent que 3 murs adossés à la falaise). Bien qu’en ruine on devine les anciennes terrasses tout autour et on imagine la difficulté de la vie en ce lieu. Jusque dans les années 60 une vieille dame a habité ce hameau.

Jour 6 – 25 oct – sur la corniche du causse Noir.

La journée fut bleue et or. Bleu comme la lumière qui a rougi mes joues, or comme le ruissellement de l’automne dans les forêts humides du causse noir.

La randonnée du jour fut encore fantastique entre vieilles pierres délaissées (prieuré de St Jean des Balmes, ermitage St Michel, Ferme résinière abandonnée) et ces panoramas grandioses sur ces gorges dont je ne me lasse pas avec échappées sur le plateau et les corniches du causse Méjean, rochers ruiniformes en aplomb au-dessus de la Jonte et réserve naturelle du cirque de Madasse, écrin boisé de pins, de chênes et de hêtres où chantent les fées.

La première étape est le prieuré de St Jean des Balmes, ruine de style roman. L’endroit fut peuplé depuis des millénaires car c’est un croisement de voies de communication, notamment la route de Meyrueis à Millau et le chemin de l’Auvergne au Languedoc qui passait par Peyreleau. Des légendes circulent autour de ces ruines. L’église fût bâtie sur un ancien temple gaulois voué au dieu Soleil et il y a sous ses murs deux tunnels antiques, dont les directions indiquent les quatre points cardinaux. Malgré son altitude – 960 m – l’endroit est habitable, comportant plusieurs sources, des terres exploitables et des bois ce qui est une véritable richesse dans ces contrées dénudées. L’église est mentionnée dès le XIè s. C’est au XVIIè s. qu’elle sera désaffectée et se délabra peu à peu dans le contexte des guerres de religion.

Le sentier que nous suivons ensuite nous amène à la réserve biologique intégrale du cirque de Madasse aux portes duquel se tient l’ermitage St Michel, autre ruine occupant quatre pitons dominant les gorges de la Jonte. Il s’agit de l’ancienne forteresse de Montorsier des XIè et XIIè s. L’accès s’effectue par des échelles en métal fixées dans la roche. La vue depuis les terrasses est à couper le souffle. 

Toute la suite de la randonnée se fait sur la corniche, le plus souvent en sous-bois, le chemin est étroit, les feuilles mortes le rendent glissant et il est entrecoupé de racines. Il s’ouvre régulièrement sur des vues époustouflantes : l’ermitage, les Vases de Chine et de Sèvres deux imposants monolithes surplombant le paysage, le rocher de Capluc et le village de Peyreleau avec le confluent de la Jonte et du Tarn.  

La remontée sur la ligne de crête aboutit au Champignon préhistorique,  rocher ruiniforme imposant. Les sentiers se font chemins forestiers et traversent les très belles forêts moussues des hauteurs. Nos pas nous mènent vers le dernier rocher-point de vue, le Point Sublime, le bien nommé où j’ai encore pu observer le vol des vautours fauves dans le bleu frontal de cette journée lumineuse.

 
CAUSSE
 
Le plateau sans limite étale son désert,
Sa grisaille de plomb sans voix, sans feu, sans onde:
Il semble que l’on ait atteint au bout du monde
La région maudite aux portes des enfers.
 
 
L’implacable soleil brûle et luit sans ombrage,
Où pourrait-on trouver la source qui sourit,
La branche qui chuchote et balance son nid,
La rose dont la grâce émeut le paysage…
 
 
Rares troupeaux broutant les cailloux gris du sol,
Buis et genévriers, chardons plats, herbe rase,
Chaque être et chaque fleur sous le vent qui l’écrase
Courbe son morne front et rampe sans envol.
 
 
Je l’aime cependant ton visage farouche
Sous ton ciel inclément, Causse déshérité,
Pour le silence amer et l’air de liberté
Que l’on peut respirer là-haut à pleine bouche.

