• Les sentiers où vivent les fées du Badener Höhe •
Je vous invite à une randonnée sur des sentiers habités par des fées cotoyant deux lacs, le Schwarzenbach et le Herrenwieser See, ainsi que le Badener Höhe, l’un des principaux sommets de la Nordschwarzwald à 1002 m. d’altitude où une tour permet d’apprécier une vue dégagée à 360°.
J’avais découvert ce plateau sommital à la fin de l’hiver avec encore de magnifiques paysages enneigés et je l’ai raconté sur mon blog > là !
Cette découverte est sans difficulté majeure : moins de 400m de dénivelé et 19 km sur une majorité de larges chemins bien balisés.
Le départ se fait au parking situé au barrage du Schwarzenbach-talsperre, à côté de la route départementale L83.
Immédiatement, nous empruntons le passage sur le barrage pour suivre le losange bleu qui va nous conduire le long de la berge Nord du lac. Les chemins sont larges et agréables. L’eau du lac est impressionnante de transparence. Deux kilomètres plus loin nous entamons notre montée (losange rouge) vers le sommet en passant par le Herrenwieser See.
Des ponts de pierre racontent des histoires sorties des livres de contes, l’eau chante partout, la mousse fait de jolis tapis verdoyants au cœur des sapinières. La lumière d’automne est particulièrement belle dans cette apothéose de verdure encore baignée de l’énergie de l’été.
Après une première montée un peu sportive mais courte, nous arrivons au Herrenwieser See, magnifique et très ancien lac glaciaire, formé il y a env. 120 000 à 60 000 ans, bordé d’une fragile zone de tourbière, écrin bleuté dans les premières rousseurs des fougères.
Au loin pointe la tour du Badener Höhe.
La montée se poursuit sur des sentiers entrelacés de racines, bien balisés où des cairns nous rassurent quand même sur le chemin à suivre !
Chaumes d’altitude et déploiement des montagnes sur la ligne d’horizon.
Au sommet, à 1002m., nous posons nos sacs à dos pour savourer la vue extraordinaire qui se déploie du haut de la tour panoramique, fouettée par les vents, ouverte sur les sommets infinis de la Forêt Noire et sur la vallée du Rhin.
La descente se fait sur l’autre flan de la colline, toujours par le balisage losange rouge.
Nos ombres contemplatives !
Au premier croisement nous avons emprunté le mauvais chemin. Nous devions suivre le losange jaune mais il est indiqué sur plusieurs sentiers. Nous sommes parti.e.s sur le mauvais mais quelle belle découverte. C’est une piste entre fougères et sapins, à flan de montagne avec, par moment, des vues à couper le souffle et une lumière rasante qui poétise toute la forêt. Assez vite, j’ai compris que nous n’étions pas sur notre sentier de retour. Nous avons rebroussé chemin et récupéré la bonne route qui nous a conduit jusqu’à Herrenwies, village niché au creux de la vallée.
Quand l’arbre s’enracine dans la roche…Règne du végétal et du minéral où je puise mon souffle de vie ❦ Merci Dame Nature.
Tout au long de la descente, des panneaux indiquent le bon chemin et marquent des endroits où d’étranges « lunettes de bois » nous invitent à observer la nature d’un autre point de vue.
Un immense banc nous a accueilli.e.s.
Après le village, nous avons continué le long d’une très belle route forestière (balisage losange bleu) qui nous a ramené sur les rives du Schwarzenbach que nous avons contourné par le Sud cette fois-ci.
« Vastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes, Quel infaillible instinct nous ramène toujours Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?
Le murmure éternel de vos larges rameaux Réveille encore en nous, comme une voix profonde, L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde, Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.
Somme parties à 5h du mat pour arriver 17h pour moins de 700 km ! Oui c’est possible. Mon GPS est farceur. Le gîte de Corinne, ancienne bergerie, est situé dans le hameau de Montguers le Haut, sur un bout de chemin, au bout de tout, posé au bord d’un ravin où coule un ruisselet quasi asséché en cette saison. Un petit paradis de tranquillité. Je n’aurais pas imaginé mieux.
Les nains de Corinne qui veillent, un accueil chaleureux avec une divine confiture d’abricots et de lavande !La ravine personnelle du gîte, juste en contrebas de la maison, lieu sauvage et préservé !
Dimanche 7 août
Première randonnée vers les sommets proches, direction le col de Perty. Jolie balade sur la crête de la montagne de Chamouse à 1498m. d’altitude, entre lavande, papillons, et buis buissonnants. Nous nous sommes un peu perdues en redescendant, avons écrit des mots doux dans le cahier du cabanon Laugier. Les paysages traversés sont tous plus beaux les uns que les autres.
Vue dégagée du Col de Perty.
Partout la lavande, libre et odorante.
