Profiter des couleurs flamboyantes de l’automne et d’une végétation qui vit ses dernières vibrations avant le silence de l’hiver.
En ce moment, j’aime franchir le Rhin pour me plonger dans les bois profonds de la Forêt Noire.
Aujourd’hui, c’est Liliane qui m’a accompagnée sur ces nouveaux sentiers dans un décor d’épineux sombres, de feuillus gorgés d’ors et de cieux lourds de promesses humides.
Nous étions à Riersbach, au sud d’Offenburg, et au cœur de riches pâturages et de monumentales fermes-auberges.
Les monumentales fermes de la Forêt Noire.
Le bois rangé prêt à chauffer l’hiver qui approche.
Le religieux est ancré dans les paysages, agrémenté d’autres symboles.
Les moutons curieux.
L’eau ruisselle partout, jusque dans des pédiluves aménagés aux abords des fermes.
Le nuage éléphant.
Des bornes jalonnent le chemin.
Bébé sapin.
Le cerf emblématique des lieux.
Et nous croisons des êtres familiers et toujours curieux.
En ce lundi d’octobre, une brume épaisse recouvrait la plaine d’Alsace. Manuella a eu la géniale idée de me proposer de respirer l’air plus lumineux des hauteurs proches. Nous sommes donc parties découvrir de nouveaux sentiers en Forêt Noire entre 700 et 800 m d’altitude, autour de Sasbachwalden. De Strasbourg c’est à peine à 40 mn de voiture. Un vrai luxe.
Randonnée plutôt physique sur toute la première moitié du parcours (700 m de dénivelé bien raide), la forêt nous a enchantées de ses ors et rouges de saison et de sa féerie nimbée d’une lumière extraordinaire.
Balade essentiellement en sous-bois, à faire à l’automne pour savourer toute la plénitude de cette période aux fabuleuses couleurs.
Quand la mousse fait un surprenant tapis vert sous les feuilles mortes.
Le chemin aboutit à des lieux bucoliques parsemés de traditions locales, des châtaigniers essaiment tout le début du parcours où une vue extraordinaire s’ouvre sur les vergers et la plaine proche encore noyée de brume.
Dès le départ, un premier « schnapsquelle » nous invite à une pause désaltérante. Ce sont des endroits géniaux en Forêt Noire où vous pouvez déguster les produits de la distillation locale, des sodas, des jus de fruit en moyennant une petite contribution dans un tronc commun. Ces boissons sont tenues au frais dans une fontaine et le tout est en libre-service ! C’est juste magique.
Première rencontre : des chèvres aux longues oreilles tombantes viennent nous voir et nous observer de leur œil fendu et doré. Nous prenons le temps de quelques échanges et caresses avec elles.
Nous poursuivons dans la forêt par un chemin sinueux et raide, très glissant par endroit, vers le lieu-dit Glasshütte. Le parcours est surprenant, l’or des feuillages, au dessus de nos têtes, nous fait des puits de lumière et les couleurs illuminent le sous-bois. Nous croisons des ruissellements de rochers moussus où quelques êtres fantastiques doivent sans aucun doute surveiller notre passage hésitant. La Forêt Noire regorge de légendes. Nous tombons sur deux petites grottes aménagées et portant chacune un nom : Phillip et Patrick. Il est évident que des nains y habitent !
L’arrivée sur Glasshütte est étonnante. Nous découvrons une roue de moulin agrémentée d’un petit pont suspendu au-dessus d’un ruisseau chantant et un mini barrage où nous accueillent treize oies extrêmement bruyantes. Un panneau indique des mouvements de stretching à faire avec ses bâtons de randonneur (que nous n’avons pas).
Une autre pancarte placardée sur la porte d’une grande ferme, sur le chemin, nous prévient qu’il y aurait un chien en liberté dont il faudrait se méfier. Manuella et moi hésitons sur le sens à donner à cet affichage, n’étant ni l’une ni l’autre familière avec la langue allemande, nous finissons par comprendre que c’est de l’humour !
» Prudence- Chien en liberté – Si le chien vient, allongez-vous et attendez. Si aucune aide ne vient : BONNE CHANCE !!! »
Nous poursuivons, toujours à travers les bois, vers le Schindelskopf, point culminant de notre randonnée. Nous nous égarons un peu car moins attentives à la carte, revenons sur nos pas, retrouvons les bons sentiers toujours bien indiqués.
Après 3 heures de marche, nous nous posons dans une clairière, baignée de soleil, pour savourer notre pique-nique.
Nous redescendons vers Brandmatt, charmant village accroché à flan de colline, où nous tombons sur notre deuxième « schnapsquelle » qui propose même des confitures à acheter en libre-service.
La fin du parcours est extraordinaire. Nous découvrons le paysage romanesque des chutes d’eau de Gaishöll agrémenté de 13 ponts de bois, de 200 marches dans un décor digne des œuvres de Caspar David Friedrich. Manuella et moi, émerveillées, descendons ces gorges gardées par de puissants pitons rocheux granitiques antédiluviens.
Cinq heures de marche dans un univers de contes et de légendes nous ont rechargées en énergie positive.
Les pommes sont à l’honneur dans cet automne lumineux. Voici une recette simple qui marie le salé et le sucré et réchauffe les soirs plus frais de la saison.
200 g de tofu (nature ou pas), ici j’ai pris le délicieux tofu aux champignons noirs, poireaux et vermicelles de soja préparé par notre traiteur local.
Couper les pommes et pommes de terre en lamelles très fines.
Choisir un plat allant au four avec un couvercle ainsi les légumes cuisent à l’étouffée et le résultat est hyper fondant (un régal !).
Alterner, dans un plat à gratin, une couche de pommes de terre avec les pommes, le tofu, sel-poivre et la crème d’amande. Finir avec le gruyère végétal.