Jeanne Foulquier

La sentience (du latin sentio, sentis « percevoir par les sens ») désigne la capacité d’éprouver des choses subjectivement, d’avoir des expériences vécues ce qui implique respect et sollicitude.

	

5 jours au bout d’un monde – La pointe de la Hague

Lundi 15 avril – jour 1

Omaha Beach

Ce fut une longue journée de voyage pour traverser le nord de la France. Le ciel était bleu, sans faille, un ciel éclatant de printemps. Nous sommes parties à 5h, la nuit était encore bien encrée.  Arrivées presque au but, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire une courte pause sur les plages du débarquement, histoire de voir le sable et la mer avant la fin du voyage comme nous devions traverser le Cotentin.

Premiers pas sur le sable de Suzy…

Mardi 16 avril – jour 2

Face à l’Atlantique (puisque la Manche est une mer épicontinentale).

Juste devant la maison.

La Côte des Isles, dans la Manche, je la connais pour l’avoir découverte dans mon autre vie. Elle porte son nom car elle fait face aux îles anglo-normandes situées à une quarantaine de km au large (dont Jersey et Guernesey sont les plus célèbres).

La plage « de la maison ». Barneville.
Vue depuis le cap de Carteret sur Barneville.

Il y a des lieux qui m’ont imprégnée et dont la trace est enracinée dans ma mémoire, nimbée de douceur et source d’apaisement.  Je n’aime pas particulièrement les paysages maritimes que je trouve souvent trop fades. Je m’en lasse vite. Contempler la mer ne m’émeut pas plus que cela.  Cette monotonie n’a pas d’effet lénifiant sur mon énergie. Mais, ici, ces longues plages de sable fin désertées en cette saison, abritées des houles de l’Atlantique par les îles proches et réchauffées par le Gulf Stream, ces cordons dunaires et ces vents d’Ouest dominants, ces paysages de vasières et prés salés, et ces roches égayées d’une myriade de fleurs printanières m’apaisent et me ressourcent. Outre le fait qu’elles soient délaissées par les foules ce qui contribue énormément à leur attrait. Le printemps est la saison idéale pour parcourir ce bout de monde.

L’appartement où nous logeons à Barneville est au bord de l’océan, lumineux, calme et a même un petit jardin où savourer les embruns marins dans la quiétude du jour. Ma chambre est à l’étage avec une immense baie qui donne sur les marées et la plage de sable blond. Cela fait bien longtemps que je n’ai plus dormi seule et j’ai pu ainsi apprécier cet immense lit aux draps blancs (impossible les draps blancs quand on partage son quotidien avec d’autres animaux). J’ai un sentiment de luxe et d’une grande sérénité loin des chaos du monde.

Je suis comme dans une bulle intemporelle. Le temps s’est figé dans l’instant. Juste savourer.

Emma, trop énergivore est restée avec Jesper à la maison où il la bichonne ainsi que Colette qui ne peut pas cotoyer le sable avec ses yeux opérés. Suzy a décidé de dormir pour sa première nuit au rez-de-chaussée avec Phlau. Ce matin, elle est venue se poser à mes côtés pour contempler l’océan tandis que j’écris mon journal de voyage.

Le souffle du monde est quand même venu jusqu’à nous pour raconter Notre-Dame en flammes. Triste et déplorable incendie, cependant cela reste de la pierre, construite en de sombres temps où des humains ont été exploités et ont donné leur vie pour ce gigantisme orgueilleux et présomptueux d’une époque où le christianisme s’imposait comme culture dominante. Oui, c’est notre patrimoine, oui cela a ouvert la voie à l’évolution architecturale mais tout est impermanence. Il n’y a aucune mort d’humains à déplorer. Les oisillons nichés dans ses creux auront péri mais cela importe peu notre humanité accrochée à ses fantasmes et ses émotions …à ses traditions. C’est incroyable ce que cela cristallise. En fait cela me fascine et me fait douter de notre potentiel à poser des actes pour avancer. S’accrocher aux vestiges semble plus rassurant. Le vide à combler est angoissant, pourtant il est riche de tous les possibles.