Monter avec des paysages beaux à couper le souffle !
Vue de la montagne de Chamouse.
Observer.
Se pauser et contempler !
Les sentiers sont parfois mal baisés, heureusement, des cairns nous guident !
Les découvertes dans la cabane Laugier.
Vue de l’intérieur du cabanon Laugier.
Lundi 8 août
Les matins sont lents. Nous faisons une séance de yoga face aux collines qui se déploient alentours, à l’ombre des arbres fruitiers. Colette aime particulièrement ces instants et en profite pour jouer, nous rapporter tous les bâtons qui trainent (et il y en a un paquet !) et se rouler frénétiquement dessus grognant de plaisir. Gilda affectionne la serviette de Cédrine et se pose dessus pour y dormir.
Avec Cédrine, nous sommes allées à Buis les Baronnies pour une randonnée de 5h entre les Gorges d’Ubrieux et les cols des Baronnies. Magnifiques paysages traversés. Ce qui est surprenant c’est que nous sommes montées à 900 m et les montagnes côtoyées à cette altitude sont pointues, dentelées et accidentées. Rien à voir avec les rondeurs vosgiennes. Les panoramas sont grandioses, secs, épineux, broussailleux et les crêtes des montagnes forment de prodigieuses dentelles de pierre blanche.
Un vieil et splendide olivier.Là-bas, au fond, le Ventoux !
Mardi 9 août
Nyons – Sommes passées à la coopérative pour faire le plein d’huile d’olive bio !
Dieulefit – Sentiment que la ville se déserte. Beaucoup de boutiques, restaurants à vendre, fermés entre midi et quinze heures en pleine saison touristique ! Nous avons cherché désespérément des pêches bio… Tout le monde semble avoir un désir de pêche & je suis perplexe de constater que mon désir est partagé par tous les touristes « locaux » !
Ai craqué sur le travail d’une céramiste : Lena von Busse qui a son atelier dans une usine désaffectée réhabilitée en ateliers d’artistes sur la départementale menant à Le Poët-Laval, un très beau lieu. Elle travaille la porcelaine et crée des décors floraux délicats qui m’ont fait fondre.
Céramique de Lena von Busse.
Le soir Dame Catherine nous a invitées à partager sa table pleine de réjouissances végétales et…il y avait des pêches en dessert. L’univers m’a-t-il entendu ? Et Catherine nous a donné plein de pêches quand nous sommes reparties. Des pêches ENORMES et SUCCULENTES ! J’ai aussi retrouvé avec joie Ursule, en pleine forme !
Ursule, compagne de Dame Catherine.
La route qui va de Montguers à Mérindol-les-Oliviers est splendide mais très sinueuse, empruntant une infinité de cols. Ici, tout est loin et les kilomètres avalés demandent une attention de chaque instant. C’est Cédrine, la courageuse, qui a roulé de nuit pour le retour !
Mercredi 10 août
Le ciel est bleu et un vent fort souffle. Nous prenons notre petit déjeuner sur la magnifique table en pierre où nous avons ôté la nappe afin d’en apprécier toute la belle minéralité. A l’ombre du tilleul. Nous sommes emmitouflées dans nos foulards et polaires.
Royal petit-déjeuner : fruits locaux, amandes & graines de tournesol germées, lait de soja à la vanille, copeaux de chocolat. Un bol de joie, de saveurs et d’énergie !
Yoga dans une heure dans le pré pour savourer le paysage et se nourrir de la lumière.
Aujourd’hui nous allons faire une randonnée entre vignes, lavandes, oliviers, dentelles de pierre, chapelle (Notre-Dame des champs) et village perché à partir du moulin de Vercoiran.
Chapelle Notre-Dame des Champs.
20 h 45
Le vent est intense et ne faiblit pas. Il a chassé les nuages. Il m’a as séchée et ce soir je suis cuite ! Le fond de l’air est très frais et nous avons diné sous le tilleul avec nos polaires et nos coupe-vent, rapidement. La soirée sera courte. Cédrine et moi avons décidé de nous lever à 5h demain pour aller contempler le lever de soleil du col de Perty et faire une randonnée sur la montagne de l’Arsuc voisine du col.
Ce qui est impressionnant dans les paysages côtoyés ce sont ces sommets peu élevés qui manquent totalement d’humilité et ont des arêtes pointues de haute montagne. Du coup les paysages traversés ont des airs de Far West aux routes caillouteuses et empoussiérées où tout semble grandiose et infini. Les derniers temps de la récolte de la lavande sont maintenant. Un parfum de lavande a accompagné notre pause à la chapelle de Notre Dame des Champs. La lumière était tout aussi intense à 19h qu’à 14h.