Pas d’inquiétude, des dons en centaines de millions d’€ arrivent déjà et elle sera reconstruite, j’espère sans sa forêt ! Parce qu’abattre encore des écosystèmes au nom d’un dieu…

Mais plus important dans mes échelles de valeur, cette nuit huit individus ont été sauvés de la mort à  Girona en Espagne.

Mercredi 17 avril – Jour 3

Eglise en ruine, dunes d’Hattainville.

Hier, nous avons passé notre après-midi dans les dunes d’Hattainville, site naturel classé de 400 hectares considéré comme un massif de « dunes perchées » qui culmine jusqu’à 80 m d’altitude sur plusieurs kilomètres de profondeurs. Autrefois mobiles, les dunes ont été stabilisées par l’édification de clôtures en bois et la plantation massive d’oyats, plante vivace au système racinaire très profond. Elles suivent cependant le mouvement des vents qui les caressent et les modèlent.

Sémaphore de Carteret.
Confidences dans les dunes.

Très belle randonnée avec pas mal de petites montées et descentes notamment dans le sable ce qui en a fait une balade assez physique de 13 km. Nous sommes parties des falaises de Barneville en empruntant le sentier des douaniers balisé GR223.

L’or des ajoncs.

Cette saison est parfaite, avec la douceur qui règne, les roches et dunes sont égayées de myriades de fleurs colorées, des mousses et lichens déclinées dans toute la gamme des verts et des ors, c’est aussi la pleine saison de la floraison des ajoncs, leur jaune ruisselle sur les falaises rejoignant les éclaboussures de soleil sur les pierres grises.  Il y a très peu d’humains, les plages sont vides et les sentiers désertés. Tout semble angélique, doux, délicat, nonchalant et facile. Une parenthèse inscrite dans une époque qui semble révolue.


La plage de la Potinière, à Carteret, on trouve aussi de jolies cabines de bain, blanches et bleues.

Et sur ces falaises nous avons rencontré deux chèvres. C’est là que je me dis « heureusement que je n’ai pas pris Emma ! ». Ce sont des chèvres libres qui arpentent le chemin des douaniers. Elles permettent l’entretien nécessaire de la lande et sont, à ce titre, protégées par le Conservatoire du Littoral. Elles y vivent depuis une vingtaine d’années. Traditionnellement, chaque ferme avait quelques chèvres  afin de nettoyer landes et haies. L’usage se perdant avec la mécanisation, ces chèvres ont été laissées à la vie libre. Les dunes sont truffées de terriers et nous y avons croisé plein de lapins de garenne. A la frange des dunes, il y a d’ailleurs des panneaux où est écrit « limite lapin » à la main. Je me demande à qui sont destinés ces panneaux. Avec toute cette vie dense autour de nous, autre qu’humaine, cela fait longtemps que nous aurions perdu Emma. De plus, là, nous avons tout le loisir de l’observer.

Chèvre libre

Le temps reste agréable, les cieux sont magnifiques et les vents d’Ouest portent les nuages et  offrent des lumières changeantes et toutes plus magnifiques les unes que les autres. J’ai parfois le sentiment d’être posée dans une œuvre picturale.

Le soir, nous n’avons qu’à nous poser sur le banc dans les dunes, face à notre logement, pour contempler la course lente du soleil descendre dans l’océan et enflammer une dernière fois le cap de Carteret.

jeudi 18 avril 2019 jour 4

Anse de Sciotot
Anse de Sciotot

Hier, les températures furent printanières et le soleil a accompagné nos pas sur les falaises du cap de Flamanville. Nous nous sommes posées sur l’immense et magnifique plage de 4km, protégée des vents dominants,  de l’anse de Sciotot, avons couru sur les franges des vagues quand elles viennent s’échouer sur le sable. Suzy a nagé dans les piscines naturelles des rochers où l’eau était d’une incroyable transparence.  Ici, l’intemporalité règne. Pas de fronts de mer, pas de boutiques à touristes, pas de bars qui dénaturent le paysage. Il y a une douceur dans l’air qui lénifie le mental. Tout y est bucolique et serein. Ici on pourrait presque croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Anse de Sciotot

Au retour nous sommes passées par le bocage et par une jolie zone boisée, le sentier chemine le long d’un ruisseau, le Rond Marais, traverse un étang et nous ramène à notre point de départ au château de Flamanville, imposante bâtisse du XVIIè s.

Château de Flamanville

Ce matin, j’ai ramassé quelques galets sur la plage juste en face de notre lieu de vie. Il n’y avait personne pourtant ce n’était pas aux aurores. Suzy s’est éclatée en jouant avec les algues. La marée était haute.  Le temps ne semble avoir aucune prise sur le rythme de l’océan. Il est binaire et lent. Il est calé sur le rythme des vagues et cette frange bleue de l’horizon qui occupe tout l’espace.

Suzy jouant sur la plage, le matin.

Vendredi 19 avril jour 5

Hier nous sommes parties vers la pointe de la Hague pour un circuit au pays de Millet (vous savez ce peintre réaliste, pastelliste spécialiste des scènes champêtres et paysannes du XIXè s) au départ du Port Coquignolet du Hâble à Omonville-la-Rogue. L’ambiance était étrange, vaporeuse avec un ciel voilé et par intermittence des vents froids qui m’ont fait regretté ma veste plus épaisse laissée à l’appartement.

Le circuit passait dans les bocages des collines qui surplombent ce bout de terre, par des chemins serpentant entre les murets de pierres blanches typiques de cette région, tous habillés d’une végétation luxuriante, d’arbres enracinées dans ces pierres et qui en scellent la structure.  Avec l’ambiance légèrement brumeuse, cela donnait l’impression d’avancer dans un conte, les branches tortueuses des immenses arbres nous ouvrant la voie, des ruisseaux chantant traversés de petits ponts de pierre rythmaient nos pas. On a fini ce circuit par le GR 223, ce sentier des douaniers quasi aérien, serpentant entre falaises déchiquetées par les marées, baies et landes jonchées de fougères et bruyères  séchées ou d’ajoncs  à l’or éclatant. Les cormorans huppés, fulmars et goélands argentés volant au dessus des îlets du Hablet en quête d’un éventuel repas, des ruines de masures posées comme des squelettes empierrés gardiennes de ces lieux accaparés par les vents et les eaux, rudes et puissants. Il faut dire que ces roches sont parmi les plus anciennes d’Europe. Elles ont plus de deux milliards et quelques millions d’années.

Après cette marche, nous sommes encore passées par le cap de la Hague jusqu’au phare de Goury, vaillant gardien de cette pointe du monde depuis 1837, signalant le raz Blanchard, l’un des courants les plus forts d’Europe ainsi que le passage de la déroute entre le cap de la Hague et l’île d’Aurigny.

Le phare de Goury au cap de la Hague
Le Nez de Jobourg, parmi les falaises les plus hautes d’Europe.
Le Nez de Jobourg

Aujourd’hui, nous avons arpenté le GR 223 autour du Nez de Jobourg, imposant promontoire rocheux  dont les falaises culminent à 128 m. (parmi les plus hautes d’Europe), situé à l’extrémité méridionale du cap de la Hague.

L’humain a un étrange concept de la liberté… Avec des barbelés. Réfléchissons aux mots que nous galvaudons. Une prison peut être à l’air libre mais reste une prison à partir du moment où l’espace est cloisonné et l’individu contraint de s’y tenir pour être exploité. Cela ne s’appelle pas « liberté ».