Jeudi 11 août
Levées à 5h, Cédrine & moi sommes parties ½ h + tard pour cueillir le soleil au col de Perty, promesse faite le 1er jour de notre séjour. La nuit est particulièrement froide à cette heure matinale. A 6h15 nous étions au sommet du col, dans la nuit étoilée où un peu de jour pointait timidement.
Fabuleux moments de recueillement et d’émerveillement avec la lumière solaire qui vient d’abord caresser les quelques nuages présents de sa tendresse rosée annonciatrice de l’astre qui a pointé ses premières rondeurs à 6h37 exactement ! Immédiatement l’air est devenu moins froid et les monts alentours se sont parés d’une douce couleur dorée. Les montagnes se sont déployées sans fin dans la ligne d’horizon, dans un extraordinaire camaïeu de bleus. Les ombres longues nous ont raconté des histoires fabuleuses. J’ai peu vu de paysages aussi beaux !
Nous avons continué notre ascension sur la montagne de l’Arsuc, à 1451m. d’altitude, le long d’une très longue ligne de crête alternant des forêts de conifères et de chênes liège, des prairies dorées remplies de cairns, de lavande, de chardons bleus et de papillons avec des vues toutes plus belles les unes que les autres sur les sommets bleus des Alpes déployés dans une aurore infinie.
Les cairns, précieux amas de pierres qui nous guident sur les sentiers « flous » des sommets.
Déposer SA pierre sur le cairn le plus élevé !
Je suis en amour de cette nature et de ces paysages traversés.
Nous sommes rentrées au bout de 4h de marche, complètement subjuguées et heureuses.
Les matins sont vraiment plus beaux que les soirs et offrent une énergie totalement différente. Chaque minute du matin est en fait un cadeau précieux car elle annonce une journée dense et riche en vibrations, le sentiment jouissif d’être vivante.
En rentrant, nous avons dévoré une orgie de fruits !
En fin d’après-midi, Aurélie et Jessica nous rejoignent pour passer la soirée sous le tilleul avec nous.
Légumes grillés au four légèrement caramélisés et saupoudrés du thym libre cueilli sur les sentiers !
Vendredi 12 août
Ce matin nous sommes parties explorer les sommets à l’Est de St Auban sur l’Ouvèze, joli village perché. Nous avons marché sur la crête de la Serre de Rioms jusqu’à 914 m. d’altitude avec de belles vues sur les monts alentours et sommes redescendues vers la combe à travers un panorama verdoyant et « deshumanisé » comme je les aime.
Quelques champs de lavande trouaient la forêt. J’ai vu une biche le long du large sentier qui traversait ces bois luxuriant et des fleurs à profusion accompagnées de la danse gracieuse de leurs papillons butineurs.
Pois vivace, origan, oursin bleu, chicorée sauvage, jasione, knautie, scabieuse faisant un joli dégradé de bleu violacé le long du sentier accompagnés des gracieuses ombellifères du fenouil libre.
En retrouvant la voiture après nos 3h de marche, nous sommes allées à Brantes, traversant d’autres montagnes et les Gorges du Toulourenc avec encore de très beaux paysages naturels. A Brantes, je suis évidemment passée à la librairie de l’Esprit des lieux et chez « mes » céramistes aimés où j’ai craqué pour un petit gobelet vert anis à gros pois blancs. Nous avons savouré un délicieux jus d’abricot local sur une terrasse avec une vue époustouflante sur le Ventoux tout près et tout haut.
http://www.leseditionsdutoulourenc.com/
J’ai craqué pour un nouveau gobelet en céramique !
Nous sommes rentrées vers 14h pour nous prélasser dans le hamac et à l’ombre bienveillante du tilleul.
Savourer les dernières heures de cette pause estivale où chantent les cigales et où rôtissent les herbes matures des près avant de prendre le chemin du retour demain matin !
Il y a plusieurs lieux que j’affectionne dans les Vosges, le Rocher de Mutzig, ses panoramas grandioses et ses lieux imprégnés de contes et légendes en font partie.
Comme le dit Wikipédia > » Ce rocher est une montagne gréseuse du massif des Vosges, la plus haute des Vosges gréseuses. Ce sommet tabulaire est situé dans le Grand Est, dans le département du Bas-Rhin sur la commune de Lutzelhouse, à environ un kilomètre à l’est de la ligne de crête formant la limite avec la Moselle. Il culmine à 1 010 mètres d’altitude, soit un mètre de plus que son grand sommet voisin, le Donon qui appartient à la même corniche résistante en grès triasique du Buntsandstein. Les formations sommitales, très résistantes à l’érosion, sont souvent en poudingues ou conglomérats gréseux ».
Vue sur le Donon.
Pour cette randonnée nous sommes parties du refuge du Schliffstein au-dessus de Lutzelhouse en prenant la route forestière du Kegelplatz puis celle du Pré du Narion.