Le soleil inondait le paysage et ce soir je sens sa brûlure sur mes épaules et mes joues. Cette randonnée fut impressionnante de par les vertigineux précipices au détour de chaque courbe du sentier parcouru mais aussi par les eaux turquoise de la Manche inondées de lumière. Nous avons aussi traversé des hameaux plein de charme éparpillés dans le bocage voisinant les côtes. La randonnée s’est achevée par une dernière pause sur une des plus jolies plages du coin, celle de la baie d’Ecalgrain. C’est une plage de sable et de galets encadrée par un paysage verdoyant où s’entremêlent landes, bruyères et ajoncs.

En fait, depuis le Nez de Jobourg en remontant vers le nordague, les falaises abruptes s’adoucissent pour laisser place au platier rocheux du cap de la Hague. Le paysage est à chaque fois renouvelé et infiniment puissant et grandiose. Il me rappelle les côtes irlandaises.

En repartant vers notre station balnéaire de Barneville, nous avons fait une courte pause au cimetière d’Omonville la Petite pour saluer Prévert.

J’écris ces mots de ma chambre idéale avec vue sur le bleu de la mer, l’eau scintillant des milliards d’éclaboussures solaires…l’illusion d’un paradis sur terre le temps de quelques jours.

Le Gazon du Faing, chaume d’altitude vosgienne

Depuis le temps que j’avais envie d’explorer cette chaume d’altitude dans les Vosges « méridionales », voilà chose faite. Elle culmine à plus de 1300 m. et offre de fabuleux panoramas sur les flans orientaux et occidentaux des Vosges.

Côté "français", l'Ouest.
Côté « français », l’Ouest.

Côté alsacien, l'Est.
Côté alsacien, l’Est.

Le point de départ de cette randonnée de 5 h se fait au col de la Schlucht (prononcez « chlourt »). Immédiatement, une montée raide sillonne un chemin semé de rochers à travers une jolie forêt de petits hêtres.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015-2 chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015

Assez vite, nous atteignons la crête, dégagée où les vents sculptent les rares arbres et modèlent les chaumes. Le sentier est large, sableux, semé par endroit de gros cailloux patinés par les pas des marcheurs. La roche affleure partout et fait de magnifiques promontoires aux vues époustouflantes. Nous marchons deux heures sur ce GR5.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 -GR5

La flore est composée de bruyères, massifs de myrtilles, gentianes en fin de floraison, d’herbes aux magnifiques couleurs dégradées qui font un tapis automnal à ces grandes étendues sauvages interdites aux divagations des promeneurs afin de les respecter.

Nous pique-niquons dans le creux d’un rocher du bastion granitique du Gazon, avec un point du vue exceptionnel sur le lac des Truites et le carillon cristallin des cloches des vaches qui paissent dans les alpages en contrebas.

"Vegan power" © photo > Judith (merci pour ce bel angle de prise de vue !)
« Vegan power » © photo > Judith (merci pour ce bel angle de prise de vue !)

Déjeuner de randonneuse végane, amandes & noix germées - cake à la farine de châtaigne aux courgettes et son cœur de pistou d'estragon - salade courgettes crues soja germé et sa sauce à l’échalote & à la coco - carottes à croquer - dattes fraîches - pommes.
Déjeuner de randonneuse végane, amandes & noix germées – cake à la farine de châtaigne aux courgettes et son cœur de pistou d’estragon – salade courgettes crues soja germé et sa sauce à l’échalote & à la coco – carottes à croquer – dattes fraîches – pommes.

Point de vue de notre pique-nique.
Point de vue de notre pique-nique.

Arrivées au bastion panoramique du Gazon du Faing, nous redescendons sur le flan oriental du massif par une pente assez raide pour rejoindre ce lac des Truites (le plus haut lac des Vosges) et sa ferme-auberge dans un prodigieux cadre entre tourbière, parois rocheuses abruptes, éboulis de pierres, eaux ruisselantes et chantantes, arbres et sapins.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 -_-19

Le chemin se poursuit à travers des forêts de conifères et de gigantesques arbres semés d’embûches. [Ce qui est pratique avec les bucherons c’est qu’ils te signifient que tu ne peux plus emprunter le chemin mais ils ne te proposent pas de « déviation »].

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 - panneau-5Comme nous n’avons aucunement envie de faire demi-tour, nous poursuivons sur le chemin interdit (où nous croisons d’autres randonneurs rebelles).

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 - panneau-4

Nous faisons une pause boisson, sur la terrasse de la ferme auberge Gaertlesrain puis reprenons notre randonnée à travers bois où surgit de façon incroyable le lac Vert, surprenant pas sa couleur très particulière.  La légende raconte que le diable y aurait jeté son château provoquant cette couleur émeraude. Parce qu’il était vert de rage ? (Je me pose la question car je ne vois pas le rapport avec le château et la couleur).

Explication de la couleur verte du lac.
Explication de la couleur verte du lac.

Lac Vert.
Lac Vert.

L’accès au lac est facile depuis la route des crêtes. Du coup il y avait plein de monde (surtout des personnes âgées) autour de ce lac.

Lac Vert.
Lac Vert.

L’itinéraire se poursuit sur des sentiers de racines et remonte vers le point de départ par des chemins larges et boisés, tranquilles.

A un moment, deux voies différentes s’ouvrent à notre choix. Nous décidons de prendre par le point de vue de l’ HIRSCHSTEINE. Le guide parle de « sentiers rocailleux et raides qui exigent un pied sûr ».

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 -panneaux

Le belvédère Hirschsteine.
Le belvédère Hirschsteine.

Vue du belvédère Hirschsteine.
Vue du belvédère Hirschsteine.

Un panneau sur place confirme la  difficulté.

Immédiatement après le panneau, un escalier raide en métal descend à flan de roche, remplacé ensuite par une rampe métallique qui court le long de la paroi que nous devons remonter par un sentier parfois inexistant (remplacé par de gros éboulis de cailloux) ou semé de troncs pour compliquer notre tâche. Le précipice est sur notre flan gauche. C’est impressionnant. Je me dis que par temps humide cette voie est impraticable. La vue porte sur les massifs boisés des Vosges vers la vallée de Munster, splendide comme toujours.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 -Judith

Et là, en arrivant au bout de cet escarpement, dans une forêt de conte de fées où les fougères et les mousses font une atmosphère enchanteresse, je me trouve face un chamois. Nos regards se croisent le souffle d’une seconde puis il détalle dans ce prodigieux décor, englouti par le vert soyeux et protecteur des lieux.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 --11chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 --12chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 --15

Et je reste éblouie par cette rencontre.

Le sentier se poursuit dans la forêt magique, remonte vers le dernier point de vue sur la vallée, le Spitzenfels à 1190 m. et bifurque pour rejoindre notre point de départ.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 -panneau

Dernier point de vue de la randonnée, Spitzenfels.
Dernier point de vue de la randonnée, Spitzenfels.

chloeka- Randonnée Gazon de Faing - Aout 2015 - végétale

Les Vosges et leurs rencontres magiques…

 

 

 

 

 

 

Karma Ling ~L’Aïkiryu ~Isabelle…

Rencontre avec un lieu > KARMA LING

Lieu du Karma, somme de ce qui est fait, est en train de se faire ou se fera. Situé en Savoie, dans le hameau de St Hugon, là où des Pères chartreux avaient déjà posé leur intention/attention dès le XIIè siècle, au creux de la chaine de montagnes Belledonne.

Bout de monde accueillant, ouvert, où l’esprit se libère et la pensée s’apaise. Fabuleuse énergie qui circule. Une maison, ma maison, ma famille retrouvée.

Les sourires croisés sont complices, chaque regard qui s’interpelle est chargé de sens, tout y est dit :  » Bonjour », « Je t’accueille », « Tu es la bienvenue », « Je te vois et te reconnais »…

Les silences sont pleins et la joie est palpable. Tout y est simple, humble et relié à une terre préservée riche de son passé spirituel.