En suivant le cercle jaune, c’est une randonnée de moins de 4h avec 440 m. de dénivelé.
Jusqu’au Rocher de Mutzig, des vues dégagées et magnifiques, entrecoupées par des bois de feuillus, jalonnent la montée.
Le premier sommet, à 831 m d’altitude, est l’enceinte du Jardin des Fées, extraordinaire et très beau lieu :
« Dominant le val de Bruche, la Grande Côte antérieure est considérée par certains comme l’un des plusieurs anciens lieux de culte celtique en Alsace.
Ce sommet, surnommé « le Jardin des Fées », présente une curieuse enceinte circulaire et les vestiges d’un cromlech où, selon la légende, les fées venaient danser la nuit.
Elles auraient entrepris la construction d’un pont gigantesque pour enjamber la vallée, comme en témoignent les nombreux blocs de grès dispersés sur les hauteurs. Mais cet ouvrage ne put être mené à bien car la puissance magique des fées s’arrêta trop tôt. » [en raison de la naissance du Christ].
Une seconde légende raconte que « certaines nuits, les fées se rassemblent dans le Jardin des Fées pour y danser. Dans le ciel nocturne, apparait alors un char de lumière tiré par des chevaux de feu. Ce char va décrire des cercles autour du Jardin des Fées. A l’apparition du char, la plus jeune des fées quitte la danse et va prier dans la collégiale de Niederhaslach. Lorsque le premier rayon de soleil frappe les vitraux de la collégiale, la fée retourne au Jardin des Fées et donne au char de lumière le signal du départ. Le char se fond dans le ciel et les fées se dispersent lentement. D’après l’archéologue Armand Kieffer, cette légende illustre l’utilisation que faisaient les peuples préchrétiens du site. Les fées seraient en faites les « savants » ou prêtres qui interprétaient les mouvements des astres et du soleil représentés par le char de lumière. Ces prêtres, à l’aide de la position des menhirs du cromlech, pouvaient déterminer la date des semailles et d’autres dates importantes pour les agriculteurs du néolithique. La fée qui va prier à l’église serait le symbole du triomphe du christianisme qui fait fuir le char, symbole des divinités païennes. »
De ce sommet, nous sommes descendues pour rejoindre le sommet voisin où trône le Rocher de Mutzig, en passant par la route forestière du Jardin des Fées.
Un vaste sentier herbeux relie les deux montagnes.
L’ascension vers le Rocher de Mutzig se fait à partir de la monumentale et surprenante Porte de Pierre, gardienne des lieux de 7 m de large et 5 m de hauteur. C’est un rocher formé de trois piliers et surmonté d’un linteau, travaillé par les éléments qui ont façonné ses rondeurs tourmentées lui donnant un statut de porte de conte. Les fées veillent.
La montée en pente plutôt douce est agréable, empruntant des chemins larges bordés de fougères où se déploient les montagnes alentours.
C’est au sommet, sur le « Rocher de Mutzig », que nous décidons de nous poser pour savourer notre déjeuner et les panoramas beaux à couper le souffle.
Et ça mange quoi les randonneurs et randonneuses véganes ?
– des fruits à profusion
– des tartinades souvent faites maison (ici houmous)
– des muffins à la courgette (merci Cédrine)
– des légumes à croquer ou en salades variées
– des graines germées (amandes/ noisettes…)
– du chocolat (j’ai une faiblesse pour les crus de Lovechock !)
– etc !
La descente se fait en sous-bois, appréciable par les chaleurs d »été. Des petits cairns guident notre retour. Avant l’arrivée au refuge du Schliffstein, nous traversons une forêt d’épineux qui a acidifié les sols. L’ambiance est étrange car toute vie semble avoir disparu et le gris dominant rappelle les paysages hivernaux. Le conte se poursuit avec son élément perturbateur qui lui donne sa dimension anxiogène et permet d’intensifier les émotions traversées.
Une source nous accueillera au bout du chemin. J’y puiserai ma nouvelle énergie pour partir à la découverte d’autres sommets fabuleux.
« Vivre du vert des prés et du bleu des collines, Des arbres racineux qui grimpent aux ravines, Des ruisseaux éblouis de l’argent des poissons ; Vivre du cliquetis allègre des moissons, Du clair halètement des sources remuées, Des matins de printemps qui soufflent leurs buées, Des octobres semeurs de feuilles et de fruits Et de l’enchantement lunaire au long des nuits Que disent les crapauds sonores dans les trèfles… »
Un samedi de juillet, randonnée programmée entre ami.e.s pour découvrir les chutes d’eau les plus hautes d’Allemagne (97 m.), alimentées par le Stübenbach prenant sa source sur les chaumes du Stübwasen à 1386 m. d’altitude. Ancien passage du glacier du Hochtal qui se déversait dans le glacier principal du Wiesental. Protégé depuis 1987, il s’agit d’un des plus remarquables sites naturels d’Allemagne.