Le temps pouvait s’arrêter, je me suis suspendue à son souffle et j’ai savouré.

Rencontre avec une pratique > L’AÏKIRYU

Chuter, se relever, chuter, se relever… Parcours de vie. Accepter de chuter dans un mouvement fluide. La chute naît d’une attaque, la mienne, vis à vis d’un adversaire qui a juste détourné ma violence pour en faire cette énergie qui coule et s’envole, transformée.

« – Le conflit est créateur.
– La seule victoire juste est celle qui ne fait ni vainqueur ni vaincu. »

C’est ma première rencontre avec un art martial et c’est une rencontre « sacrée », dans ce lieu qu’est Karma Ling, en pleine conscience, en pleine présence.

Cinq jours pour tomber en amour de cette pratique, il m’en aura fallu trois.

Le premier jour, c’est ma violence que j’ai pris à bras le corps, le cœur, qui m’a projeté dans le flot de certains souvenirs douloureux. A la fin de la journée, je me suis posée plein de questions. Ces peurs refoulées qui resurgissent. Que faire ? Affronter ces peurs ? Passer à côté ? Ne pas les ignorer.

Je sais que la peur est ce qui m’empêche de progresser, de me libérer. J’aime mon sentiment de liberté. Quand je sens poindre une peur, j’essaye de la mettre en lumière. Transcendance.

De toute façon, je m’étais engagée pour cinq jours de pratique autant aller au bout.

Deuxième jour.

La nuit est portée par des anges qui veillent, le mien est particulièrement bienveillant.

J’ai pratiqué sans me poser de questions. J’ai laissé faire.

Chuter, se relever, chuter, se relever…

Troisième jour.

Tous les exercices sont devenus trop courts, j’avais envie (besoin ?) que chaque application d’un mouvement dure plus longtemps. Un sentiment de ne pas avoir le temps d’explorer les infinies possibilités de chaque geste m’a traversé. J’étais trop dans le mental pour comprendre le côté « technique », je n’avais pas le temps de savourer mon ressenti. Je n’ai pas vu filer le temps.

Quand Isabelle a annoncé la fin du cours, j’étais étonnée et surprise d’être triste. J’étais conquise, traversée par tout ce que mobilise l’Aïkiryu.

Puis le temps a filé et je reste avec un extraordinaire sentiment de bien être. Et un besoin de poursuivre ce chemin emprunté.

Chuter, se relever, chuter, se relever…

Les rituels font partie de la discipline, le cadre où laisser son énergie se libérer :

Rencontre avec un enseignement celui d’Isabelle AbeléDubouloz.

Isabelle, lumière intense aux éclats de velours, toute en énergie maîtrisée, regard qui vous transperce et vous accueille. Femme puissante qui écoute et accompagne, attentive aux énergies de chacun. L’âme d’une Amérindienne a du la traverser, un guide relié à la Terre.

Isabelle, la Vie, l’Amour, le Souffle, l’Energie, la Présence…

chloeka- Karma Ling- juillet 2015- isabelle-4 chloeka- Karma Ling- juillet 2015- Isabelle

Chuter, se relever, chuter, se relever…

Rencontre avec un groupe de belles âmes > Kareen, Finn, Sarra, Christine, Odile, Brigitte, Nicolas, Xavier, Caroline, Oriane, Anne-Cécile, Virginie (désolée pour les orthographes que j’écorche).

chloeka- Karma Ling- juillet 2015- Aïkiryu-9

Je vous remercie pour ce séjour que vous avez rendu encore plus beau par votre partage et votre disponibilité.

Je n’oublie pas Malili, l’organisatrice du stage, sans elle je n’aurais pas saisi cette chance de ces remarquables rencontres.

Malili
Malili

Et le lunaire Lama Lhundroup, souriant et attentionné dans sa pleine présence et dans sa grande vacuité.