Le circuit de cette randonnée comprenait la découverte des Todtnauer Wasserfall mais aussi des chaumes d’altitude du Stübwasen avec un dénivelé de près de 700 m.
Nous sommes parti.e.s, vaillant.e.s, à 9 dans la matinée. Le départ se fait en bas de la cascade. Le premier sentier nous a conduit.e.s dans la périphérie de Todtnau où nous avons découvert un extraordinaire jardin pour enfants des bois.
Le jardin pour enfants des bois.
Le chemin s’est poursuivi jusqu’à un surprenant monument aux morts de la Grande Guerre, glaive immense dressé sur un promontoire tel un phallus symbole de toute la puissance destructrice guerrière des hommes.
C’est à partir de là qu’a débuté une rude montée traversant le flan de la montagne et découvrant par endroit de beaux panoramas.
Les chemins sont jalonnés de « Hutte », de sources, d’eaux chantantes et vibrantes où, parfois, l’humain bienveillant a aménagé des seaux pour abreuver les animaux de compagnie.
Lancez le seau dans le ruisseau et le récupérer grâce à sa chaine pour donner à boire à votre animal de compagnie ! Ingénieux !
Ils ouvrent au détour d’une montée sur de fabuleux paysages de montagne.
Et sur des arbres transformés en panneaux indicateurs où le tronc a été creusé pour y mettre une vierge protectrice des « angoissé.e.s de la montagne ».
Les Allemands aiment aussi, au cœur de la nature, déposer des « kiosques en libre-service » où acheter des cartes postales de ce lieu exceptionnel ou des objets fabriqués maison. Ici la confiance règne et c’est bien agréable ♥
La pose repas se fera au Berger Höhe, entre un croisement de sentiers et quelques chevaux curieux et pour le plus grand soulagement d’Athéna qui inaugure sa première longue randonnée.
La montée se poursuit sur une pente plus douce et un chemin large et très agréable.
Et nous arrivons au Stübenwasen (1386 m.) avec ses chaumes d’altitude et ses panoramas admirables où Romain affine sa dextérité à manier la perche photographique, où nous nous posons pour rire, savourer l’instant, prendre encore des photos, nous reposer en comptant nos tiques récoltées !
A partir de là s’entame la descente avec des vues incroyables sur Todtnauberg et ses villages en creux de vallée.
Le chemin est jalonné d’un parcours « éducatif » de champignons en bois (parfois surprenants !), de jeux en lien avec la nature et de chaises, fauteuils pour admirer les paysages traversés.
Nous avons été interpelé.e.s par ce champignon plutôt joyeusement vaillant mais il semblerait que son exubérance soit un vers ! A bon entendeur…NON Romain ! Ne saute pas !Le banc aux amoureux.
Évidemment nous avons tout testé (sauf le vers du champignon !).
La descente s’est égrenée de pauses méritées.
La flore est également exceptionnelle tout au long de ce parcours, orchidées à profusion, reine des prés, laitue des Alpes, lupins aux couleurs variées…
Le parcours s’achève par les cascades dont nous accompagnons la joyeuse chute en traversant des ponts aménagés et en empruntant des chemins balisés.
Cinq heures de marches, de belles pauses, une lumière du soir rasante accueille notre dernier parcours, un paysage sorti tout droit des villages de hobbits (comme le constatera Peggy).
Nous sommes repu.e.s et heureux/ses.
Gwennaëlle, Sylvia, Stéphane, Chloé, Athéna, Peggy, Rabie, Sébastien la raclure, Romain {et merci à Romain et à sa perche !}.
« Seul le présent est, l’avant et l’après ne sont pas ; mais le présent concret est le résultat du passé et il est plein de l’avenir.
Le Présent véritable est, par conséquent, l’éternité.
Samedi, Anne-Cécile, Jamila et moi sommes parties à la découverte du vignoble et des bois autour de Kappelrodeck, petite bourgade allemande du Bade Wurtemberg nichée au creux de la Forêt Noire.
Le temps était lourd et orageux.
Nous sommes montées par un sentier raide qui offrait par endroits de magnifiques vues sur la vallée du Rhin et la plaine d’Alsace au ciel d’orage.
Au premier sommet, les hauts et majestueux sapins ont très vite été happés par une brume annonciatrice d’averses. L’ambiance a totalement changé. La température a baissé soudainement et nous avons enfilé nos vestes et capes de pluie.
Une grain dense s’est mise à tomber, purifiant l’air et donnant à la forêt des allures de paradis tropical.
C’est toujours à ce moment là que chacun.e se pose la question de ce qu’il ou elle traverse. Soit nous pestons de toute cette humidité (car très vite nous avions les pieds, les jambes et le visage trempés), soit nous décidons que c’est l’aventure et nous nous concentrons sur les extraordinaires palpitations de la nature quand la pluie ruisselle et fait chanter les feuillages. Entrant aussi dans une intimité particulière où nous traversons ces paysages en silence, attentives à eux et à nos émotions profondes.
Avec la chaleur des jours passés entrecoupée d’orages réguliers, l’eau a nourri la terre et les plantes se sont épanouies irradiant une fantastique énergie.
Les panoramas aperçus dans les trouées de la forêt déployaient des figures fantasques et brumeuses sorties des contes et légendes nourrissant cette Forêt Noire.
Nous nous sommes un peu égarées. Jamila découvrait pour la première fois les sentiers de ce relief montagneux. Sacré baptême pour elle ! Courageusement, elle a traversé les éléments.
Sur le chemin du retour, les fameux bars en libre service des distilleries de la Forêt Noire (tradition locale) nous ont permis de nous désaltérer avec un jus de fruit local.
De chouettes chiens nous ont aussi accueillies et fait la fête.
Nous sommes rentrées purifiées, heureuses…et incroyablement vivantes.
Le sentier du retour.
L’Allemagne ne connait pas la laïcité et des calvaires jalonnent les croisés de chemins.
Ce mois de juin est marqué par des épisodes pluvieux plus ou moins violents et une indiscutable douceur de l’air ce qui met en joie la végétation locale, luxuriante à souhait.
La pluie ne me rebute pas pour explorer les montagnes proches, bien au contraire ! Elle crée une atmosphère fantastique où chaque élément vivant palpite dans toute sa minéralité. C’est puissant et extrêmement intime. Les humains fuient pour la plupart ces temps pluvieux et, du coup, celui qui ose y pénétrer entre dans un univers de contes et de légendes sorti d’épopées ancestrales, un moment rare et précieux où les émotions peuvent s’exalter dans une union parfaite avec tous les éléments.
Un moment de grâce absolue.
Dimanche, nous avons été trois courageu.ses.x à affronter la grisaille programmée pour découvrir le plus haut sommet de la Forêt Noire centrale, le Brandenkopf, et nous sommes revenu.e.s…enchanté.e.s !
Il culmine à 933 m., nous sommes parti.e.s à sa découverte à partir du joli village pittoresque d’Oberharmersbach.
Une pluie torrentielle tombait quand nous sommes sorti.e.s de la voiture.
En 10 minutes, un ciel d’éclaircies l’a remplacée. Les cieux et leurs humeurs sont fantasques et créent des atmosphères frissonnantes et lumineuses. L’ombre et la lumière nourrissent la nature et la rendent vibrante.
La montée est en continu à travers des prairies dégagées et des chemins forestiers larges parsemés de petits abris en bois.
Au sommet, il y a des éoliennes fantomatiques, un restaurant, une tour de 33 m datant de 1929 qui offre un panorama abrité sur les montagnes voisines mais…nous étions dans le nuage.
Alors, nous avons ôté nos capes de pluie et savouré notre repas. J’avais emporté la mousse au chocolat végane de mon restaurant favori, éthique, strasbourgeois, Vélicious. Elle a parfaitement supporté le transport dans mon sac à dos, juste protégée par un sachet (l’emballage est en amidon de maïs donc compostable) !
Sur le chemin du retour, la forêt s’est ouverte sur de grandioses panoramas où les nuages tutoyaient les montagnes.
L’Allemagne n’est pas un état laïque et la religion chrétienne imprègne les paysages.
Un cadre pour un décor bucolique.
Gymnastique photographique.
Et respire la montagne !
Lupins.
En redescendant du Brandenkopf !
Les photographes photographiés.
Les distances et l’ailleurs…
Quand la forêt débouche sur les montagnes lointaines.
Mes compagnons de route.
& danse la lumière, et frémissent les ombres !
Merci Sarah & Yannick pour avoir partagé ces émotions ♥
En forêt
[…] Un vent d’été, qui souffle on ne sait d’où, Erre en rêvant comme une âme de fou ;
Et, sous des yeux d’étoile épanouie, La forêt chante avec un bruit de pluie.
Parfois il vient des gémissements doux Des lointains bleus pleins d’oiseaux et de loups ; […]
L’humeur de ce mois d’avril est pluvieuse et plutôt fraîche et n’a pas rassasié ma soif de bain de nature.