Bref, je vous aime.

 

Quand le bois nous regarde - spéciale dédicace à Sarra !
Quand le bois nous regarde – spéciale dédicace à Sarra !

 

 

La Baie de Somme en mai

La Baie de Somme

-plus grand estuaire du nord de la France-

Trois jours pour se nourrir de vents (beaucoup), de cieux changeants aux lumières magiques, de nature vivifiante, d’embruns et d’émotions. 
http://www.baiedesomme.fr/

 

L’été chez Dame Catherine # en Drôme provençale #

 

Dame Catherine
Dame Catherine

Dame Catherine, grande Dame en mon cœur, m’accueille toujours avec élan, bonté et générosité dans son paradis au milieu des vignes, accroché aux collines proches du Mont Ventoux.

chloeka -vue - Mérindol juillet 2014 NB-5Quand j’arrive dans sa maison, je m’y sens comme chez moi et j’investis sa cuisine et sa magnifique vaisselle avec un grand plaisir.

http://chloeka.com/photo/non-classe/gourmandises-vegetales/un-repas-dete-pesto-de-roquette-cie/

Les petits-déjeuners crus.
Les petits-déjeuners crus.

D’ailleurs, si je peux faire la joie de mon hôte, c’est aussi parce qu’elle m’accorde toute sa confiance.

C’est le temps pour moi de savourer chaque moment en observant ce lieu magique qui me ressource.

Maurice, le poisson.
Maurice, le poisson.

chloeka -phlau et gilda - Mérindol juillet 2014
Savourer l’instant, sieste et lecture « éveillées ».

chloeka -vue - Mérindol juillet 2014Lieu où respire la Terre et dont les potiers se nourrissent.

http://www.faience-brantes.com/

Faïencerie de Brantes.
Faïencerie de Brantes

Merci Catherine.

 

« Ici-bas les racines tonnent

Et poussent pour l’arbre qui les prolongera jusqu’au ciel.

Ici-bas , les racines transmettent et résonnent

Pour l’herbe qui le dira. »

Extrait du poème RACINES ~ François Peltre ~ CELEBRATION ~ L'Harmattan ~ mai 2014.
http://www.clicanoo.re/?page=archive.consulter&id_article=419807

La lavande, l’apéro, le bonheur.

Sur les routes de mon été, je croise des personnes lumineuses qui portent la générosité jusque dans ce (ceux) qu’elles côtoient.

Gilles et Michelle font partie de ces êtres.

Gilles et Michelle au soleil du midi.
Gilles et Michelle au soleil du midi.

Ce dernier dimanche de juillet, ils cueillaient leur récolte de lavande.

chloeka - champ de lavande - Mérindol juillet 2014

Ils ont un petit champ personnel. Pour l’occasion, ils invitent leurs amis à partager ce moment solaire.

chloeka -  récolte de lavande - Mérindol juillet 2014
Lavande coupée et quelques intruses solaires.

chloeka -  récolte de lavandel - Mérindol juillet 2014chloeka -  Eric à la lavande - Mérindol juillet 2014

 

 

 

 

 

 

Après l’effort, ils invitent toutes ces joyeuses amitiés à se retrouver autour d’un apéro mérité et d’un copieux repas sous leur tonnelle.chloeka -   Cathy à la lavande - Mérindol juillet 2014

 

D’ailleurs comment s’appelle ce rosier grimpant qui décore la tonnelle et nous a protégés des ardeurs solaires  ?

 

La Suède ~ été 2013 ~

L’été 2013 fut consacré aux eaux & forêts de Suède. Nous avions loué une maison en bois rouge perdue au cœur de la nature. Un bout de monde. Un bout de paradis.
La Suède est une passoire à lac. Chaque détour de chemin, de route, conduit à un point d’eau.
Tous les paysages sont immenses et les forêts bienveillantes accueillent un univers foisonnant qui réconcilie nos rêves d’enfant à notre imaginaire d’adulte.