Je reprenais le chemin de l’école ce lundi mais je débutais en douceur avec 2 h de cours. Après mes cours et avoir consulté la météo qui annonçait une journée de grisaille, je suis partie vers le Nord-Ouest pour m’oxygéner les poumons et découvrir un nouveau coin des Vosges, frontalier de l’Alsace et la Lorraine aux alentours de Dabo, accompagnée de deux ami.e.s.
Vue sur le rocher du Dabo.
J’ai trouvé un nouveau site pour choisir mes randonnées : visorando.
C’est là que j’ai déniché la proposition du jour : 13 km- 4h30 de marche et 370 m de dénivelé. Nous sommes parti.e.s à trois.
Le départ de la randonnée se fait près du col du Valsberg, juste avant la commune de La Hoube. Les sentiers sont bien balisés et la nature est en pleine explosion ce qui donne d’extraordinaires variétés de verts. Nous avons traversé des zones de mélèzes en pleine éclosion et avons été surpris.e.s par les fleurs de pommes de pin minuscules d’un joli rouge attrayant.
Foisonnement des forces vives des mélèzes.
Assez vite nous montons vers le Geisfels (rocher de la chèvre).
Petit bémol, deux immenses pylônes électriques cohabitent sur ce sommet.
Nous nous posons pour partager notre repas végane, réalisé en grande partie par les soins de mes compagnons.
Pain et pesto à l’ail des ours faits maison, truffes au chocolat et graines de tournesol, galettes tendres de bananes et flocons d’épeautre, dattes fraîches…des délices gustatifs !
La vue y est extraordinaire côté lorrain :
Il faut passer sous les pylônes pour continuer notre cheminement vers les ruines du château d’Ochsenstein (prononcer Oxenchtein et cela signifie la pierre du bœuf).
Nous traversons la forêt et son infinité de chemins parfois accompagnés de surprenantes sculptures improvisées par les promeneurs précédents.
La deuxième montée, à partir de la maison forestière du Haberacker, perdue au creux des vallons, nous conduit aux vestiges du château fort d’Ochsenstein, composé en fait de trois châteaux séparés étalés sur trois éperons rocheux. Ce site vaut le détour. Ruines et rochers s’emmêlent dans un décor de conte où s’offrent de fabuleux panoramas.
La randonnée se poursuit sur la crête à la vue dégagée de part et d’autre où bancs et rochers invitent à la contemplation et à la méditation.
La descente annonce le chemin du retour où nous repassons devant la maison forestière du Haberacker.
Nous traversons, par un autre sentier, les bois de l’aller.
Et finissons le parcours par une dernière pause au cœur de la forêt.
Le Donon est un sommet majeur le plus septentrional des Vosges gréseuses, haut lieu de vie depuis des millénaires où y fut célébré bien des cultes : Teutatès, Mercure, Taranis…
Il culmine à 1009 m. d’altitude.
Il est plutôt facile d’accès puisqu’un large chemin constitué de roches de grès ou de sable de ce même grès y conduit en moins d’une heure à partir du col portant le même nom. Ce chemin est le GR5.
En 1869, un bâtiment imitant un temple gallo-romain y fut construit pour abriter quelques trouvailles archéologiques, il domine le sommet de cette montagne sacrée.
Dès la préhistoire, parce qu’il est visible de loin, on lui attribue ce caractère sacré qui ne le quittera plus. Sa situation à l’écart des foyers favorise le développement des légendes, mêlant mythe et réalité. Les Romains, mystérieusement séduits, consacrent le site à Mercure.
A son sommet, d’immenses rochers dominent les montagnes environnantes et j’aime y aller pour m’y ressourcer. C’est ma fontaine à énergie.
Ce lundi de Pâques nous y sommes montées à trois, par un vent impétueux et des cieux chargés de lourds nuages et de promesses apocalyptiques.
« …Et sur ces sommets clairs où le silence vibre, Dans l’air inviolable, immense et pur, jeté, Je crois entendre encor le cri d’un homme libre ! » {José-Maria de HEREDIA (1842-1905)}
Ce samedi matin, le ciel était lumineux, d’un beau bleu intense et pur, belle invitation pour explorer mes montagnes proches aux sommets encore enneigés. A une heure de route, au Nord-Est de Strasbourg, se trouve le Badener Höhe, l’un des principal sommet de la Nordschwarzwald, culminant à 1002 m.
Nous sommes donc parties à cinq humaines et un chien, motivé.e.s et excité.e.s à l’idée d’aller marcher dans la neige (qui fut rare, en plaine, cet hiver).
Randonnée à priori facile (nous avions omis que les pentes pouvaient être verglacées !) faisable en 3h, avec un dénivelé de 260 m. Elle se trouve dans le livre de Dominique Schuller : « 40 randonnées pour découvrir la Forêt Noire« .
Le départ de la randonnée se fait dans la montée vers Sand, après Bülherthal, à côté d’un immense hôtel aux balustrades en bois décorées de cœurs qui ne semble plus faire fonction d’hôtel d’ailleurs.Dès le départ la neige est présente, éblouissante dans la magnifique lumière de cette journée.
Nous montons vers le sommet et la Friedrichsturm par de larges sentiers agréables.
Arrivé.e.s à 1000 m d’altitude, c’est un plateau sommital, en partie dévasté par des tempêtes, qui nous accueille avec la « fameuse tour » (Friedrichsturm) qui offre une vue incroyable sur les forêts et massifs environnants et jusqu’aux Vosges. « C’est une tour en grès rose de 30 mètres de hauteur. Située sur le point haut de la commune de Baden-Baden, la première pierre fut posée le 09 juin 1890 et la tour inaugurée le 05 octobre 1891. Son accès est libre tout au long de l’année pour une vue panoramique ».
Hooli dans les escaliers de la tour.
C’est ensuite que ça se complique, la descente vers le Herrenwieser See (829m) est difficile car le chemin est étroit, sinueux, escarpé et rocheux, rendu dangereux par une neige verglacée. Du coup, notre balade va prendre plus de temps que prévu !
Elle n’en reste pas moins splendide ! C’est un décor de conte, une féérie romantique qui s’ouvrent devant nous.
Barrage de Schwarzenbach.
Cette descente nous mène vers un magnifique et très ancien lac glaciaire, encore en partie gelé, bordé d’une fragile zone de tourbières : le Herrenwieser See. C’est là que nous faisons notre pause goûter.
Le retour se fait à nouveau par de larges chemins forestiers où nous croisons une zone de tours de pierres de randonneurs.
Puis nous traversons un village éparpillé au creux d’une vallée où nous découvrons de magnifiques vaches aux poils longs avec une paire de longues cornes dressées en l’air : des highlands.
Au milieu du champ trône une énorme statue de Bouddha !
Le dernier kilomètre se fait en traversant des sapinières encore blanchies baignées par la lumière extraordinaire de ce samedi.
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Ce matin, Il y avait Des milliers De diamants Dans les champs.
Les gens ont dit : “C’est la gelée.”
Mais moi Je sais bien Que c’est la lune Qui a fait craquer Tous ses colliers.
Bad Peterstal, de l’autre côté du Rhin, au cœur de la Forêt Noire centrale, offre de beaux parcours de randonnées. A peine à une heure de Strasbourg, le dépaysement est garanti.
Nous sommes partis à six, par un matin lumineux, le 11 novembre, jour férié en France pour 5 bonnes heures de marche.
Tout le parcours est essentiellement sur de larges sentiers que bordent de majestueux pins. Une partie de la randonnée est même sur une route peu empruntée qui mène aux altitudes plus élevées.
Bad Peterstal, le départ.
On longe la vallée où se niche Bad Peterstal par des prairies d’altitude, des fermes, des pâturages et quelques hêtraies légères.
Le circuit est jalonné de fontaines. La région produit d’ailleurs une excellente eau de source > l’eau minérale PETERSTALER.
La première partie du parcours mène, au bout de 5 km, à la Haberer Turm à 691 m., tour en pierres de taille de granit rose qui offre une vue panoramique sur toute la région.
C’est au pied de la tour, sur les bancs qui agrémentent la colline, que nous avons pique-niqué.
Irina, Virginie, Thomas, Chloé, Lucile et Sébastien.
La majorité des feuillus ont perdu leur parure d’or. Seuls les pins habillent encore le paysage de leur vert sombre.
Nous sommes redescendus vers Bad Griesbach, village isolé, terminus d’une ligne de chemin de fer au creux des collines boisées, qui semblait vidé de ses habitants.
Les toilettes de la gare. Les hommes ne sont pas concernés par cette affaire !Terminus.
Nous avons un peu hésité sur la suite du chemin à prendre. C’est à cet endroit qu’il faut emprunter la route goudronnée pour monter vers Martinshof.
Nous nous sommes posés dans l’herbe des hauteurs pour savourer le soleil et la lumière après la montée plutôt physique.
De vastes fermes composent le lieu-dit, dont une qui fait un élevage de daims 🙁
Le chemin se poursuit encore sur deux collines avant de redescendre vers Bad Peterstal où la lumière de fin d’après-midi faisait un décor chatoyant à la forêt traversée et aux vallées découvertes.
D’étranges sculptures en bois jalonnent le chemin, têtes humaines, chouettes, qui tiennent compagnie à des calvaires et des crucifix.
Nous avons savouré de délicieuse pommes glanées sur le parcours.
La Forêt Noire est habitée par les humains qui veillent sur elle et la préservent mais aussi par tous les êtres fantastiques qui peuplent ses contes et légendes et maintiennent nos âmes d’enfant éveillées.